Dylan Guichard et Clément Geens ont créé l’une des sensations du premier tour du Madrid P1. Après avoir franchi les qualifications, le Français et le Belge ont fait tomber Víctor Ruiz (42) et Mario Ortega (78) en deux tie-breaks, 7/6 7/6. Une victoire de référence obtenue au terme d’un match particulièrement solide, mais qui ne semble pas rassasier les deux joueurs. À chaud, ils sont revenus sur leur performance, leur complémentarité et leurs ambitions pour la suite.

« Nous sommes fiers de nous »

Après cette énorme victoire, quelles sont vos premières émotions ?

Dylan Guichard : Je suis très content. Cela fait plaisir parce que nous avons tout de même connu une petite pause d’un mois et demi cet été. Nous sommes heureux de revenir et de réussir à bien jouer directement.

Personnellement, je me sens bien physiquement. Les Jeux méditerranéens, c’était cool, puis je suis arrivé ici vraiment juste pour jouer le tournoi. Je suis donc encore plus content que nous soyons parvenus à sortir des qualifications et à réaliser un bon match aujourd’hui.

Nous sommes fiers de nous et cela nous donne envie d’aller chercher davantage. L’attitude est bonne et le niveau de jeu également. Nous n’avons plus vraiment peur de certaines équipes. Nous nous entendons très bien sur la piste et également en dehors. Je pense que cela nous aide dans des matchs tendus comme celui-ci.

Clément Geens : Comme Dylan, je suis très content. Je suis surtout heureux de pouvoir partager cela avec lui. Comme il n’y avait pas encore de match sur le court central, beaucoup de personnes sont venues assister à notre rencontre. C’était vraiment sympa.

Toute son équipe était présente : son coach, son kiné et son préparateur physique. Mon coach était également avec nous. Pouvoir partager cette victoire avec des personnes qui ne sont pas toujours présentes sur les tournois, c’est vraiment agréable. J’avais aussi deux amis dans les tribunes.

Comme l’a dit Dylan, nous avons réalisé un bon match. Nous sommes toujours contents de jouer ensemble et nous avons tous les deux envie de faire les efforts sur la piste pour l’autre, pas uniquement pour nous-mêmes.

« Dans le premier set, nous étions vraiment meilleurs »

Malgré deux sets serrés, vous avez donné l’impression d’être légèrement au-dessus pendant une grande partie de la rencontre. Est-ce également le sentiment que vous aviez sur la piste ?

Clément Geens : C’est aussi ce que Matias (Matias Diaz), notre coach, me disait sur le banc. Nous étions bien dans le match et nous dominions un peu les échanges, surtout dans le premier set.

Nous avons été menés 2-0 avec un break, mais sur les trois ou quatre premiers jeux, je trouvais que nous étions vraiment meilleurs. La rencontre s’est ensuite davantage équilibrée. Dans le deuxième set, c’était véritablement du 50-50.

Autant, dans le premier set, je nous trouvais un peu meilleurs que nos adversaires, autant ce n’était pas spécialement le cas dans le deuxième. Nous n’avons d’ailleurs pas réellement obtenu de balle de break dans cette manche, contrairement au début de la rencontre.

Nous avons joué à un bon niveau, sans surjouer ni tenter des choses folles. Je pense même que nous sommes capables de jouer encore beaucoup mieux. Nous sommes contents de produire ce niveau, mais nous savons aussi que nous pouvons encore progresser. C’est encourageant pour la suite.

Dylan Guichard : Je suis totalement d’accord. Après le break concédé dès le début, je crois que nous n’avons été véritablement en danger qu’une seule fois sur notre service. Nous étions donc plutôt bien dans ce domaine.

Même si nous avons affiché un très bon niveau de jeu, j’étais parfois un peu frustré par ce que nous faisions sur les jeux de retour. J’avais l’impression que nous pouvions produire davantage, notamment dans la qualité du lob, qui a parfois été un peu moyenne.

Dans l’ensemble, nous sommes restés assez sereins sur nos engagements et nous n’avons pas rencontré beaucoup de situations compliquées. Notre principal axe d’amélioration se situe certainement sur les jeux de retour. Plusieurs fois, nous nous sommes retrouvés à 15-30 ou 30-30 avant de changer un peu notre manière de jouer ou de disputer un point différent.

Les tie-breaks ont été très serrés, mais ils représentaient finalement assez bien la continuité des deux sets. À chaque fois, nous sommes parvenus à gagner un ou deux points supplémentaires. Cela paraissait assez logique par rapport au match, même si ce n’est pas toujours le cas dans un tie-break. Cette fois, cela a tourné en notre faveur.

« Nous avons une manière de jouer assez libre »

Clément a beaucoup travaillé dans son rôle de métronome, tandis que Dylan est allé chercher énormément de points au filet, avec parfois un peu plus de déchet. Cette répartition des rôles correspond-elle à votre façon habituelle de jouer ?

Dylan Guichard : Nous avons une manière de jouer assez libre. Cela peut parfois sembler un peu désordonné. Nous ne sommes pas deux joueurs qui ont besoin d’avoir une stratégie extrêmement précise. Si nous commençons à trop réfléchir, à trop nous prendre la tête, cela ne fonctionne plus aussi bien.

En revanche, nous avons la capacité de modifier notre organisation. Celui qui va davantage vers l’avant ou qui prend un peu plus de place peut changer en fonction des matchs, des points et des adversaires.

Sur cette rencontre, je pense que je me suis parfois un peu trop précipité. Avec du recul, j’aurais certainement pu jouer davantage certaines situations. Mais, dans l’ensemble, nous avons tout de même trouvé un bon équilibre.

Il existe toujours des points à améliorer. Je vais essayer de revoir le match à tête reposée pour analyser ce que nous aurions pu mieux faire.

« Notre objectif est d’entrer directement dans les tableaux »

Quelle différence faites-vous entre un parcours comme celui de Madrid, avec deux victoires en qualifications avant de réussir une performance dans le tableau principal, et le fait de recevoir directement une wild card, comme ce sera le cas au Paris Major ?

Clément Geens : C’est une dynamique complètement différente. Ici, il s’agissait déjà de notre troisième match. Lorsque l’on passe par les qualifications, le tournoi commence beaucoup plus tôt. Nous jouons dès le week-end et nous devons arriver plusieurs jours à l’avance. Ce n’est clairement pas la même chose que d’entrer directement dans le tableau principal.

Mais notre objectif est justement de gagner suffisamment de points pour pouvoir intégrer directement ces tableaux à l’avenir, en commençant par les Majors, car ce sont les tournois dans lesquels il y a le plus de paires.

À Roland-Garros, nous n’étions pas très loin d’entrer directement. Je crois que nous étions deuxième ou troisième paire des qualifications. Une fois les special exempts retirés, nous devrions même être deuxièmes.

Nous sommes évidemment très contents de recevoir cette wild card. C’est clairement grâce à Dylan et c’est très positif que la FFT nous fasse confiance. Nous allons essayer de donner le maximum.

L’approche sera différente, mais entrer directement dans les tableaux principaux représente notre objectif à terme. Cette fois, nous y accédons grâce à une invitation, mais c’est là que nous voulons parvenir grâce à notre classement. Cela ne change donc pas énormément de choses dans notre manière d’aborder le tournoi.

Alexandre Prévert

Directeur & Coach de la HAYES PADEL ACADEMY à Barcelone : Alexandre partage la vie des circuits FIP & Premier Padel !