Paquito Navarro et Martín Di Nenno, Javi Leal et Fran Guerrero, puis désormais Mike Yanguas et Coki Nieto : sur Premier Padel, retourner avec son ex semble presque devenir une tendance.

Pas de dîner aux chandelles ni de grandes déclarations pour autant. Ici, les réconciliations se font raquette en main. Et dans un circuit où les changements de partenaires s’enchaînent, revenir vers quelqu’un que l’on connaît déjà peut finalement être l’une des solutions les plus rationnelles.

Automatismes, confiance, classement, complémentarité : pourquoi perdre plusieurs semaines à apprendre à connaître un nouveau partenaire quand on connaît déjà les qualités… et les défauts de son ex ?

Reste une question : si la première histoire s’est terminée, qu’est-ce qui garantit que la deuxième fonctionnera mieux ?

Paquito / Di Nenno : difficile d’oublier son grand amour

S’il fallait désigner le retour le plus sentimental, Paquito Navarro et Martín Di Nenno seraient de sérieux candidats.

Entre 2021 et 2022, l’Espagnol et l’Argentin avaient formé l’une des paires les plus populaires et compétitives du circuit. Ils avaient notamment remporté le Major de Doha 2022, premier tournoi de l’histoire de Premier Padel, face à Juan Lebrón et Ale Galán.

Alors, lorsque les deux hommes ont décidé de se retrouver à partir du Major de Rome 2026, ils savaient exactement avec qui ils repartaient.

Et la deuxième histoire a rapidement retrouvé des couleurs : trois demi-finales à Bordeaux, Málaga et Londres.

Le problème ? À chaque fois, le même couple leur a gâché la fête : Arturo Coello et Agustín Tapia. Défaites 6/3 6/2 à Bordeaux, 6/4 6/3 à Málaga puis 6/3 6/2 à Londres.

Paquito et Di Nenno ont donc retrouvé leurs automatismes et le dernier carré. Il leur manque encore la finale.

Comme quoi, retourner avec son ex permet parfois de retrouver rapidement les bons souvenirs… mais aussi certaines anciennes limites.

Leal / Guerrero : les ex qui se connaissent depuis l’enfance

Pour Javi Leal et Fran Guerrero, parler d’« ex » est presque réducteur.

Les deux Espagnols jouent ensemble depuis l’âge de neuf ans. Leur histoire commune a connu plusieurs interruptions et plusieurs retrouvailles, mais le langage padel n’a jamais vraiment disparu.

À Pretoria, cela s’est vu.

Leal et Guerrero ont d’abord sorti Juan Lebrón et Leo Augsburger après un tie-break décisif remporté 13-11, avant de faire tomber Coello et Tapia 7/5 7/5 et de mettre fin à une série de 27 finales consécutives des numéros 1 mondiaux.

En finale, Galán et Chingotto ont dû aller jusqu’au bout pour les arrêter : 6/2 5/7 7/6.

Leur avantage est évident : ils n’ont pas besoin de passer des semaines à comprendre qui doit faire quoi. Guerrero travaille et construit ; Leal peut davantage libérer sa puissance et sa créativité.

Surtout, ils se retrouvent aujourd’hui avec beaucoup plus d’armes qu’à leurs débuts.

Même partenaire, mais pas tout à fait la même relation.

Yanguas / Nieto : « On se sépare… mais on reste en bons termes »

Mike Yanguas et Coki Nieto, c’est encore une autre histoire.

Toute la saison 2025 ensemble, beaucoup de régularité, plusieurs demi-finales… mais aucun titre.

À la fin de l’année, chacun décide donc d’aller voir ailleurs. Yanguas retrouve Franco Stupaczuk, tandis que Nieto reforme son association avec Jon Sanz.

Quelques mois passent.

Et finalement : retour à la maison.

Yanguas / Nieto se reforment pour le Madrid P1, directement avec le statut de quatrième paire du tournoi.

Cette fois, inutile de passer par la phase de découverte. Ils connaissent leurs qualités, mais surtout leurs limites. Leur première version était extrêmement solide et régulière, sans toujours posséder le coup supplémentaire permettant de renverser les meilleures paires.

La question n’est donc plus de savoir s’ils peuvent fonctionner ensemble.

Ils l’ont déjà prouvé.

La question est de savoir s’ils peuvent faire mieux que la première fois.

Pourquoi les joueurs de Premier Padel retournent-ils avec leurs ex ?

Derrière le clin d’œil se cache une vraie logique sportive.

Le marché des partenaires au plus haut niveau est beaucoup plus réduit qu’il n’y paraît.

Pour un joueur du top 10 ou du top 20, il faut trouver simultanément un partenaire disponible, suffisamment bien classé, évoluant du bon côté et compatible tactiquement.

Et le classement pèse lourd.

Être tête de série 4 plutôt que 5 peut permettre d’éviter les trois premières paires jusqu’aux demi-finales. Avec leur retour, Yanguas et Nieto arrivent justement à Madrid comme quatrième paire.

Le choix amoureux n’est donc pas totalement désintéressé.

Avec le calendrier Premier Padel, pas vraiment le temps pour un premier rendez-vous

Autre élément : le calendrier.

En pleine saison, une nouvelle paire peut n’avoir que quelques entraînements avant son premier tournoi. Il faut découvrir les déplacements de l’autre, répartir les prises d’initiative, travailler la communication et apprendre à gérer ensemble les moments difficiles.

Avec un ancien partenaire, une bonne partie de ce travail existe déjà.

Et avant Madrid puis le Major de Paris, avec 3 000 points potentiellement disponibles en deux tournois, pouvoir être performant immédiatement représente un avantage considérable.

Voilà pourquoi retourner avec son ex n’est finalement pas si irrationnel.

Paquito / Di Nenno ont retrouvé les demi-finales. Leal / Guerrero ont déjà fait tomber les numéros 1 mondiaux. Yanguas / Nieto vont maintenant tenter de réussir ce qu’ils n’avaient pas fait en 2025 : gagner ensemble.

Sur Premier Padel, les histoires d’amour finissent peut-être mal en général.

Mais visiblement, certaines méritent une deuxième saison.

Antoine Tricolet

J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.