Sur la base des données de fréquence cardiaque, de dépense calorique et de filières énergétiques disponibles dans la littérature, le squash arrive largement en tête des trois sports en intensité cardiovasculaire, suivi du badminton en simple — nettement plus exigeant que sa version en double —, le padel occupant la dernière marche de ce podium avec un effort plus modéré mais tout aussi soutenu dans la durée.

Padel, squash, badminton : trois sports qui se jouent avec une raquette et un projectile, mais qui n’imposent absolument pas la même charge au cœur et aux muscles. Beaucoup de pratiquants s’orientent vers l’un ou l’autre en fonction de la disponibilité d’un club ou du bouche-à-oreille, sans vraiment savoir lequel correspond le mieux à leurs objectifs cardiovasculaires. Pourtant, la littérature scientifique du sport a mesuré, pour chacun de ces trois sports, des données précises de fréquence cardiaque, de dépense énergétique et de filières métaboliques sollicitées — de quoi établir un classement factuel plutôt qu’une simple impression.

Avant de plonger dans les chiffres, une précision méthodologique s’impose : ces trois sports n’ont pas été étudiés avec la même rigueur ni sur les mêmes types de joueurs (amateurs, semi-professionnels, professionnels), ce qui rend toute comparaison directe imparfaite. Nous avons pris soin de préciser, pour chaque donnée, son contexte exact.

1. Le squash : le sport le plus intense des trois, sans discussion possible

Le squash se distingue des deux autres sports par une caractéristique fondamentale : l’absence quasi totale de temps de repos réel pendant l’échange. Contrairement au tennis, où l’on peut souffler entre les points, ou même au padel et au badminton, où de courtes pauses existent, le squash se joue sur un court minuscule (moins de 10 m de long) où la balle revient en permanence après avoir rebondi sur les quatre murs — ce qui impose un enchaînement de sprints quasiment sans interruption pendant toute la durée du point.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

  • Fréquence cardiaque : les études rapportent une intensité cardiaque atteignant 80 à 90 % de la fréquence cardiaque maximale pendant la majeure partie du match, avec des pics pouvant approcher les 180 battements par minute.
  • Vitesse et déplacements : un joueur de squash de bon niveau enchaîne les sprints à environ 80-90 % de sa vitesse maximale, avec des pointes de vitesse pouvant atteindre 25 km/h sur des distances très courtes, et plus de 500 changements de direction au cours d’un match.
  • Dépense calorique : les estimations disponibles situent la dépense énergétique entre 600 et 900 kcal par heure en match soutenu, certaines sources évoquant même une fourchette de 500 à 900 kcal selon l’intensité et le niveau du joueur — ce qui placerait le squash parmi les sports les plus caloriques pratiqués en club, au même niveau que la boxe ou certains sports de combat.
  • Filière énergétique dominante : le squash sollicite fortement l’endurance anaérobie — c’est-à-dire la capacité à répéter des efforts explosifs sans réelle récupération complète entre eux — un profil d’effort très différent de celui d’un jogging à allure modérée, où c’est la filière aérobie qui domine.

Ce dernier point est important pour comprendre pourquoi le squash a une réputation d’exigence si particulière : ce n’est pas seulement un sport “qui fait courir”, c’est un sport qui ne laisse quasiment aucun répit au système cardiovasculaire, y compris pendant les rares pauses entre les points, où le corps reste en état d’activation intense.

2. Le badminton : très intense en simple, nettement plus modéré en double

Le badminton présente une particularité rarement mise en avant dans les comparatifs grand public, mais qui change tout : l’écart d’intensité entre le simple et le double y est considérable, bien plus marqué qu’au tennis ou au padel.

Ce que montre une étude de référence sur des joueurs de haut niveau

Une étude menée sur des joueurs de badminton élite, en comparant un même groupe de joueurs en match de simple puis de double, a mesuré des résultats sans ambiguïté :

  • En simple, la fréquence cardiaque moyenne atteint 89 % de la fréquence cardiaque maximale du joueur, avec des pointes à 98 % lors des échanges les plus intenses.
  • En double, cette moyenne redescend à 79 % de la fréquence cardiaque maximale, avec des pics à 91 % — un écart net, qui s’explique par le fait qu’à quatre sur le terrain, chaque joueur couvre une portion réduite de l’espace de jeu.
  • Lors des séquences de smashs, moment le plus explosif du badminton, la fréquence cardiaque grimpe en moyenne à 183 battements par minute.
  • Sur le plan énergétique, 60 à 70 % de l’énergie dépensée pendant un match provient de la filière aérobie, le reste étant fourni par la filière anaérobie — un profil qui rapproche le badminton d’un effort d’endurance globalement soutenu, ponctué de pics explosifs sur les smashs et les déplacements rapides.

Une dépense calorique proche du squash sur le papier, mais très variable

Les estimations de dépense calorique du badminton varient sensiblement selon les sources et le niveau de jeu, entre 400 et 550 kcal par heure pour une pratique de loisir soutenue, ces chiffres pouvant grimper au-delà en compétition. Cette variabilité illustre bien à quel point l’intensité réelle dépend du format de jeu (simple ou double) et du niveau du joueur — une nuance essentielle que les comparatifs génériques oublient trop souvent de préciser.

3. Le padel : un effort cardio soutenu, mais dans une zone plus modérée

Comme évoqué dans nos précédents articles sur le padel, ce sport se distingue par un profil d’intensité clairement inférieur à celui du squash et du badminton en simple, tout en restant loin d’être un sport “tranquille” :

  • Fréquence cardiaque : en moyenne 140 à 150 battements par minute, ce qui correspond à environ 65-75 % de la fréquence cardiaque maximale théorique, avec des pics pouvant atteindre 177 à 188 bpm chez les joueurs de haut niveau.
  • Dépense calorique : entre 400 et 600 kcal par heure en moyenne, un chiffre cohérent avec une intensité aérobie modérée à soutenue plutôt qu’avec un effort anaérobie extrême.
  • Filière énergétique dominante : le padel s’appuie majoritairement sur la filière aérobie, avec des pointes anaérobies lactiques ponctuelles lors des échanges les plus disputés — un profil assez proche, sur ce plan, de celui du badminton joué en double.

Le padel étant systématiquement joué en double (jamais en simple, contrairement au tennis et au badminton), il n’existe pas de version “simple” plus intense à comparer, comme c’est le cas pour le badminton. Cette configuration explique en partie pourquoi son intensité moyenne se rapproche davantage du badminton en double que du badminton en simple.

4. Le classement comparatif

CritèreSquashBadminton (simple)Badminton (double)Padel
% de la FCmax en moyenne80-90 %89 %79 %65-75 %
Pic de FCmax observéProche de 100 %98 %91 %Proche de 95-100 % (pics ponctuels)
Dépense calorique estimée600-900 kcal/h400-550 kcal/h (variable)Inférieure au simple400-600 kcal/h
Filière énergétique dominanteAnaérobie, quasi sans reposAérobie (60-70 %) avec pics anaérobiesAérobie, intensité réduiteAérobie avec pointes anaérobies
Temps de récupération entre les effortsQuasi inexistantCourt mais réelPlus long qu’en simpleModéré (proche de 1:1 à l’échelle du jeu)

Classement d’intensité cardiovasculaire globale, du plus exigeant au plus modéré :

  1. Squash — le plus intense des trois, par l’absence de récupération réelle et la sollicitation anaérobie continue.
  2. Badminton en simple — une intensité cardiaque très proche du squash sur le plan de la fréquence cardiaque, mais avec une dépense calorique généralement moindre et davantage de filière aérobie.
  3. Badminton en double — un net cran en dessous du simple, du fait du partage de l’espace de jeu entre quatre joueurs.
  4. Padel — l’intensité la plus modérée des trois, tout en restant dans une zone cardiovasculaire clairement bénéfique pour la santé (65-75 % de la FCmax).

5. Ce que ce classement ne dit pas : les limites à connaître

Ce classement mérite deux nuances importantes avant d’en tirer des conclusions définitives.

D’abord, la comparaison croise des études réalisées sur des populations différentes — joueurs de club, semi-professionnels, professionnels — avec des méthodes de mesure parfois différentes (certaines étant issues de la littérature scientifique publiée, d’autres de mesures de terrain moins formalisées). Le classement reflète donc des tendances solides plutôt que des équivalences chiffrées parfaitement comparables au point près.

Ensuite, l’intensité cardiaque n’est pas le seul critère pertinent pour choisir un sport. Le squash, plus intense, impose aussi davantage de contraintes articulaires (arrêts brusques sur un espace très réduit) et un risque de blessure généralement considéré comme plus élevé que celui du padel. À l’inverse, le padel, moins intense en moyenne, reste extrêmement efficace pour un objectif de santé cardiovasculaire générale, tout en étant nettement plus accessible aux débutants et aux personnes reprenant une activité physique après une pause — un point déjà développé dans notre article sur le padel et le vieillissement sportif.

6. Quel sport choisir selon votre objectif ?

  • Vous cherchez l’intensité cardio maximale et la dépense calorique la plus élevée par heure ? Le squash reste la référence, à condition d’avoir déjà une bonne condition physique de base et d’accepter un risque articulaire plus élevé.
  • Vous voulez un entraînement cardio exigeant mais avec une dimension plus stratégique et moins de sprint pur ? Le badminton en simple offre une intensité cardiaque proche du squash, avec un profil d’effort légèrement plus aérobie.
  • Vous cherchez un sport social, à jouer à quatre, avec un effort cardio soutenu mais modéré et un impact articulaire réduit ? Le padel reste le choix le plus accessible des trois, en particulier pour une reprise d’activité physique ou une pratique à long terme.

Questions fréquentes

Le squash est-il vraiment plus intense que le padel ? Oui, sans ambiguïté sur les données disponibles : la fréquence cardiaque moyenne pendant un match de squash (80-90 % de la FCmax) est nettement supérieure à celle mesurée au padel (65-75 % de la FCmax), en grande partie à cause de l’absence de récupération réelle entre les échanges au squash.

Pourquoi le badminton en double est-il tellement moins intense que le simple ? Parce qu’à quatre joueurs sur un terrain de même taille, chacun couvre une portion d’espace beaucoup plus réduite qu’en simple, ce qui réduit mécaniquement la distance parcourue et l’intensité cardiaque moyenne, comme le montrent les mesures de fréquence cardiaque réalisées sur des joueurs élite (89 % de la FCmax en simple, contre 79 % en double).

Le padel peut-il quand même constituer un bon entraînement cardio ? Oui : une fréquence cardiaque moyenne de 140-150 bpm pendant 45 à 60 minutes constitue un stimulus cardiovasculaire réel et bénéfique, même s’il reste inférieur en intensité à celui du squash ou du badminton en simple. C’est un effort suffisant pour renforcer le cœur sans exposer à la même charge anaérobie extrême.

Quel est le sport le plus risqué pour les articulations parmi les trois ? Le squash est généralement considéré comme le plus exigeant pour les articulations, en raison des arrêts et changements de direction brutaux sur un espace très réduit. Le padel est habituellement présenté comme le plus doux des trois sur ce plan, notamment grâce à un terrain plus grand que celui du squash et des gestes globalement moins violents.

Sources et méthodologie

  • Données de fréquence cardiaque, VO2max et dépense calorique au squash issues de synthèses de littérature sportive et de mesures de terrain (clubs et fédérations spécialisées).
  • Étude sur les matchs de badminton élite comparant simple et double : mesures de fréquence cardiaque, VO2max, temps d’effort/récupération et filière énergétique — Fédération Française de Badminton (FFBAD).
  • Phomsoupha, M., Laffaye, G. The Science of Badminton: Game Characteristics, Anthropometry, Physiology, Visual Fitness and Biomechanics, revue de littérature sur la physiologie du badminton.
  • Hughes, M., Cosgrove, T. (2007). Données sur la puissance maximale aérobie chez les joueurs de badminton.
  • Martín-Miguel, I. et al. (2025). Physiological, physical and anthropometric parameters in padel: A systematic review, Sage Journals (déjà cité dans notre article sur le padel et le vieillissement sportif).
  • Sañudo, B. et al. (2008). Données de fréquence cardiaque et de temps de jeu réel au padel (déjà citées dans notre article sur le temps de jeu effectif tennis vs padel).
  • Estimations caloriques croisées avec le Compendium of Physical Activities (Ainsworth et al., 2023).

Article rédigé à partir de sources scientifiques et fédérales disponibles publiquement en août 2026. Les valeurs chiffrées sont des moyennes représentatives de la littérature existante et peuvent varier sensiblement selon le niveau de jeu, l’âge, le sexe et les conditions de match. Comme pour toute pratique sportive intense, une progression prudente et un avis médical préalable sont recommandés en cas de reprise d’activité physique ou d’antécédents cardiovasculaires.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.