À seulement 18 ans, Jérémy Robert a découvert le Paris Major 2026 avec une wild card aux côtés de Yoan Boronad. Malgré l’élimination dès le premier tour, le jeune Français est ressorti de Roland-Garros avec des certitudes sur son niveau et celui de sa nouvelle paire. De la wild card aux ambitions internationales, en passant par Timéo Fonteny et l’équipe de France, il se confie à Padel Magazine.
« Jouer ici aussi tôt, je ne l’imaginais peut-être pas »
Padel Magazine : Il y a encore quelques années, tu étais joueur de tennis. Tu t’imaginais déjà jouer un jour à Roland-Garros ?
Jérémy Robert : Je me le suis imaginé, mais peut-être pas maintenant parce que, franchement, ça a été rapide. C’est un rêve de jouer ici. Je me suis toujours dit qu’un jour j’aimerais jouer à Roland-Garros. Mais aussi tôt, peut-être pas. Maintenant que je suis là, je suis très content. C’est vraiment un régal et l’endroit est magnifique.
« Avec Yoan, on est complémentaires »
Tu disputais ce Paris Major avec Yoan Boronad, avec qui tu vas poursuivre jusqu’à la fin de la saison. Comment se passe cette association ?
Très bien. On s’entend très bien. On avait déjà joué ensemble il y a trois ou quatre mois et maintenant on se retrouve sur les tournois. Ça se passe vraiment bien, on s’entend très bien sur la piste et on est complémentaires. Moi, je kiffe jouer avec lui. Je pense qu’on forme une bonne paire.
Votre Paris Major s’arrête au premier tour, mais vous n’étiez pas si loin de faire basculer le match…
Oui, il y a un peu de frustration. Mais on est aussi contents de pouvoir jouer ce genre de matchs et d’accrocher une paire de ce niveau. On aurait évidemment aimé gagner. Dans le premier set, on a notamment une balle de 7-5. On n’est vraiment pas loin.
Je suis ressorti un peu frustré du match, mais aussi très content d’avoir pu jouer sur un court comme celui-là et de prendre autant de plaisir.
« On est capables de battre des paires du top 60 ou 70 »
Ce match vous montre-t-il que Boronad / Robert peut déjà aller chercher des joueurs installés autour du top 60 ou 70 mondial ?
Oui, franchement, on en est capables. C’est l’objectif : aller battre des paires de ce niveau-là. Je pense qu’on peut déjà en gagner aujourd’hui. Maintenant, il va falloir travailler et surtout le prouver en compétition.
Le problème, c’est qu’on n’a pas souvent l’occasion de s’entraîner face à ce niveau. Les joueurs autour de la 60e place mondiale sont principalement Espagnols ou Argentins. Pour les affronter régulièrement à l’entraînement, il faudrait aller en Espagne.
La défaite de Marnes-la-Coquette vite évacuée
Quelques jours avant Roland-Garros, vous aviez connu une déception au FIP Bronze de Marnes-la-Coquette. Cela pouvait-il peser avant le Major ?
Non. Moi, ça ne m’a pas trop affecté. On a essayé d’oublier rapidement ce match. On était un peu dans le dur, mais on s’est vite reconcentrés sur Roland-Garros parce qu’on savait qu’un match très important nous attendait. Il fallait passer à autre chose pour ne pas rester frustrés ou se démotiver.
« On méritait cette wild card »
La présence de Robert / Boronad dans le tableau principal faisait partie des choix forts réalisés autour des invitations françaises pour ce Paris Major. Un sujet qui avait forcément pris une dimension particulière quelques jours avant Roland-Garros.
Est-ce que cette wild card vous mettait une pression supplémentaire ? Celle de devoir montrer que vous la méritiez ?
Non, de notre côté, je ne pense pas. Personnellement, je ne me suis pas dit ça du tout. Je savais qu’on la méritait. On méritait cette wild card.
En revanche, je pense que cela pouvait représenter un petit challenge supplémentaire pour ceux qui ne l’avaient pas obtenue. Une sorte de revanche, l’envie de montrer qu’eux aussi auraient mérité cette invitation. Ça peut forcément motiver et booster. Mais personnellement, je ne me suis pas mis de pression par rapport à ça.
« Timéo est encore au-dessus »
Tu fais partie de cette nouvelle génération française avec notamment Timéo Fonteny. As-tu le sentiment d’avoir aujourd’hui comblé le retard qui pouvait exister avec lui ?
Je le rattrape de plus en plus, mais je ne vais pas dire que je suis à son niveau. Il est encore au-dessus.
Avec Timéo, on aime beaucoup se taquiner là-dessus. Mais je suis lucide. Quand je vais m’entraîner à Palavas, dans la diagonale, je ne gagne pas beaucoup contre lui ! Il est très fort.
Qu’est-ce qui te manque encore par rapport à lui ?
Physiquement, c’est une machine. Il est très fort. De mon côté, je dois encore progresser physiquement et continuer à travailler tous mes coups. Il faut continuer à bosser.
Boronad / Robert au moins jusqu’à la fin de l’année
Avec Yoan Boronad, vous avez déjà décidé de rester ensemble jusqu’à la fin de la saison. Les prochains résultats ne changeront donc rien ?
Oui. On s’est dit que, quoi qu’il arrive, on jouerait ensemble jusqu’à la fin de l’année. Ce ne sont pas quelques résultats dans les prochaines semaines qui feront qu’on arrêtera.
Pour l’année prochaine, on fera un point à la fin de la saison. On regardera comment on s’est sentis sur la piste, comment cela a fonctionné, les résultats évidemment, mais surtout si on continue à prendre du plaisir ensemble.

« Intégrer l’équipe de France, c’est un objectif »
Après cette première expérience au Paris Major, Jérémy Robert regarde désormais vers un autre objectif majeur : une première sélection en équipe de France seniors.
Tu penses forcément aux prochains Championnats du monde ?
Oui, j’y pense. Franchement, c’est l’un des objectifs de cette année : intégrer l’équipe de France. J’aimerais vraiment.
J’ai fait des preuves, mais ce n’est pas terminé. Jusqu’à la sélection, il va falloir continuer à travailler et à prouver. Ce n’est pas parce que j’ai réalisé certaines choses que ma place est acquise.
Pablo Ayma t’a-t-il déjà parlé de cette éventuelle sélection ?
Pas directement concernant le Mondial. Mais lors du stage, il m’a dit que j’avais bien joué et qu’il était content de ce que j’avais montré.
Donc oui, je pense vraiment beaucoup à ce Mondial. J’espère vraiment intégrer l’équipe de France cette année.
« On peut aller chercher la médaille de bronze »
Et si tu fais partie des huit sélectionnés, jusqu’où cette équipe de France peut-elle aller ?
On va se battre pour aller chercher la médaille de bronze, la meilleure place possible. Je pense qu’on peut aller la chercher.
Il faudra faire de grosses rencontres et gagner de gros matchs, mais je pense qu’on en est capables avec les joueurs qu’on a actuellement.
Ce serait vraiment un kiff absolu d’aller chercher cette médaille de bronze.
Son équipe de France idéale
Invité enfin à se mettre dans la peau du sélectionneur et à composer lui-même un groupe de huit joueurs, Jérémy Robert n’a pas esquivé.
Il commencerait par les cinq Français présents dans le tableau principal du Paris Major : Dylan Guichard, Thomas Leygue, Timéo Fonteny, Yoan Boronad et lui-même.
Pour compléter son groupe, le jeune Français choisirait Bastien Blanqué, Maxime Joris et Johan Bergeron.
Une sélection évidemment personnelle, mais qui illustre aussi la concurrence qui s’installe entre plusieurs générations du padel français à l’approche des prochaines échéances internationales.
À seulement 18 ans et après quelques années seulement consacrées pleinement au padel, Jérémy Robert vient donc de franchir une nouvelle étape à Roland-Garros. La wild card du Paris Major lui a permis de se mesurer directement au niveau international qu’il souhaite désormais atteindre régulièrement.
Et son prochain objectif est déjà clairement identifié : convaincre le sélectionneur qu’il mérite, cette fois, une wild card qui n’en est plus une : une place parmi les huit Français appelés pour le Mondial.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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