Le classement FIP peut produire des situations étonnantes lorsqu’il s’agit de déterminer le poids d’une paire. À l’international, ce sont les points des deux joueurs qui sont additionnés. Conséquence : le capital considérable d’un joueur du sommet mondial peut presque suffire à lui seul à propulser une association très déséquilibrée parmi les têtes de série. Dans un cas extrême, Arturo Coello pourrait même s’associer à un joueur sans aucun point FIP et rester devant une paire composée de deux membres du top 10 mondial. Une anomalie qui pose deux questions : faudrait-il additionner les classements plutôt que les points, comme en France, et mieux prendre en compte les contre-performances ?
Le FIP Gold de Belgrade a une nouvelle fois mis en lumière des associations très déséquilibrées : un joueur bien installé au classement mondial peut s’associer à un partenaire très éloigné dans la hiérarchie et, grâce à son seul capital de points, permettre à la paire d’obtenir une place très favorable dans un tableau.
Ces associations sont parfaitement réglementaires. Ce ne sont donc pas les joueurs qui sont en cause, mais le mode de calcul du poids des paires.
Et une solution relativement simple existe peut-être déjà : s’inspirer du système français et additionner les classements plutôt que les points.
Avec les points FIP, un seul joueur peut « porter » la paire
Le problème vient de la très forte concentration des points au sommet du classement mondial.
Prenons les chiffres actuels :
| Joueur | Rang | Points |
|---|---|---|
| Arturo Coello | 1 | 20 980 |
| Agustín Tapia | 1 | 20 980 |
| Alejandro Galán | 3 | 17 820 |
| Federico Chingotto | 3 | 17 820 |
| Juan Lebrón | 5 | 8 310 |
| Leo Augsburger | 6 | 7 690 |
Imaginons maintenant qu’Arturo Coello joue avec un joueur qui ne possède aucun point FIP.
| Paire fictive | Calcul par points FIP | Poids |
|---|---|---|
| Coello + joueur à 0 point | 20 980 + 0 | 20 980 |
| Lebrón + Augsburger | 8 310 + 7 690 | 16 000 |
Le résultat est assez spectaculaire : Coello associé à un débutant passerait devant une paire Lebrón / Augsburger dans l’ordre des paires.
Dans certaines configurations du tableau, Coello pourrait même être tête de série n°3 avec un partenaire ne possédant aucun point.
Mathématiquement, le système fonctionne. Sportivement, le résultat pose question.
Avec le système français, le résultat serait totalement différent
En France, la logique est beaucoup plus simple : on additionne les rangs des deux joueurs, et non leur capital de points.
Appliquons ce principe au même exemple, en imaginant que le partenaire de Coello soit 1000e mondial :
| Paire | Addition des rangs | Poids de la paire |
|---|---|---|
| Lebrón / Augsburger | 5 + 6 | 11 |
| Coello / n°1000 | 1 + 1000 | 1001 |
Cette fois, impossible pour le numéro 1 mondial de compenser presque entièrement le classement de son partenaire.
Et c’est peut-être là que le système français paraît plus cohérent pour un sport qui se joue à deux : les deux joueurs pèsent réellement dans la valeur de la paire.
Les paires hybrides ne sont que la conséquence
L’association Cepero / Golestan au FIP Gold de Belgrade est un exemple récent de ces paires dites « hybrides », mais le débat dépasse largement leur cas.
Pourquoi reprocher à des joueurs d’utiliser une possibilité offerte par le règlement ?
La véritable question est plutôt : le classement doit-il permettre à un seul joueur de donner autant de poids à une paire extrêmement déséquilibrée ?
Passer d’une addition des points à une addition des classements limiterait naturellement ces situations, sans interdire aucune association. Un top joueur pourrait toujours jouer avec un joueur très mal classé, mais la paire serait positionnée dans le tableau en tenant compte du niveau de classement des deux partenaires.
Et pourquoi ne pas également introduire la notion de « contre » ?
Une seconde évolution pourrait compléter cette réforme.
Comme cela a existé dans le tennis français, on pourrait réfléchir à une forme de contre-performance : perdre face à des joueurs situés très loin derrière au classement pourrait avoir une incidence, même limitée, sur le bilan du joueur.
Cela éviterait un système fonctionnant essentiellement dans un seul sens : les grosses performances sont récompensées, mais les énormes contre-performances ont beaucoup moins d’impact direct.
Il faudrait évidemment prévoir des garde-fous pour les jeunes en progression, les retours de blessure ou les joueurs artificiellement sous-classés.
Mais les deux principes pourraient fonctionner ensemble : additionner les classements pour déterminer le poids réel d’une paire et mieux prendre en compte les contre-performances pour établir le niveau réel d’un joueur.
Le système français n’est certainement pas transposable tel quel au circuit international. Mais il pose une question finalement très simple : dans un sport qui se joue obligatoirement à deux, est-il logique que le capital de points d’un seul joueur puisse presque suffire à déterminer la valeur de toute la paire ?
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.































































































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Article intéressant. Je milite, en tout cas pour le classement français, pour un bonus/malus en fonction de son rang dans le tournoi. Par exemple : paire 12 du tournoi, tu finis 6 => Bonus. Paire 6 du tournoi, tu finis 12 => Malus. Cela permettrai d’équilibrer, et d’éviter le phénomène “Hanouna” mais aussi de valoriser ceux qui font une perf, et qui sans doute, doivent monter plus vite (je pense à des paires fortes qui font très peu de tournoi). A moyen terme, une telle mesure, permettrai de rendre plus cohérent les classements. Il faudrait tout de même une tolérance de quelques places aussi bien pour appliquer le malus que le bonus.