Organiser un tournoi du FIP Tour peut sembler accessible sur le papier. Mais derrière l’appellation FIP Bronze, premier échelon du circuit international de la Fédération Internationale de Padel, se cache une organisation qui nécessite déjà des moyens importants. Prize money, officiels, arbitrage, médical, hébergement, communication, personnel, infrastructures : combien faut-il réellement débourser pour organiser un FIP Bronze en 2026 ?

Si chaque tournoi possède ses particularités, un budget global situé autour de 20 000 euros constitue une première estimation réaliste pour une organisation maîtrisée, et la facture peut rapidement grimper vers 25 000 à 30 000 euros, voire davantage, selon les prestations proposées et les infrastructures dont dispose déjà le club.

8 500 euros rien que pour le prize money

C’est évidemment le premier poste à prendre en compte.

Sur de nombreux FIP Bronze organisés en 2026, le prize money total s’élève à 8 500 euros. C’est le cas à Mumbai, en Communauté valencienne, à Miami, en France avec notamment le prochain FIP Bronze Marnes II dans deux semaines, au FIP Bronze ViaPadel dont la première édition s’est jouée en début d’année, ou encore à Rovato.

Attention toutefois : 8 500 euros n’est pas un plafond.

Certains organisateurs décident d’aller plus loin. Le FIP Bronze Melbourne Padel Open proposait par exemple 11 400 euros de prize money en janvier 2026.

Pour un tournoi hommes et femmes doté de 8 500 euros, la somme est généralement répartie à 50 % pour le tableau masculin et 50 % pour le tableau féminin. À Mumbai, par exemple, la dotation par joueur était la suivante :

  • vainqueur : 807,50 € ;
  • finaliste : 446,25 € ;
  • demi-finaliste : 212,50 € ;
  • quart de finaliste : 111,56 € ;
  • huitièmes et premier tour : 0 €.

Le prize money représente donc à lui seul une part considérable du budget d’un FIP Bronze.

Jusqu’à 32 paires dans le tableau principal et 64 en qualifications

Un autre élément permet de comprendre la dimension que peut prendre l’événement : la taille des tableaux.

Sur plusieurs FIP Bronze 2026, la formule maximale observée comprend un tableau principal de 32 paires avec :

26 paires admises directement + 4 qualifiées + 2 wild-cards.

Les qualifications peuvent, elles, atteindre 64 paires, avec 56 admissions directes et 8 wild-cards. C’est notamment le format utilisé à Mumbai, Miami ou Rovato.

Autrement dit, lorsqu’un tournoi propose simultanément des tableaux masculins et féminins importants, ce sont potentiellement plus d’une centaine de paires qu’il faut être capable d’accueillir sur plusieurs jours.

Et cela signifie des terrains disponibles, des créneaux d’entraînement, des vestiaires, du personnel, des arbitres, de l’eau, des balles et toute la logistique qui accompagne l’arrivée de joueurs internationaux.

Toutefois, le boom du nombre de tournois FIP ne signifie pas nécessairement que les tableaux se remplissent davantage. Depuis 2026, un nouvel élément est venu s’ajouter à l’équation : les joueurs doivent désormais souscrire à PadelUNO, la plateforme officielle d’inscription de la FIP, pour pouvoir participer aux compétitions internationales.

Pour évoluer sur le FIP Tour, cette souscription coûte 80 € par an et par joueur. Le tarif atteint 150 € pour un accès combiné au FIP Tour et à Premier Padel. Une dépense qui vient s’ajouter à la licence fédérale nationale, aux déplacements, à l’hébergement, mais aussi aux frais d’inscription de chaque tournoi, qui peuvent atteindre 40 € par joueur sur le circuit FIP.

Une nouvelle tarification qui avait d’ailleurs suscité de nombreuses critiques lors de son introduction en début d’année, particulièrement chez les joueurs situés hors de l’élite mondiale, pour lesquels les dépenses nécessaires pour évoluer sur le circuit sont déjà importantes au regard des prize money accessibles.

Dans ce contexte, certains organisateurs constatent des tableaux moins remplis qu’espéré, malgré l’explosion du nombre de tournois au calendrier. Il serait néanmoins excessif d’attribuer cette tendance à la seule cotisation PadelUNO : la multiplication des FIP entraîne également une dispersion des joueurs entre un nombre croissant d’épreuves, tandis que les coûts de déplacement et d’hébergement continuent de peser lourd dans le choix des compétitions.

Une situation qui peut devenir frustrante pour les organisateurs : alors que les coûts nécessaires pour monter un FIP Bronze restent importants, remplir les tableaux n’est plus systématiquement garanti, notamment lorsque plusieurs tournois sont organisés simultanément dans une même zone géographique.

Des qualifications qui peuvent débuter dès le lundi ou le mardi

Un FIP Bronze n’est pas simplement un tournoi organisé du vendredi au dimanche.

Lorsque les qualifications sont importantes, la compétition peut commencer très tôt dans la semaine.

À Rovato, par exemple, le programme prévoyait un premier tour des qualifications dès le mardi – voire le lundi si nécessaire –, avant la suite des qualifications mercredi et jeudi. Le tableau principal débutait ensuite vendredi, avec huitièmes et quarts samedi puis demi-finales et finales dimanche.

À Miami, les qualifications débutaient également avant le tableau principal, avec une compétition s’étalant pratiquement sur toute la semaine.

Cette durée a évidemment une incidence directe sur le coût de l’organisation.

Des tournois qui peuvent désormais se concentrer sur trois jours

Mais une tendance inverse peut également être observée sur les FIP Bronze : des compétitions de plus en plus compactes lorsque les tableaux ne sont pas remplis.

Le calcul est assez simple. Moins de paires engagées signifie moins de matchs à programmer et donc potentiellement moins de journées nécessaires pour boucler la compétition. Un tournoi initialement susceptible de débuter le lundi ou le mardi peut finalement ne commencer que le mercredi ou le jeudi. Dans certaines configurations particulièrement réduites, l’essentiel de la compétition peut même tenir sur trois jours, du vendredi au dimanche, dans un format qui se rapproche alors, en termes de durée, de celui d’un P2000 en France.

Le phénomène peut être particulièrement visible chez les dames. Certains FIP Bronze affichent des tableaux féminins relativement peu fournis et il arrive même que des épreuves ne puissent pas être confirmées faute d’un nombre suffisant de paires. Lorsqu’elles sont maintenues avec un tableau réduit, le nombre de rencontres peut être très éloigné de la capacité maximale prévue par le règlement. La question du niveau sportif peut également se poser sur certaines épreuves internationales lorsque le plateau est particulièrement restreint.

Chez les hommes, la multiplication des tournois FIP organisés simultanément contribue également à répartir les joueurs entre davantage de destinations. Là encore, lorsqu’un tableau de qualifications prévu pour accueillir plusieurs dizaines de paires n’est que partiellement rempli, l’organisateur peut considérablement raccourcir son programme.

Moins de jours, moins de dépenses… mais aussi moins de recettes

Pour l’organisateur, cette contraction du calendrier possède un effet économique direct.

Une journée de compétition supprimée représente potentiellement une journée de moins à financer en termes de personnel, d’arbitrage, de dispositif médical, de restauration des officiels, d’entretien, de sécurité, de consommation électrique ou encore de mobilisation des infrastructures. Sur plusieurs journées, l’économie peut devenir significative et contribuer à réduire sensiblement le coût réel d’organisation d’un FIP Bronze.

Mais l’équation possède son revers : moins de jours de tournoi signifie aussi potentiellement moins de recettes.

Pour un club qui organise directement l’événement, raccourcir la compétition peut signifier moins de passages au bar et au restaurant, moins de fréquentation du club et moins d’opportunités d’activations commerciales. Un événement organisé sur trois jours offre également une exposition plus courte aux partenaires qu’une compétition occupant le club pendant cinq ou six journées.

Et surtout, moins de joueurs signifie mécaniquement moins de droits d’inscription encaissés.

C’est donc un paradoxe intéressant pour les organisateurs : des tableaux moins remplis peuvent réduire le coût opérationnel d’un FIP Bronze (et permettre de louer classiquement les pistes pour le club), mais ils peuvent simultanément réduire certaines des recettes permettant de financer l’événement.

Un FIP Bronze concentré du vendredi au dimanche coûtera ainsi logiquement moins cher à produire qu’une épreuve comprenant plusieurs journées de qualifications dès le début de semaine. Mais son potentiel économique – inscriptions, restauration, fréquentation, sponsoring et activations partenaires – pourra lui aussi être inférieur.

Les officiels : un poste qu’il ne faut pas oublier

Le prize money est la dépense la plus visible, mais certainement pas la seule.

Un tournoi international nécessite une véritable équipe d’officiels et d’organisation. Il faut notamment prévoir les coûts liés au superviseur FIP, au juge-arbitre et plus largement à l’équipe arbitrale nécessaire au déroulement de la compétition.

À cela peuvent s’ajouter :

  • les honoraires ;
  • l’hébergement ;
  • les repas ;
  • les transports locaux ;
  • éventuellement les billets de transport pour certains officiels.

En fonction de la durée de l’épreuve et du dispositif retenu, ce poste peut rapidement représenter plusieurs milliers d’euros.

Une enveloppe de l’ordre de 1 500 à 3 500 euros, voire davantage selon la configuration, n’a donc rien d’irréaliste. En France, la FFFT prend en charge en grande partie les coûts.

Hébergement, restauration et transport

C’est un autre poste extrêmement variable.

Le coût sera évidemment très différent entre un club disposant d’un hôtel partenaire à proximité et un organisateur obligé de prendre en charge plusieurs nuits au tarif public.

Il faut également prévoir les repas et éventuellement certains transports entre l’hôtel et le club.

Les fiches officielles des tournois montrent d’ailleurs des organisations très différentes. À Agrigento, un service quotidien hôtel-club était par exemple annoncé, alors qu’à Rovato ou Miami aucun transport quotidien hôtel-club n’était proposé.

Pour les dépenses directement supportées par l’organisateur, une enveloppe de 1 000 à 2 500 euros peut rapidement être atteinte. (Même si pour un FIP Bronze, le coût reste limité)

Le dispositif médical

Impossible également d’organiser une compétition internationale sans prévoir un dispositif médical adapté.

Présence d’un kinésithérapeute ou physiothérapeute, matériel de premiers secours et organisation permettant de prendre en charge rapidement une blessure font partie des dépenses à intégrer.

Selon le nombre de jours de compétition et les prestations mises en place, il faut prévoir approximativement 800 à 1 500 euros, avec là encore de fortes variations possibles.

Balles, eau et services aux joueurs

Pris individuellement, ces postes paraissent relativement modestes.

Additionnés sur plusieurs jours et pour potentiellement plusieurs centaines de joueurs et accompagnateurs, ils finissent pourtant par représenter une somme non négligeable.

Il faut notamment prévoir :

balles, eau, consommables, espaces joueurs, accréditations, signalétique, éventuellement restauration ou snacks et mise à disposition des pistes d’entraînement.

Là encore, tous les tournois ne proposent pas exactement les mêmes services.

À Rovato, par exemple, les terrains d’entraînement n’étaient pas gratuits : une session de 1h30 était annoncée à 5 euros par joueur.

Une enveloppe de 500 à 1 500 euros pour la logistique sportive et les consommables paraît cohérente pour établir un premier budget.

Personnel, sécurité et accueil

Il faut ensuite faire fonctionner l’événement.

Accueil des joueurs, contrôle des accès, montage, démontage, entretien, gestion du public, restauration, bénévoles ou salariés : le coût dépend énormément de la structure du club.

Un club disposant déjà de salariés peut absorber une partie de cette charge dans son fonctionnement habituel.

Un organisateur faisant appel à du personnel supplémentaire devra en revanche ajouter 1 000 à 3 000 euros, voire beaucoup plus pour une manifestation ambitieuse.

Communication, photographie et production vidéo

C’est probablement le poste présentant le plus grand écart entre deux FIP Bronze.

Un organisateur peut se contenter d’une communication relativement simple ou décider de transformer son Bronze en véritable produit médiatique.

Graphisme, réseaux sociaux, photographe, interviews, articles, community management, captation, commentaires, régie et streaming peuvent rapidement représenter plusieurs milliers d’euros supplémentaires.

On peut raisonnablement envisager :

5 000 à 10 000 euros pour la communication et la photographie, puis 3 000 à 10 000 euros ou davantage pour une production vidéo/streaming développée.

Installation et habillage du site

Il reste enfin tout ce que le spectateur ne remarque pas nécessairement immédiatement : panneaux, bâches, espaces partenaires, podium, signalétique, mobilier, zones joueurs, espaces VIP ou encore adaptations temporaires du club.

Pour une organisation relativement simple, 1 000 à 4 000 euros supplémentaires peuvent facilement être nécessaires.

Et si le tournoi doit louer des pistes, construire des tribunes ou installer une infrastructure temporaire, on change complètement d’échelle.

Finalement, combien coûte un FIP Bronze ?

En regroupant les principaux postes, voici un ordre de grandeur :

PosteEstimation
Prize money8 500 € et +
Officiels / arbitrage1 500 à 3 500 €
Hébergement / repas / déplacements1 000 à 2 500 €
Médical / kiné800 à 1 500 €
Balles / eau / services joueurs500 à 1 500 €
Personnel / sécurité / accueil1 000 à 3 000 €
Communication / photographie3 000 à 10 000 €
Streaming / production3 000 à 10 000 € et +
Habillage / installation / matériel1 000 à 4 000 € et +

Sur cette base, un FIP Bronze peut donc représenter environ 20 000 à 40 000 euros de dépenses.

À l’inverse, dès qu’il faut louer des infrastructures, renforcer fortement la production audiovisuelle, proposer davantage de services ou augmenter le prize money, la barre des 35 000 euros peut rapidement être franchie.

Les inscriptions permettent de récupérer une partie du budget

Il existe toutefois une recette directement liée à la compétition.

Sur de très nombreux FIP Bronze 2026, les frais d’inscription sont fixés à 40 euros par joueur. C’est notamment le cas à Mumbai, Beniparrell, Miami, Agrigento ou Rovato.

Prenons un exemple théorique.

Avec 100 paires différentes inscrites, soit 200 joueurs, cela représente :

200 × 40 € = 8 000 € d’inscriptions.

À 150 joueurs, la recette atteint 6 000 euros.

Attention néanmoins : ce calcul constitue une recette brute théorique. Il ne faut pas automatiquement considérer l’intégralité des inscriptions comme une recette nette directement disponible pour financer l’organisation sans tenir compte des modalités fédérales, nationales, fiscales et des éventuels frais applicables au tournoi concerné.

Par ailleurs l’exemple de recette n’est pas toujours réaliste, car il dépend évidemment du nombre de paires inscrites.

Le modèle économique repose donc largement sur les partenaires

C’est finalement là que se trouve l’enjeu économique d’un FIP Bronze.

Le tournoi dispose de plusieurs sources potentielles de revenus : inscriptions, partenaires privés, naming, sponsoring local, restauration, billetterie lorsqu’elle existe, hospitalités et activations commerciales.

Pour un club qui possède déjà ses terrains, dispose de son personnel et réussit à obtenir plusieurs partenaires, le FIP Bronze peut devenir un formidable outil de communication tout en conservant un budget relativement maîtrisé.

Pour une structure devant externaliser la majorité des prestations, l’équation devient beaucoup plus difficile.

Le statut « Bronze » pourrait laisser imaginer un petit tournoi international. En réalité, avec 8 500 euros de prize money, jusqu’à 32 paires dans le tableau principal, potentiellement 64 en qualifications et près d’une semaine de compétition, organiser un FIP Bronze est déjà un véritable événement professionnel.

Et surtout, c’est peut-être là tout l’intérêt de cette catégorie : les chances de voir des Français aller loin dans le tableau, voire atteindre la finale, sont plus importantes, comme lors de la première édition du FIP Bronze de Marnes-la-Coquette.

Au point que la seconde édition, initialement prévue en FIP Silver, a finalement été mise en FIP Bronze, avec l’objectif d’éviter un tableau trop relevé et de conserver une forte présence française, à l’image de la première édition.

Et avant même de voir la première balle franchir le filet, plusieurs dizaines de milliers d’euros peuvent déjà être engagés.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.