À l’occasion du Paris Major, Martita Ortega s’est prêtée au jeu de l’interview. Ancienne numéro 1 mondiale sous le World Padel Tour en 2019, l’Espagnole possède une expérience rare du très haut niveau. Elle évoque sans détour l’évolution du padel féminin, l’arrivée d’une nouvelle génération toujours plus puissante, l’importance du mental, mais aussi le padel mixte, les différences entre World Padel Tour et Premier Padel et la réalité physique du sport de haut niveau.
« IL ME MANQUE UN PEU PLUS D’AGRESSIVITÉ »
Vous avez déjà expliqué que votre capacité à courir et à défendre faisait partie de vos grandes forces. Avec l’arrivée de joueuses très jeunes et très puissantes, devez-vous aujourd’hui devenir plus agressive pour continuer à viser les finales ?
Oui, bien sûr. Il me manque un peu plus d’agressivité, et aussi beaucoup d’autres choses, parce que chaque année, le niveau devient plus difficile.
Il n’y a pas seulement les joueuses qui étaient déjà là. Toutes celles qui arrivent sont très polyvalentes, très courageuses et très puissantes. Aujourd’hui, tout le monde travaille également très bien sur le plan physique et, forcément, cela aide beaucoup.
Mais sur une saison aussi longue, avec autant de tournois, ce qui fait vraiment la différence, c’est la capacité à maintenir cette régularité physique, mais aussi la capacité mentale.
« LE MENTAL PEUT TRANSFORMER DES VICTOIRES TRÈS COMPLIQUÉES »
C’est donc le mental qui peut encore faire la différence face à cette nouvelle génération ?
Pour moi, la partie mentale est la plus difficile et la plus importante.
Il y a aussi toute la dimension tactique. Ce sont des aspects très difficiles à apprendre et encore plus difficiles à maîtriser parfaitement. Pourtant, ils peuvent permettre de gagner des matchs très compliqués, voire de rendre plus simples des victoires qui auraient pu être beaucoup plus difficiles.
C’est pour cela que je considère le mental comme un élément fondamental.
« ON APPREND BEAUCOUP DU PADEL MASCULIN »
Votre partenaire Sofia Araújo vient de remporter l’or en mixte aux Jeux méditerranéens. Pourriez-vous imaginer une véritable compétition mixte sur Premier Padel, comme on peut en voir au tennis ?
Ce serait forcément différent et probablement intéressant à regarder. Ce serait aussi difficile pour les deux parties parce qu’il existe, à certains moments, des manières différentes de jouer au padel.
Je ne sais pas si cela pourrait aller jusqu’à une compétition comptant pour des points ou pour un titre, parce que cela apporterait beaucoup plus de tension et d’exigence.
J’ai déjà participé à quelques compétitions mixtes et je n’en retire que du positif. On apprend énormément du padel masculin. Les hommes ont une lecture du jeu très rapide.
« ILS NE JOUENT PAS SEULEMENT SUR LA FAIBLESSE, ILS JOUENT AVEC LES STATISTIQUES »
Qu’est-ce qui vous marque particulièrement dans leur manière de construire les points ?
Ils sont très habitués à ne pas forcément jouer sur un point faible, parce qu’à ce niveau il n’y en a parfois tout simplement pas. Ils cherchent plutôt l’endroit où l’adversaire peut leur faire le moins de dégâts.
Ils jouent aussi énormément avec les statistiques. Cela peut être : « Je vais lui jouer trois lobs. Peut-être qu’il va gagner le premier, mais peut-être que sur les deux suivants, j’aurai une opportunité. »
Ils raisonnent constamment comme cela. Je trouve ça très difficile parce qu’il faut rester concentré et attentif en permanence.
Dans le padel féminin, évidemment, nous travaillons aussi énormément ces aspects, mais les hommes ont une autre manière de gérer les points. Ils ne jouent pas seulement sur la faiblesse, mais aussi sur la statistique. Je trouve ça incroyable.
On apprend beaucoup avec eux.
WORLD PADEL TOUR OU PREMIER PADEL ? « DANS LA VIE, IL FAUT SAVOIR ÊTRE RECONNAISSANT »
Vous avez connu le World Padel Tour puis Premier Padel. Qu’est-ce que chacun des deux circuits vous a apporté et lequel préférez-vous ?
C’est une question difficile !
Je pense que, d’une certaine manière, nous devons tous être reconnaissants. Au-delà du Padel Pro Tour et des fédérations, World Padel Tour a participé à l’explosion de notre sport.
Nous, les joueurs, étions évidemment à l’intérieur et nous contribuions à son développement, mais World Padel Tour lui a donné une structure et a participé à sa croissance.
Ils ont fait beaucoup de choses très bien et d’autres moins bien, qui auraient pu être améliorées. Mais World Padel Tour nous a apporté une structure, une solidité et de plus en plus de tournois saison après saison. C’était ce dont notre sport avait besoin à ce moment-là.
« AVEC PREMIER PADEL, NOUS JOUONS DANS DES LIEUX QUE NOUS N’AURIONS JAMAIS IMAGINÉS »
Et qu’est-ce que Premier Padel a changé ?
Ce que je mettrais particulièrement en avant avec Premier Padel, c’est la possibilité d’accéder à des stades et à des lieux dans lesquels nous n’aurions jamais imaginé jouer.
Paris en est évidemment un exemple avec un lieu totalement historique. Mais je pense également à Acapulco, où se déroule depuis toujours le tournoi de tennis et où notre sport est né, ou encore au Foro Italico de Rome.
Ce sont des lieux que nous n’aurions probablement jamais imaginé atteindre.
Mais je le répète : il faut savoir être reconnaissant. World Padel Tour a apporté cette structure qui a permis au padel de grandir.
« LE SPORT DE HAUT NIVEAU N’EST PAS SI SAIN »
Vous êtes également médecin. Les joueurs professionnels sont-ils parfois réellement à 100 %, ou apprennent-ils à jouer constamment avec de petites douleurs ?
Je pense que presque tous les joueurs vivent avec quelque chose.
Il y a évidemment des périodes de la saison où tout va parfaitement et où l’on se sent très bien. Heureusement, j’en ai connu plusieurs au cours de ma carrière.
Mais il se passe toujours quelque chose parce que, finalement, le sport de haut niveau n’est pas si sain.
Faire du sport tous les jours de manière régulière est très sain. Mais pousser constamment son corps jusqu’à sa limite extrême pour chercher ce petit détail qui fera la différence, rechercher l’excellence et aller toujours plus loin comporte forcément des risques.
« PARFOIS, ARRÊTER N’EST PAS LA SOLUTION »
Comment gérez-vous alors ces douleurs au quotidien ?
Nous avons la chance d’être entourés d’équipes très professionnelles. Nous travaillons beaucoup sur la prévention des blessures et nous essayons d’être aussi forts que possible pour éviter qu’elles apparaissent.
Mais certaines peuvent arriver et, souvent, on apprend à vivre avec elles.
Certaines surcharges peuvent évoluer vers des tendinites et, dans ces cas-là, arrêter complètement n’est pas forcément la solution. Il faut parfois diminuer la charge et contrôler la situation.
Beaucoup de joueurs vivent ainsi avec certaines douleurs, parfois même chroniques. Certains strappent constamment une cheville, d’autres un bras. Cela fait partie du métier.
L’essentiel est d’avoir autour de soi une équipe en laquelle on a confiance. Elle doit pouvoir vous donner la sécurité nécessaire pour continuer lorsque la blessure ne risque pas de s’aggraver, mais aussi être capable de vous dire : « Attention, cette fois, il vaut mieux ne pas jouer ce tournoi. »
La décision finale appartient au joueur, mais elle doit être prise entouré de professionnels capables de bien le conseiller.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.
































































































FIP Platinum Lyon – Godallier / Valenzuela, la paire qui ne cesse de gagner veut maintenant voir plus grand
Valencia et Paris : que changent Coello et Tapia lorsque Galán et Chingotto servent pour le titre ?
Championnats de France 2026 : 72 paires pour trois titres nationaux à Agen
Romain Sichez : « Le top 300 mondial, ce serait déjà un bel objectif »
Jorge Martínez croit à une réconciliation entre Galán et Lebrón : « Ils sont condamnés à s’entendre »
P1000 Padel Break Bondues – Deknuydt / Forichon ont une cible dans le dos, Couturier / Tardy à l’affût
P1000 PadelShot Le Mans : 12 joueurs du top 100 et une hiérarchie sous pression
Bastien Villenet, 26 ans : le padel rémois perd l’un des siens
Mondiaux seniors – Les deux équipes de France connaissent désormais leur chemin vers la finale
Fran Guerrero compose ses huit Espagnols pour le Mondial… et s’oublie lui-même
Edu Alonso sur Arturo Coello : « La meilleure période de ma vie, je l’ai passée avec lui »
À vendre : deux clubs de padel à l’île Maurice, à partir de 330 000 euros
Combien coûte réellement l’organisation d’un FIP Bronze ?
Padel : comment Lidl transforme Crivit en marque sportive à part entière avec Steffi Graf
Compagnie des Alpes accélère dans le padel avec PadelCity : une nouvelle étape dans sa stratégie européenne
Coello avec un joueur à 0 point devant deux top 10 : faut-il revoir le classement FIP ?
Les Pyramides : après 12 pistes de padel, le club mise sur la formation des jeunes
OSS Padel Tour 2026 : et si votre prochain tournoi de padel se jouait à Barcelone ?
FAST Padel Academy poursuit son développement et s’implante à Liège
Ce que révèle l’analyse du geste : coup droit tennis vs bandeja padel
La bandeja a-t-elle disparu du padel moderne ?
Coup droit à plat au padel : les 5 exercices de Cristian Álvarez pour gagner en contrôle et en efficacité
Pourquoi savoir jouer à droite et à gauche peut faire la différence
Tapia donne la recette pour battre Coello / Tapia : « Je jouerais tout sur moi »
Comment Coello a désamorcé le plan de jeu de Chingotto
Au padel, l’alchimie d’une paire compte-t-elle autant que le niveau individuel ?
L’été change le padel… et si le vrai défi n’était pas de frapper plus fort ?
Ni FIP Tour, ni Championnat du monde par équipes : le format particulier du padel aux Jeux Méditerranéens
Premier Padel : quand la télévision peut rallonger les pauses des joueurs
Premier Padel : oui, un arbitre peut refuser à un joueur d’aller aux toilettes
Julien Seurin se livre sur le mental : « Il y a beaucoup plus de doutes que de moments de bonheur »
Plus d’un an après, Thomas Leygue de retour dans le top 150 : les coulisses d’un comeback encore inachevé
Padel vs squash vs badminton : le classement scientifique de l’intensité cardio
Pourquoi Arturo Coello joue-t-il avec la main droite bandée ?
Et si votre progression au padel passait par ce que personne ne regarde ?