Et si le padel avait trouvé une nouvelle fonction : remettre sur pied les athlètes de haut niveau ? Thomas Carmoy pourrait presque servir de cobaye.

Le spécialiste belge du saut en hauteur traverse une saison 2026 pour le moins particulière. Après une opération de la cheville et près de trois mois sans pouvoir sauter, le Belge a dû trouver d’autres moyens de conserver sa condition physique. Musculation, préparation générale… et surtout un sport que l’on connaît bien : le padel.

À quelques jours de son retour sur la scène européenne, Carmoy l’a lui-même reconnu : pendant sa convalescence, il a joué « beaucoup au padel ».

De là à présenter la pala comme le nouvel outil indispensable des kinés, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons évidemment pas. Mais l’histoire prête forcément à sourire.

Trois mois sans saut, une cheville à reconstruire

La saison de Thomas Carmoy a été fortement perturbée par des douleurs à la cheville. Une opération a finalement été nécessaire afin de retirer notamment une inflammation, du tissu cicatriciel et un morceau d’os.

Pour un sauteur en hauteur, difficile d’imaginer articulation plus importante.

Conséquence : environ trois mois sans effectuer de saut. Une éternité pour un athlète dont la discipline consiste précisément à transformer ses chevilles et ses jambes en ressorts.

Pendant cette période, Carmoy n’est toutefois pas resté inactif. Il a continué à travailler physiquement et a donc ajouté à son programme… de nombreuses parties de padel.

Le padel, nouvelle rééducation des sauteurs ?

Attention : aucune étude scientifique ne permet ici d’affirmer que les bandejas et les viboras ont réparé la cheville de Thomas Carmoy.

Mais le clin d’œil est forcément tentant.

Car contrairement à une période d’arrêt total, le padel permet de continuer à bouger, travailler les déplacements, la coordination, les réflexes et le cardio, avec évidemment des contraintes très différentes de celles d’un saut à plus de deux mètres.

Dans le cas de Carmoy, il faut donc davantage parler d’un moyen de rester actif et de conserver une condition physique générale pendant une période où le saut en hauteur était fortement limité, plutôt que d’une véritable méthode médicale de rééducation.

Mais chez Padel Magazine, on retiendra surtout une chose : lorsqu’il ne pouvait plus sauter, Carmoy pouvait encore jouer au padel.

Et quelques mois plus tard, le voilà de retour au plus haut niveau européen.

Coïncidence ? Certainement.

Mais laissez-nous quand même quelques secondes pour prévenir les kinés du circuit.

Birmingham comme nouveau départ

Car l’histoire ne s’arrête pas à quelques parties entre amis.

Après cette longue période sans saut, Thomas Carmoy a finalement pu reprendre progressivement sa discipline. Alors qu’il ne pensait initialement pas participer aux Championnats d’Europe 2026 à Birmingham, le Belge a finalement obtenu son ticket.

Après un stage intensif d’une dizaine de jours et des tests rassurants concernant sa cheville, il a décidé de tenter sa chance.

Une compétition qu’il aborde avec une philosophie différente. Plus qu’un objectif de résultat immédiat, Birmingham doit lui permettre de retrouver les sensations de la compétition et véritablement lancer sa saison.

À 26 ans, le Belge possède déjà une solide expérience internationale, avec notamment deux médailles de bronze européennes en salle et un record personnel à 2,29 m.

À quand une pala dans le sac des athlètes ?

L’anecdote Carmoy illustre surtout une tendance que l’on observe depuis plusieurs années : le padel s’invite de plus en plus dans le quotidien des sportifs professionnels issus d’autres disciplines.

Football, tennis, sports mécaniques, basket… et désormais saut en hauteur : la piste de 20 × 10 mètres devient autant un terrain de loisir qu’un moyen ludique de continuer à bouger.

Dans le cas de Thomas Carmoy, on évitera donc de conclure que le padel a miraculeusement réparé sa cheville.

Mais après trois mois sans sauter, « beaucoup de padel » et un retour aux Championnats d’Europe, avouez que l’histoire était beaucoup trop belle pour que nous la laissions passer.

Reste maintenant une question essentielle : Thomas Carmoy smashe-t-il aussi haut qu’il saute ?

Source : lavenir.net / Image IA

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.