Les choix de la FFT concernant les wild cards masculines du Paris Major 2026 avaient forcément alimenté les discussions. Fallait-il privilégier les jeunes ? Sécuriser certaines paires ? Laisser les Français les mieux placés tenter leur chance en qualifications ? Après les premiers tours à Roland-Garros, impossible d’affirmer que la stratégie retenue était la plus optimale. En revanche, un constat s’impose : avec trois Français répartis dans trois paires différentes au deuxième tour, le bilan tricolore est déjà historique.

Et à quelques semaines du prochain Championnat du monde, cette réussite tombe au meilleur moment.

Trois Français, trois paires au deuxième tour

Dylan Guichard, Timéo Fonteny et Thomas Leygue seront tous les trois présents au deuxième tour du Paris Major, chacun avec un partenaire différent.

Guichard, associé au Belge Clément Geens, et Fonteny, aux côtés de l’Espagnol Nacho Moragues, avaient bénéficié d’une wild card pour intégrer directement le tableau principal.

Leygue et Jesús Moya, eux, ont dû passer par les qualifications avant de poursuivre leur parcours dans le grand tableau.

Trois trajectoires différentes pour un même résultat : trois représentants français encore en lice au deuxième tour.

Une situation inédite pour le clan tricolore au Paris Major.

Leygue / Moya : la prudence pouvait se comprendre

L’absence de wild card pour Thomas Leygue / Jesús Moya avait notamment fait parler.

Mais le contexte doit être rappelé.

Leygue revenait progressivement après sa grave blessure au tendon d’Achille et sa nouvelle association avec Moya était encore en phase de rodage. Le forfait de dernière minute de la paire au FIP Bronze de Marnes-la-Coquette, pour raisons médicales, avait également entretenu une part d’incertitude à quelques jours du Major.

Dans ces conditions, la FFT pouvait estimer que Leygue / Moya n’offraient pas encore toutes les garanties pour utiliser sur eux l’une des précieuses invitations disponibles.

Finalement, le scénario a tourné à l’avantage du Français : la paire a franchi les qualifications avant de confirmer dans le tableau principal.

Guichard / Geens : la question peut malgré tout se poser

À l’inverse, le cas Dylan Guichard / Clément Geens peut alimenter la réflexion.

La paire franco-belge figurait parmi les quatre meilleures paires des qualifications avant de recevoir finalement une wild card pour le tableau principal.

Compte tenu de leur statut et surtout du niveau affiché depuis le début du Paris Major, auraient-ils pu aller chercher leur qualification par eux-mêmes ?

Probablement. Mais certainement ? Impossible de l’affirmer.

Les qualifications d’un Major restent un exercice dangereux et aucune place n’y est garantie. La FFT a donc préféré sécuriser la présence de Guichard dans le tableau principal.

On peut néanmoins imaginer l’autre scénario : laisser Guichard / Geens en qualifications, avec la possibilité de récupérer au passage les points liés à leur parcours, et utiliser cette wild card pour offrir une place directe à une autre paire en concurrence, avec notamment Manuel Vives / Olivier Guy de Chamisso.

Cela aurait-il donné un meilleur résultat ? Personne ne peut le savoir.

C’est justement pour cette raison qu’il serait excessif de parler aujourd’hui de stratégie « optimale ».

Une moisson française déjà réussie

Ce que l’on peut en revanche juger, ce sont les résultats.

Et sur ce terrain, la moisson française est déjà un succès.

Trois Français au deuxième tour dans trois associations différentes : le Paris Major n’avait encore jamais offert une telle représentation masculine tricolore à ce stade de la compétition.

Derrière les résultats immédiats, il y a surtout une autre excellente nouvelle pour le padel français : plusieurs joueurs susceptibles de composer l’équipe de France pour le prochain Mondial arrivent en forme au même moment.

Cinq joueurs du tableau principal déjà tournés vers le Mondial ?

Car ce Paris Major constitue aussi un formidable indicateur avant les prochaines échéances internationales.

Parmi les huit joueurs qui composeront la sélection française, cinq Français présents dans le tableau principal à Roland-Garros semblent aujourd’hui très bien placés pour faire partie du groupe : Dylan Guichard, Jérémy Robert, Yoan Boronad, Thomas Leygue et Timéo Fonteny.

Une base particulièrement jeune, mais déjà habituée au circuit international.

Elle présente également une complémentarité intéressante avec deux joueurs évoluant principalement à gauche et trois à droite, Thomas Leygue possédant en plus cette particularité précieuse de pouvoir évoluer des deux côtés de la piste.

Jérémy Robert, une première sélection qui se rapproche ?

Parmi ces cinq joueurs, le cas de Jérémy Robert sera particulièrement intéressant à suivre.

Son niveau actuel, sa progression et la politique fédérale clairement tournée vers la nouvelle génération en font désormais un candidat très sérieux à une première sélection avec l’équipe de France seniors.

Rien n’est évidemment acquis plusieurs semaines avant l’annonce du groupe. Une baisse de régime ou l’émergence d’autres joueurs pourrait encore modifier la hiérarchie.

Mais à niveau constant, il deviendrait difficile d’imaginer le prochain Mondial sans Jérémy Robert dans les huit Français sélectionnés.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.