Depuis près de deux ans, Julien Seurin a intégré la préparation mentale à son quotidien de joueur professionnel. Désormais accompagné par Jean-Michel Pequery, qui travaille également avec son partenaire Johan Bergeron, le Français explique pourquoi il a fait ce choix, comment se déroule cet accompagnement et quels objectifs ont été fixés pour sa nouvelle paire.
« Au padel, j’ai commencé à perdre confiance »
Pourquoi as-tu décidé de travailler avec un préparateur mental ?
Au tennis, je considérais plutôt le mental comme l’une de mes forces et j’avais déjà travaillé avec quelqu’un sur cet aspect-là. Au padel, au début, c’est assez facile de prendre des points et des places. Mais à un moment, tu arrives à ton niveau et tu n’as plus forcément les résultats espérés.
J’ai commencé à perdre des matchs serrés, notamment en trois sets, et à perdre confiance. Comme j’étais installé dans une académie en Espagne et que je voulais mettre toutes les chances de mon côté, travailler le mental est devenu assez logique.
« J’avais besoin de quelqu’un qui connaisse le padel »
Pourquoi avoir choisi Jean-Michel Pequery ?
Je travaillais déjà avec une préparatrice mentale depuis environ un an. Mais j’avais envie de quelqu’un qui connaisse davantage le padel et surtout qui soit passé par certaines des étapes auxquelles je suis confronté.
J’avais besoin de sentir que la personne comprenait réellement les problématiques du circuit.
Concrètement, comment travaillez-vous ensemble ?
Avant un match, on peut faire un point sur mon état de forme, ma confiance et les objectifs. Après, on débriefe ce qui s’est passé.
On fait également une à deux séances par semaine sur des sujets précis : confiance, visualisation, imagerie mentale… Mais il y a aussi beaucoup d’échanges. Ça permet d’avoir quelqu’un avec qui parler librement du padel, des sensations et des difficultés.
« C’est lui qui m’a dit que Jo cherchait un partenaire »
Pequery travaille également avec Johan Bergeron. Cela a-t-il joué dans votre association ?
Oui. Au départ, j’étais même un peu réticent à l’idée d’avoir le même préparateur mental que d’autres joueurs que je pouvais affronter.
Finalement, c’est Jean-Michel qui m’a appelé pour me dire que Jo cherchait un partenaire.
Une fois la paire formée, on a fait un appel tous les trois pour définir nos objectifs et ce qu’on attendait de cette association.
Vous travaillez donc également le mental de la paire ?
Ponctuellement. On peut parler de choses très concrètes : qu’est-ce que j’attends de Jo lorsqu’il est moins bien ? Qu’est-ce qu’il attend de moi quand je traverse un moment difficile ?
L’objectif est surtout de vérifier qu’on est sur la même longueur d’onde. Après, le travail reste majoritairement individuel parce que nous n’avons pas forcément les mêmes problématiques.

« Notre objectif : 14 points par tournoi »
Quels objectifs avez-vous fixés pour Seurin / Bergeron ?
On préfère avoir des objectifs mesurables en termes de résultats. On s’est notamment fixé une moyenne de 14 points par tournoi.
Je n’ai jamais trop aimé me fixer un objectif de classement parce qu’il dépend aussi de ce que tu as fait l’année précédente. Les points gagnés tournoi après tournoi permettent de mesurer beaucoup plus directement nos performances.
Le top 100 reste malgré tout un objectif ?
Oui, le top 100 reste forcément une étape importante. Mais je préfère raisonner en performances, en résultats ou en tournois auxquels je veux pouvoir participer plutôt qu’en me disant simplement : « Je dois être 90e mondial ».
Et ça permet aussi d’évaluer notre paire objectivement. Ça ne sert à rien de se dire qu’on va rester six mois ensemble si ça ne fonctionne pas.
« Le plus dur, c’est de ne pas avoir d’objectif »
Tu as également connu une période compliquée avec ton genou. Comment l’as-tu vécue mentalement ?
Après mon retour d’Australie début 2025, j’ai eu des douleurs au genou. Je reprenais, la douleur revenait et je devais à nouveau m’arrêter.
Après les Championnats de France par équipes, j’ai finalement pris quatre à cinq semaines sans jouer pour me soigner.
Mais ce qui est le plus dur pour moi, ce n’est pas forcément d’être blessé. C’est de ne pas avoir d’objectif. C’est là que ça peut devenir difficile mentalement.
« Je ne sais pas si je pourrais faire l’un sans l’autre »
Ta chaîne YouTube et ton activité de créateur de contenu ajoutent-elles une pression supplémentaire ?
Je ne le ressens pas vraiment comme ça. Au contraire, je ne sais pas si je pourrais faire l’un sans l’autre.
Au tennis, ma meilleure période correspondait aussi au moment où je faisais mes études en parallèle. Je n’ai jamais été très bon quand il fallait être à 100 % dans le sport.
J’ai besoin d’avoir cet équilibre et d’autres choses à côté.
« Il y a beaucoup plus de doutes que de moments de bonheur »
Pourquoi la préparation mentale reste-t-elle encore assez peu évoquée par les joueurs ?
Peut-être parce qu’il y a encore cette idée que travailler avec un préparateur mental signifie avoir une faiblesse.
Pourtant, énormément de joueurs sont accompagnés. Et la réalité d’un sportif, c’est qu’il y a très peu de moments de bonheur par rapport aux moments de doute et d’incertitude.
Il faut apprendre à gérer les défaites, la confiance, les périodes où les résultats ne viennent pas. Pour moi, aujourd’hui, faire appel à un préparateur mental, c’est complètement banal.
Fan et joueur de padel, je scanne le milieu du padel : Attention vous êtes surveillés !



































































































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merci pour ces riches infos sur le futur de Julien