À 35 ans, Romain Sichez continue de tracer sa route dans le padel français et international. Ancien joueur de tennis devenu entraîneur sur le circuit professionnel, notamment auprès de Maxime Cressy, il s’est véritablement lancé dans le padel il y a moins de quatre ans. Depuis, le Français progresse, voyage sur le circuit FIP et partage son évolution sur les réseaux sociaux. À l’occasion du FIP Bronze de Marnes-la-Coquette, où il était associé pour la première fois à Adrien Maigret, Romain Sichez s’est confié à Padel Magazine sur son parcours, ses ambitions et sa vision du padel français.

Une première avec Adrien Maigret qui donne des idées

Pour la deuxième édition du FIP Bronze de Marnes-la-Coquette, Romain Sichez partageait la piste avec Adrien Maigret, ancien numéro 1 français. Une première association en compétition, mais pas une découverte entre les deux hommes.

Ils se connaissent depuis longtemps grâce au tennis et avaient déjà eu l’occasion de jouer ensemble. Adrien Maigret évoluant régulièrement avec Benjamin Tison, l’indisponibilité de ce dernier a ouvert la porte à cette association.

« On s’entend très bien, on se connaît depuis longtemps grâce au tennis. On a fait quelques parties ensemble et on s’est dit : vas-y, go ! »

L’entente a rapidement fonctionné, notamment grâce à un style très offensif qui correspond parfaitement au jeu de Sichez. Après une belle victoire face à Muesser / Hugounenq, les deux Français ont livré un gros combat face à la tête de série 1, une paire néerlandaise proche du top 100 mondial.

Ils se sont même procuré une balle de set avant de s’incliner. Une défaite encourageante pour Sichez, qui estime surtout devoir accumuler davantage de matchs à cette intensité.

« Je suis content du niveau dans l’ensemble. Avec plus d’expérience face à ces joueurs-là, peut-être que ça peut le faire. »

FIP Bronze Marnes : Sichez et Maigret surprennent Muesser / Hugounenq d'entrée, les autres Français répondent présents au 1er tour

Du tennis au padel, une histoire commencée avec Monfils et Paire

Si Romain Sichez ne s’est véritablement lancé dans la compétition que récemment, sa découverte du padel remonte à bien plus loin.

Encore plongé dans le tennis, il commence à jouer avec une bande de joueurs parmi lesquels Gaël Monfils et Benoît Paire. C’est également à cette époque, du côté de Bois-d’Arcy, qu’il recroise Benjamin Tison et Adrien Maigret.

Le padel reste alors un loisir. Sichez poursuit sa carrière dans le tennis et devient notamment entraîneur de Maxime Cressy sur le circuit professionnel. Lors de certains déplacements, notamment à Madrid, il profite de la présence de pistes pour continuer à jouer occasionnellement.

Le véritable déclic intervient lorsqu’il arrête de voyager sur le circuit de tennis et revient à Paris. Il découvre alors un padel français qui s’est considérablement développé et commence à disputer ses premiers tournois, d’abord en P250, puis en P500 avec Jérôme Inzerillo.

YouTube pour raconter sa progression

Très vite, Romain Sichez ne veut pas simplement jouer : il veut comprendre le padel et progresser.

À ses débuts, le contenu pédagogique francophone est encore limité. Il passe donc beaucoup de temps sur YouTube à observer des vidéos espagnoles avant d’avoir l’idée de documenter sa propre évolution.

« Je suis un malade, j’ai toujours envie de progresser. Je me suis dit qu’il n’y avait pas grand-chose en France, donc le truc YouTube a commencé comme ça. »

Une présence sur les réseaux qui devient progressivement une autre facette de son parcours, sans jamais prendre le dessus sur ses ambitions sportives.

Le top 300 mondial dans le viseur

Aujourd’hui 40e français, Romain Sichez se tourne de plus en plus vers le circuit FIP. Une aventure internationale qui n’était pourtant pas forcément prévue lorsqu’il disputait ses premiers P250 pour le plaisir.

Son tempérament compétitif l’a progressivement poussé à voyager pour affronter de nouveaux joueurs et découvrir un autre niveau d’opposition.

Le constat est également clair : la course aux points FIP s’est considérablement durcie. Là où une trentaine de points permettait auparavant de se rapprocher du top 300, il faut désormais beaucoup plus.

Avec environ une centaine de points et une place autour du top 350, Sichez s’est donc fixé un premier cap.

« Atteindre le top 300, je trouve que ce serait déjà un bel objectif. Mais je n’aime pas trop raisonner avec des limites. Si je peux monter, je monte. »

Un objectif qui impose de multiplier les tournois et les déplacements. Pour l’instant, pas de lassitude : « Tant que je peux le faire, je m’éclate. »

Ces Français qui progressent loin des projecteurs

Ses nombreux déplacements internationaux lui permettent aussi d’observer certains Français que l’on voit moins régulièrement sur le circuit national.

Sichez cite notamment Basso et Biron, qu’il croise sur les tournois FIP et dont il souligne l’investissement.

« Ça voyage, ça progresse, ça charbonne. »

Selon lui, leur évolution n’est pas toujours immédiatement visible à travers le classement français, notamment en raison de l’importance prise par le classement FIP.

Il garde également un œil sur Jules Marie et Clément Filho, dont il apprécie la cohérence du projet, ainsi que sur Julien Motz, qui continue de progresser grâce à ses résultats sur le circuit français.

Clément Geens, un modèle qui lui parle

Lorsqu’on lui demande quel joueur du circuit international l’inspire, Sichez ne cite ni Tapia, Coello ou Galán. Son choix se porte sur Clément Geens.

Le parcours du Belge lui parle particulièrement : lui aussi vient du tennis et a réussi à utiliser ses qualités de tennisman pour se faire une place sur le circuit international.

« J’arrive à me visualiser un peu dans ce qu’il fait. Il fait tout mieux que moi, ça, il n’y a aucun doute ! Mais je me dis que je peux peut-être me rapprocher d’un truc comme ça. »

Plus accessible comme modèle que les toutes meilleures raquettes mondiales, Geens représente un profil dans lequel Sichez peut davantage se projeter. Et il apprécie tout autant l’homme : « Franchement, je le trouve adorable. »

Pourquoi Clément Geens ne met-il pas son grip comme les autres ?

Pas de Championnats de France cette année

Romain Sichez aurait aimé se mesurer aux meilleurs Français lors des Championnats de France, mais il ne sera finalement pas de la partie.

Il devait disputer les régionaux en Normandie avec Jérémy Garcia, mais la compétition a été reportée en raison de la canicule. La nouvelle date entrait en conflit avec les obligations professionnelles de Garcia, engagé avec la Fédération sur les Championnats du monde jeunes.

La paire a donc dû déclarer forfait.

« Pas de France pour moi cette année. C’est dommage. »

Une déception pour Sichez, qui voit les Championnats de France comme une belle occasion de confronter les différents profils du padel tricolore.

Une wildcard du Paris Major à gagner sur la piste ?

La question des wildcards du Paris Major a également été abordée. Plutôt que de débattre du mérite de tel ou tel joueur, Sichez imagine un système différent pour attribuer l’une des invitations.

Son idée : conserver plusieurs wildcards attribuées directement, mais réserver la dernière à un mini-tournoi entre quatre paires candidates quelques jours avant le Paris Major.

« Tu fais deux matchs, une demi-finale et une finale. Le mec gagne, il a la wildcard et il la mérite. »

Une manière de prendre en compte le classement tout en récompensant également la forme du moment. Et surtout, de laisser la piste départager les dernières paires en balance.

Deux FIP Silver avec Jules Marie

La suite de la saison passera notamment par deux FIP Silver avec Jules Marie, aux Pays-Bas puis à Budapest.

Les deux hommes ont déjà joué ensemble. Lors de leur précédente association, alors que Jules Marie découvrait le côté droit, ils avaient atteint la finale d’un P1000.

« Pour une première fois à droite, je l’avais trouvé vraiment très solide. On s’entend bien, donc j’ai hâte de jouer avec lui. »

Ces deux tournois devraient également permettre à Sichez de se rapprocher des 22 résultats comptabilisés pour son classement, et donc d’avoir une vision plus précise de sa place réelle sur le circuit international.

Parti du P250 il y a moins de quatre ans, Romain Sichez se rapproche désormais du top 300 mondial. Sans se fixer de plafond : continuer à jouer, voyager et progresser tant que le plaisir reste intact.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !