Pour la première fois de son histoire, le padel fait son entrée aux Jeux Méditerranéens. À Taranto, du 22 au 28 août 2026, la discipline conserve une grande partie de ses codes habituels, mais découvre aussi ceux d’un grand événement multisports : sélections nationales, médailles, tenue des délégations et tableau mixte.

Le règlement permet surtout de mieux comprendre le format choisi pour cette première. Il ne s’agit ni d’un tournoi classique du FIP Tour, ni d’un Championnat du monde ou d’Europe par équipes. Les joueurs représentent leur pays, mais les médailles sont attribuées par paires.

Un modèle hybride qui réserve quelques particularités.

Des nations représentées, mais pas de classement par équipes

C’est probablement le premier élément à comprendre.

Chaque Comité national olympique peut engager deux paires masculines, deux paires féminines et une paire mixte, avec un maximum de huit joueurs.

Pour autant, les résultats des différentes paires d’un même pays ne sont pas additionnés pour déterminer une nation championne.

Contrairement au format par équipes utilisé dans les grandes compétitions internationales de padel, chaque tableau fonctionne ici de manière indépendante. Une paire peut donc offrir une médaille à son pays sans que le parcours de l’autre paire de la même délégation n’entre en compte.

On retrouve ainsi l’identité nationale d’un Championnat du monde ou d’Europe, mais avec une mécanique sportive beaucoup plus proche d’un tournoi traditionnel.

Trois tableaux et une vraie nouveauté avec le mixte

Les Jeux Méditerranéens distribuent des médailles dans trois épreuves : hommes, femmes et mixte.

C’est évidemment le troisième tableau qui apporte la principale nouveauté par rapport au circuit professionnel. Le double mixte ne constitue pas une catégorie régulière du FIP Tour, alors qu’il devient ici une discipline à part entière avec or, argent et bronze à aller chercher.

Le règlement ajoute une condition importante : les deux membres de la paire mixte doivent obligatoirement être déjà engagés dans les tableaux masculin et féminin.

Une nation ne peut donc pas sélectionner deux joueurs uniquement pour le mixte.

Jusqu’à deux médailles pour un même joueur

Cette règle ouvre une situation assez inhabituelle : un même joueur peut théoriquement repartir de Taranto avec deux médailles.

Une première dans son tableau par paires, une seconde en mixte.

Cela donne également une dimension stratégique aux choix effectués par les sélections. Faut-il systématiquement associer en mixte les deux joueurs considérés comme les plus forts ? Privilégier la complémentarité entre un joueur de droite et une joueuse de gauche ? Ou tenir compte de la fatigue accumulée dans les autres tableaux ?

Le règlement autorise d’ailleurs, si le calendrier l’exige, plusieurs rencontres dans une même journée. Ce point existe déjà dans le padel international et ne constitue donc pas en lui-même une spécificité des Jeux, mais le cumul de deux tableaux peut renforcer la problématique de récupération pour les joueurs retenus en mixte.

Le mixte n’est donc pas simplement une médaille supplémentaire : il peut aussi influencer la gestion sportive de toute la semaine.

Perdre en demi-finale ne suffit pas pour décrocher le bronze

Autre différence importante avec un tournoi classique : les deux perdants des demi-finales ne terminent pas à égalité.

Un match pour la troisième place est organisé dans chacune des épreuves.

Une qualification en demi-finale ne garantit donc aucune médaille.

Pour monter sur le podium, une paire battue aux portes de la finale doit se remobiliser et remporter une dernière rencontre. Le calendrier du 28 août prévoit ainsi successivement des rencontres pour le bronze et les finales avant les cérémonies de remise des médailles.

Une quatrième place existe donc réellement, ce qui change forcément la perception d’une défaite en demi-finale.

Le classement FIP reste au centre du système

Malgré ce nouvel environnement, les Jeux Méditerranéens ne repartent pas d’une feuille blanche pour établir leur hiérarchie.

Les trois compétitions se jouent à élimination directe avec des têtes de série, déterminées selon le classement FIP en vigueur quinze jours avant le début de la compétition.

C’est l’un des éléments qui rapproche clairement le tournoi du fonctionnement habituel du padel international.

Les joueurs arrivent sous les couleurs de leur pays, mais leur parcours sur le circuit FIP continue de déterminer leur positionnement dans le tableau.

Des compositions déposées à l’avance et confidentielles

La dimension « sélection nationale » apparaît davantage dans la constitution des paires.

Après avoir communiqué la liste définitive de leurs joueurs, les délégations devaient transmettre la composition des paires hommes, femmes et mixte au plus tard le 7 août.

Le manuel précise surtout que ces informations devaient rester confidentielles et être utilisées pour préparer les tableaux et établir les têtes de série selon le classement des paires FIP.

La logique diffère donc d’un tournoi professionnel où deux joueurs décident généralement eux-mêmes de s’inscrire ensemble. Ici, la composition des paires s’inscrit dans le cadre plus large d’une délégation nationale.

Sur le podium, place aux couleurs nationales

Le changement d’univers apparaît aussi dans l’image renvoyée par les joueurs.

Le règlement prévoit que les vêtements et équipements ne portent pas de publicité commerciale, à l’exception de la marque du fabricant lorsqu’elle reste discrète et sans objectif publicitaire.

La règle est également appliquée lors des cérémonies : les médaillés doivent monter sur le podium avec la tenue officielle de leur Comité national olympique.

Une différence symbolique mais importante avec le circuit professionnel. Aux Jeux Méditerranéens, l’identité de la sélection prend le dessus sur celle de la paire et de ses partenaires commerciaux.

Même les quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième repartent avec un diplôme

Une petite disposition illustre parfaitement la culture des Jeux.

Au-delà des trois médailles, le règlement prévoit qu’un diplôme soit attribué à chaque joueur classé de la quatrième à la huitième place.

Une notion quasiment étrangère au fonctionnement quotidien du circuit professionnel, mais beaucoup plus naturelle dans un événement multisports où la notion de classement et de représentation nationale dépasse le seul podium.

Des contrôles antidopage intégrés au dispositif des Jeux

Le padel entre également dans le cadre antidopage général de la compétition.

Les contrôles peuvent être effectués pendant ou hors compétition, sous la responsabilité de l’International Testing Agency (ITA), avec la collaboration de NADO Italia et conformément notamment au Code mondial antidopage.

Le manuel précise qu’un refus de se soumettre au contrôle ou un résultat positif peut conduire à une disqualification et à des sanctions conformément aux règlements applicables.

Là encore, ce n’est pas le padel qui change sur le terrain, mais le cadre dans lequel évoluent les joueurs.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.