Quelle victoire pour Thomas Leygue et Jesús Moya. Partis des qualifications du Paris Major, le Français et l’Espagnol viennent de signer une performance de très haut niveau en éliminant Juanlu Esbrí et Sanyo Gutiérrez, tête de série 13, au terme d’un combat complètement fou : 6/2 4/6 7/5.
Face à deux joueurs classés 22e et 24e places mondiales, dont Sanyo ancien numéro 1 mondial, Leygue et Moya ont joué sans complexe. Ils ont parfois tremblé, laissé revenir leurs adversaires, mais n’ont jamais cessé d’aller de l’avant. Dans un Philippe-Chatrier en ébullition, ils décrochent l’une des victoires les plus marquantes du padel français. Première fois qu’un français atteint les 8es à Rolland Garros.
Un premier set presque parfait
Dès le début de la rencontre, Leygue / Moya montrent qu’ils ne sont pas là pour simplement profiter de l’événement.
À 1/1, ils prennent le service adverse. Le plan de jeu fonctionne parfaitement : chiquitas millimétrées, énorme présence de Moya dans le jeu aérien et un Leygue capable de sortir des défenses impressionnantes.
Le double break arrive à 3/1. Esbrí / Gutiérrez récupèrent bien l’un des deux breaks, mais Leygue / Moya ne doutent pas et reprennent immédiatement le service adverse.
En face, Esbrí traverse un premier set très compliqué. Il touche énormément de balles et accumule les erreurs. Sanyo Gutiérrez laisse lui aussi apparaître beaucoup de frustration face aux difficultés de son partenaire.
Leygue et Moya, eux, continuent de dérouler leur padel et empochent logiquement la première manche 6/2.
À ce moment-là, l’exploit commence sérieusement à prendre forme.

Esbrí / Gutiérrez font le dos rond
La deuxième manche démarre avec la même dynamique. Leygue / Moya obtiennent une balle de break dès le premier jeu, sans parvenir à la convertir.
Puis les rôles s’inversent : Esbrí / Gutiérrez obtiennent à leur tour des opportunités, mais la paire franco-espagnole résiste.
Et c’est finalement Leygue / Moya qui frappent les premiers avec un break blanc. Esbrí est toujours en difficulté et, de l’autre côté du filet, le Français et l’Espagnol produisent peut-être leur meilleur padel depuis le début de leur association.
Mais à 3/2, un léger relâchement permet à la tête de série 13 de revenir.
Le momentum change. Esbrí retrouve progressivement son niveau, Gutiérrez devient plus présent et Leygue / Moya perdent un peu de leur maîtrise du début de rencontre.
À 5/4, les Espagnols font finalement le break et empochent la deuxième manche 6/4.
Alors qu’ils semblaient au bord de l’élimination quelques jeux auparavant, Esbrí / Gutiérrez ont simplement attendu que l’orage passe. Tout est à refaire.
Un Leygue monstrueux dans le troisième
Perdre cette deuxième manche aurait pu faire très mal. C’est tout l’inverse.
Leygue / Moya repartent immédiatement vers l’avant et breakent d’entrée dans le troisième set.
Et c’est à ce moment-là que Thomas Leygue prend encore une autre dimension. Moya touche moins de balles ? Aucun problème. Le Français occupe le terrain, défend, accélère et joue avec une intensité énorme.
Esbrí / Gutiérrez obtiennent des opportunités pour revenir, mais la paire franco-espagnole les efface.
À 3/2, quelques choix précipités permettent toutefois aux Espagnols de débreaker. Encore une fois, Leygue / Moya auraient pu commencer à douter.
Encore une fois, ils repartent immédiatement à l’attaque.
Une fin de match complètement folle
À partir de là, la rencontre devient irrespirable.
Leygue / Moya reprennent le break et se rapprochent à deux jeux de l’exploit. Mais sur un star point, Esbrí / Gutiérrez reviennent.
Réponse immédiate : nouveau break de Leygue / Moya.
Ils servent alors pour le match. Cette fois, Moya force un peu trop en smash et la tête de série 13 revient encore.
Mais ce match ne semble jamais vouloir suivre une logique normale. Derrière, Leygue / Moya breakent une nouvelle fois.
À 6/5, ils obtiennent donc une nouvelle occasion de servir pour une victoire qui leur tend les bras.
Cette fois, pas de tremblement.
Esbrí et Gutiérrez commettent des fautes directes sous la pression, le public du Philippe-Chatrier pousse derrière le Français et Jesús Moya termine le travail sur un smash.
6/2 4/6 7/5. Explosion sur le Chatrier.

Des qualifications aux huitièmes d’un Major
Pour mesurer la performance, il faut surtout regarder d’où revient Thomas Leygue.
Sa saison avait commencé dans la difficulté après son retour de blessure. Peu de résultats, un classement qui avait lourdement chuté et forcément du temps nécessaire pour retrouver des sensations.
Mais depuis plusieurs semaines, la tendance s’est complètement inversée. Leygue retrouve progressivement son meilleur niveau et ses retrouvailles avec Jesús Moya, son ancien partenaire, semblent avoir accéléré le processus.
Et leur Paris Major raconte parfaitement cette renaissance.
Sans wild card, Leygue / Moya ont dû aller chercher leur place dans le tableau principal sur la piste. Au premier tour des qualifications, ils avaient dominé Miguel Lamperti / Ferran Insa 6/3 6/1. Puis ils avaient remporté un énorme combat face à Manuel Aragón Herrera / Albert Roglan Pons 7/5 4/6 6/4 pour rejoindre le tableau.
Au premier tour du tableau principal, nouveau cap avec une victoire de prestige face à David Gala / Enzo Jensen, 7/6 6/4. Déjà une performance de référence.
Et cette fois, ils viennent encore de monter le curseur en éliminant Esbrí / Gutiérrez.
Quatre matchs, quatre victoires à Roland-Garros, dont deux face à des paires largement mieux classées.
Avec cette victoire, Leygue / Moya empochent déjà 195 points FIP, une énorme opération qui va leur permettre de faire un gros bond au classement mondial.

Stupaczuk / Sanz pour continuer à rêver
Le parcours devient exceptionnel, mais le défi sera encore plus grand en huitièmes de finale.
Leygue / Moya retrouveront Franco Stupaczuk / Jon Sanz, tête de série 4. Une paire d’un tout autre calibre et un nouveau test face à des joueurs installés parmi les meilleurs mondiaux.
Mais après ce qu’ils viennent de réaliser, difficile de fixer une limite à la paire franco-espagnole.
Thomas Leygue est de retour à son meilleur niveau, Moya joue avec une confiance énorme et leur association fonctionne à nouveau à merveille. Face à Esbrí / Gutiérrez, ils ont surtout montré qu’ils pouvaient souffrir, perdre le momentum et malgré tout repartir immédiatement vers l’avant.
Et désormais, le dernier Français encore en lice au Paris Major est en huitièmes de finale.
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !


































































































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