Edu Alonso et Aimar Goñi continuent de bousculer le tableau du Paris Major 2026. La paire espagnole, tête de série 12, s’est offert Mike Yanguas et Coki Nieto, tête de série 5, en deux sets (6/4 6/3) pour décrocher une place en quarts de finale. Une performance qui prend encore plus de valeur après la déception vécue à Madrid et qui intervient à quelques jours de l’annonce de la sélection espagnole pour les Championnats du monde.
Le rebond est spectaculaire. Après un Madrid P1 décevant, Edu Alonso et Aimar Goñi ont parfaitement réagi à Roland-Garros.
Face à Mike Yanguas / Coki Nieto, les Espagnols ont maîtrisé leur huitième de finale pour s’imposer 6/4 6/3 et rejoindre les quarts du Paris Major sans avoir le statut de favoris.
« Faire un quart de finale dans un Major sans être parmi les principales têtes de série, c’est quelque chose de compliqué et qu’il faut savoir valoriser », estime Alonso.
Des conditions qui ont favorisé Goñi
Pour Alonso, les conditions parisiennes ont également joué leur rôle dans la stratégie adoptée face à la tête de série 5.
« La piste nous favorisait un peu. Aimar pouvait davantage frapper la balle que Coki et Mike. »
Les deux hommes avaient un plan et sont parvenus à le conserver jusqu’au bout, y compris lorsque le moment est venu de conclure.
Une maîtrise particulièrement appréciable après les difficultés rencontrées quelques jours auparavant à Madrid.
Après Madrid, une réponse immédiate à Paris
Goñi ne cache pas que leur précédente défaite avait été difficile à digérer.
Mais leur réaction à Paris lui permet surtout de mesurer la solidité de leur projet.
« Cela en dit beaucoup sur l’équipe que nous sommes, sur la confiance que nous avons l’un envers l’autre. »
Alonso va plus loin. Pour lui, l’un des enseignements des dernières semaines concerne la densité actuelle du circuit. Un classement supérieur ne garantit plus grand-chose lorsqu’une paire entre sur la piste.
« Il faut avoir l’humilité de comprendre qu’aujourd’hui, on peut perdre contre n’importe quelle paire. Il y a énormément de tournois, les joueurs progressent et le circuit est devenu très compétitif. »
Plutôt que de considérer leur revers madrilène uniquement comme une contre-performance, Alonso et Goñi ont donc essayé de changer leur manière de l’appréhender.
« Je suis assez content d’avoir gagné une petite bataille mentale que nous avions devant nous », résume Alonso.
Goñi dédie la victoire à ses parents
La qualification a également donné lieu à une scène particulière au terme de la rencontre. Goñi s’est immédiatement tourné vers les tribunes.
Il cherchait trois personnes : ses parents et son représentant Alejandro.
« Ils ont suivi de près ce que nous avons vécu. La défaite de la semaine dernière avait été assez dure mentalement et ce sont eux qui sont toujours là. »
La présence de ses parents rendait le moment encore plus spécial.
« Je suis très heureux qu’ils soient ici et de pouvoir célébrer une victoire comme celle-ci avec eux. Je n’en avais encore jamais eu l’occasion. »
Le Mondial dans toutes les têtes
Cette performance intervient aussi à un moment particulièrement intéressant pour les deux joueurs.
La sélection espagnole pour le prochain Championnat du monde doit prochainement être dévoilée et plusieurs places restent en discussion.
Pour Goñi, une première convocation avec la sélection absolue représenterait l’accomplissement d’un rêve.
« Représenter son pays, c’est ce qu’il y a de plus grand dans le sport. Pour moi, ce serait réaliser un rêve. »
Le joueur n’a encore jamais porté le maillot espagnol dans une grande compétition internationale, y compris chez les jeunes.
Cette qualification pour les quarts d’un Major arrive donc au meilleur moment pour rappeler son nom au sélectionneur.
Alonso beaucoup plus pessimiste sur ses chances
Le discours d’Edu Alonso est sensiblement différent. Malgré son niveau et cette performance parisienne, il estime aujourd’hui avoir davantage de chances de rester à la maison que d’être retenu.
« Honnêtement, je ne sais pas si je vais y aller. Je dirais que j’ai plus de chances de ne pas y aller que d’y aller. Ça me fait mal. »
Le joueur reconnaît lui-même la concurrence particulièrement forte à droite en Espagne et estime que certains de ses concurrents ont affiché davantage de régularité cette saison.
Mais Alonso soulève également un élément intéressant : le choix d’une sélection ne dépend pas uniquement du classement ou des résultats individuels.
Selon lui, le sélectionneur doit prendre en considération d’autres critères pour construire son équipe.
« Ce qui va déterminer si tu y vas ou non, ce n’est pas seulement ton jeu. »
Une situation qu’il avait déjà connue lors du précédent Mondial et qu’il semble aujourd’hui accepter avec davantage de recul.
« J’essaie d’être le meilleur joueur possible, la meilleure personne possible. […] Cela dépend tellement peu de moi que j’essaie de ne pas trop me prendre la tête avec ça. »
« Quoi qu’il fasse, le sélectionneur aura raison et tort »
La concurrence espagnole est telle que les deux joueurs comprennent aussi pourquoi la liste définitive tarde à tomber.
Pour Goñi, c’est même plutôt bon signe : « Cela signifie qu’il y a beaucoup de très bonnes options. »
Alonso résume la situation avec une formule :
« Quoi qu’il fasse, il aura raison et il se trompera. »
Avant de penser définitivement au maillot espagnol, Alonso et Goñi ont cependant encore un rendez-vous majeur à Paris.
En quarts de finale, la tête de série 12 retrouvera Alejandro Galán et Federico Chingotto, tête de série 2.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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