Le mystérieux « Major II » apparu dans le règlement féminin de Premier Padel pose de nombreuses questions. Parmi elles, une concerne directement les organisateurs de P2 : si cette nouvelle catégorie venait réellement à voir le jour, les P2 pourraient-ils perdre une partie des meilleurs joueurs du monde ?
Sur le papier, le raisonnement se tient.
Ajouter un échelon supplémentaire entre les Majors et les P1, avec davantage de prize money et potentiellement davantage de points, pourrait pousser les meilleures paires mondiales à sélectionner davantage leur calendrier. Et dans cette nouvelle hiérarchie, les P2 seraient probablement les premiers événements sacrifiés.
Mais entre cette hypothèse et la réalité actuelle, il reste encore un très grand pas à franchir.
Aujourd’hui, les P2 attirent encore les meilleurs
C’est l’une des particularités du Premier Padel actuel.
Contrairement au tennis, où un ATP 250 peut parfaitement se dérouler sans la majorité des membres du Top 10 mondial, un P2 de padel peut encore compter sur un plateau extrêmement relevé, avec une grande partie des meilleures paires.
La structure actuelle du circuit favorise cette situation.
Le règlement 2026 définit trois catégories régulières : Major, P1 et P2, auxquelles viennent s’ajouter les Premier Padel Finals. Il envisage théoriquement 4 Majors, 10 P1 et 11 P2, tout en laissant à Premier Padel la possibilité d’adapter cette répartition.
Dans cette pyramide à trois étages, les P2 restent donc pleinement intégrés au calendrier de l’élite.
Mais l’arrivée d’un quatrième niveau pourrait modifier cet équilibre.
Le Major II serait justement placé entre le Major et le P1
Le terme Major II n’est pas une invention.
Il apparaît bien dans le règlement féminin 2026, avec sa propre grille de prize money.
Et financièrement, son positionnement est particulièrement intéressant :
| Catégorie féminine | Prize money minimum |
|---|---|
| Major I | env. 503 981 € |
| Major II | 275 000 € |
| P1 | 170 000 € |
| P2 | 110 000 € |
Pour la paire championne, la hiérarchie est également très claire : 97 400 € sur un Major I, 49 500 € sur un Major II, 34 000 € sur un P1 et 22 000 € sur un P2. Les grilles officielles détaillent bien ces différents niveaux chez les femmes.
Si le Major II devenait demain une véritable catégorie de tournoi, on obtiendrait donc quatre étages :
Major I → Major II → P1 → P2.
Et mécaniquement, le P2 descendrait d’un cran dans la hiérarchie.
Le risque : devoir choisir entre Major II et P2
Imaginons maintenant plusieurs Major II intégrés au calendrier.
Si ces tournois distribuent davantage de points et beaucoup plus d’argent que les P2, la stratégie des meilleurs joueurs pourrait évoluer.
Pourquoi une paire du Top 5 ou du Top 10 chercherait-elle à disputer presque tous les P2 si elle peut construire sa saison autour des Major I, Major II et P1 ?
D’autant que la FIP calcule actuellement le classement sur les 22 meilleurs résultats d’un joueur, et non sur l’intégralité des tournois disputés.
À partir de 2027, ce nombre doit même passer à 21 résultats.
Plus le nombre de tournois potentiellement intéressants devient supérieur au nombre de résultats utiles au classement, plus les meilleurs joueurs ont intérêt à sélectionner leurs semaines.
Et les événements offrant le moins de points et de prize money sont logiquement les plus exposés.
Les P2 pourraient-ils devenir les « ATP 250 du padel » ?
C’est probablement le parallèle le plus intéressant.
Dans le tennis, les meilleurs mondiaux ne disputent évidemment pas chaque ATP 250.
Ils construisent leur saison autour des tournois les plus importants et utilisent ensuite les catégories inférieures en fonction de leur programmation, de leurs besoins en points, de leur état physique ou de leur préparation.
Un scénario similaire pourrait progressivement apparaître au padel.
Les Major I constitueraient les rendez-vous incontournables.
Les éventuels Major II formeraient un deuxième niveau premium.
Les P1 conserveraient une place très importante.
Et les P2 deviendraient davantage des tournois de choix.
Certains pourraient attirer plusieurs stars. D’autres offriraient davantage d’espace aux joueurs situés derrière les toutes meilleures paires.
Ce ne serait d’ailleurs pas nécessairement une mauvaise chose sportivement.
Une opportunité pour les joueurs situés derrière l’élite
Si tous les membres du Top 10 ne participaient plus systématiquement aux P2, ces tournois pourraient prendre une autre dimension.
Des joueurs classés entre la 20e et la 50e place mondiale auraient davantage de possibilités d’atteindre les derniers tours.
De nouvelles paires pourraient décrocher leur premier titre Premier Padel.
Et les P2 deviendraient une véritable porte d’entrée vers le sommet du circuit, avant de passer aux P1 puis aux catégories supérieures.
Ce serait finalement une pyramide assez logique pour un circuit qui continue de grandir.
Mais avant d’imaginer ce scénario, il faut revenir aux faits.
Car pour l’instant, ce fameux Major II… n’existe pas
C’est probablement le point le plus important.
Aucun tournoi Major II n’a été annoncé.
L’appellation apparaît dans le règlement féminin et sa grille de prize money, mais aucun événement du calendrier 2026 n’est présenté comme un Major II.
Plus étonnant encore : le règlement masculin ne reprend pas cette distinction.
Chez les hommes, il existe simplement une grille Major, une grille P1 et une grille P2.
Et dans la définition générale des catégories de Premier Padel, le règlement parle toujours de Major, P1 et P2, pas de Major I et Major II.
Nous sommes donc encore très loin de pouvoir annoncer l’arrivée d’un nouveau niveau de compétition.
Aucune communication de Premier Padel ou de la FIP sur un Major II
C’est également un élément essentiel.
À ce jour, ni Premier Padel ni la FIP n’ont communiqué sur la création d’une catégorie Major II.
Et lorsqu’ont été présentées les premières évolutions concernant 2027, aucune quatrième catégorie n’a été officialisée.
Le Major II demeure donc, pour le moment, une appellation réglementaire présente uniquement dans le document féminin, sans traduction concrète dans le calendrier.
Il pourrait s’agir d’une simple distinction financière entre deux types de Majors féminins.
Il pourrait correspondre à une possibilité qui n’a finalement pas été utilisée.
Ou il pourrait constituer une piste pour l’avenir.
Mais cette dernière interprétation reste aujourd’hui une hypothèse.
2027 : seulement un tournoi supplémentaire annoncé
Et c’est probablement l’élément le plus rassurant pour les P2.
Les premières indications concernant 2027 ne dessinent pas, à ce stade, une explosion du calendrier.
Avec seulement un tournoi supplémentaire annoncé par rapport à 2026, on est très loin d’un scénario où cinq, six ou huit nouveaux événements premium viendraient soudainement saturer la saison.
Or c’est bien une multiplication des tournois supérieurs qui pourrait réellement fragiliser les P2.
Ajouter une seule date ne bouleverse pas fondamentalement la capacité des meilleures paires à participer aux différentes catégories.
Pour que les P2 soient véritablement menacés, il faudrait probablement plusieurs évolutions simultanées : création effective du Major II, extension de cette catégorie aux hommes, multiplication de ces événements et intérêt sportif suffisamment important pour pousser les stars à délaisser certaines semaines de P2.
Nous n’en sommes pas là.
Les P2 peuvent-ils donc avoir peur ?
À moyen ou long terme, la question mérite clairement d’être posée.
Si Premier Padel poursuit son expansion et finit par créer un deuxième niveau premium entre les Majors et les P1, les meilleurs joueurs devront nécessairement effectuer davantage de choix.
Et dans une pyramide composée de Major I, Major II, P1 et P2, ce sont logiquement les P2 qui seraient les plus exposés à une baisse de participation des stars.
Mais sur le papier, pour 2027, il n’y a pour l’instant aucune raison de tirer la sonnette d’alarme.
Un tournoi supplémentaire seulement est annoncé.
Le Major II n’apparaît que dans le règlement féminin.
Il n’existe encore aucun tournoi officiellement estampillé « Major II ».
Le règlement masculin ne contient pas cette catégorie.
Et surtout, Premier Padel comme la FIP n’ont annoncé à ce jour aucune création officielle d’un Major II.
Alors oui, le terme intrigue.
Oui, s’il devenait demain une véritable quatrième catégorie, il pourrait profondément modifier la hiérarchie du circuit et progressivement rapprocher les P2 du rôle joué par les ATP 250 dans le tennis.
Mais nous n’en sommes encore qu’au stade des hypothèses.
Pour l’instant, les P2 peuvent certainement dormir tranquilles. Et au regard des informations disponibles pour 2027, ils ont probablement encore de beaux jours — et surtout de très beaux joueurs — devant eux.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.































































































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