À 42 ans, Sanyo Gutiérrez n’a rien perdu de sa lucidité sur le padel professionnel. À l’occasion de la présentation de la nouvelle collection StarVie 2027, l’Argentin s’est longuement confié à nos confrères de Mundo Deportivo. Son avenir, le niveau du circuit, les balles, la situation économique des joueurs ou encore les prochains Championnats du monde : le « Mago » n’a éludé aucun sujet. Morceaux choisis.
À 42 ans, Sanyo se sent toujours capable de rivaliser
La retraite ? Pas encore. Sanyo Gutiérrez estime toujours avoir le niveau pour gêner les meilleurs, même face à une génération qui compte parfois plus de vingt ans de moins que lui.
Cette saison lui a d’ailleurs offert quelques belles performances. Il cite notamment Cancún, où il avait réussi à battre Fede Chingotto / Ale Galán en deux sets. Une performance qu’il valorise davantage que sa demi-finale à Pretoria, où plusieurs forfaits avaient ouvert son tableau.
L’Argentin ne cache d’ailleurs pas son ambition de poursuivre encore quelques années, lui qui a déjà évoqué l’idée de jouer jusqu’à 45 ans.
« Les deux premières paires ont fait la différence »
Avec son expérience, Sanyo porte un regard assez critique sur la hiérarchie actuelle du circuit. Pour lui, le problème ne vient pas uniquement du niveau affiché par les meilleures paires : celles qui les poursuivent doivent également parvenir à élever leur niveau.
Il se souvient notamment de 2017, lorsque plusieurs associations se partageaient les principaux titres. Une situation différente aujourd’hui, où les deux meilleures paires ont pris de l’avance.
« Les deux paires de devant ont un très gros niveau, mais celles de derrière doivent encore progresser. »
Sanyo aimerait ainsi voir davantage de surprises, notamment lors des premiers tours, afin d’éviter une trop grande monotonie dans les résultats.
Des balles beaucoup trop rapides selon lui
Autre sujet sur lequel le « Mago » ne mâche pas ses mots : les balles utilisées actuellement. Sanyo considère qu’elles ont contribué à modifier profondément le jeu.
Selon lui, les conditions sont devenues trop rapides sur une grande partie des tournois et l’équilibre qui existait auparavant entre différents types de balles a disparu.
L’Argentin estime qu’avant 2022, les conditions permettaient davantage de construire les points et de véritablement « jouer au padel ». Il souhaiterait donc voir certaines compétitions utiliser des balles permettant de ralentir le jeu.
« Le numéro 30 mondial ne peut pas devoir donner des cours pour survivre »
C’est probablement l’un des passages les plus forts de l’entretien. Alors que le développement international du padel est régulièrement mis en avant, Sanyo Gutiérrez invite à regarder également la situation économique des joueurs professionnels.
Pour lui, la croissance du sport ne peut pas être considérée comme totalement réussie si des joueurs classés autour de la 30e ou 35e place mondiale ne peuvent pas réellement vivre de leur carrière.
« Je préfère que le padel grandisse moins, mais que le numéro 30 mondial puisse en vivre. »
Il pointe notamment le cas de joueurs qui envisagent d’arrêter la compétition parce qu’il peut devenir financièrement plus intéressant de donner des cours. Une situation qu’il juge difficilement compatible avec les ambitions affichées par un sport en pleine expansion.
Yanguas, celui qui lui ressemble le plus
Interrogé sur la nouvelle génération, Sanyo voit en Mike Yanguas certaines similitudes avec son propre jeu.
Il apprécie notamment sa capacité à organiser le jeu depuis la droite et estime que l’Espagnol possède les qualités pour devenir encore plus déterminant. Avec son envergure, Yanguas peut également défendre certaines zones que Sanyo reconnaît lui-même avoir eu davantage de difficultés à couvrir.
Et s’il pouvait récupérer une seule arme chez un joueur actuel ? Plusieurs options lui viennent à l’esprit : les changements de rythme de Martín Di Nenno, la volée d’Ale Galán ou encore le smash d’Agustín Tapia. Mais son choix final se porte sur la puissance de Leo Augsburger.

Cinq Argentins déjà incontournables pour le Mondial
Forcément, à quelques semaines des Championnats du monde 2026, la sélection argentine occupe une place importante dans les discussions.
Sanyo ne cache pas son envie d’en être. Il estime que son physique lui permet encore de disputer ce type de compétition et qu’il possède toujours le niveau nécessaire pour tenir sa diagonale lors d’une rencontre internationale.
« Si je suis convoqué, je serai très heureux. J’adore représenter mon pays. »
S’il devait construire la sélection argentine aujourd’hui, le « Mago » ne donnerait pourtant que cinq noms certains : Agustín Tapia, Fede Chingotto, Leo Augsburger, Franco Stupaczuk et Martín Di Nenno.
Pour les trois dernières places, Sanyo préfère attendre. Au-delà du niveau de jeu, il insiste sur la dimension émotionnelle d’un Mondial et sur la capacité à gérer la pression lorsque tout peut se décider sur une seule rencontre.
Sanyo donne l’Espagne favorite face à l’Argentine
Et lorsqu’on lui demande de mesurer le rapport de forces entre les deux grandes nations du padel mondial, l’Argentin se montre très clair.
« Je dirais 70-30 en faveur de l’Espagne. Ils ont une sélection complètement folle et un niveau très élevé. »
Un constat assez fort venant d’un joueur qui a porté pendant des années le maillot argentin.
Sanyo s’est également exprimé sur le casse-tête espagnol. Pour compléter les joueurs de gauche, il apprécie Aimar Goñi, mais rappelle l’importance de l’expérience de Momo Gonzalez, déjà habitué aux Championnats du monde et aux rencontres sous pression.
Entraîneur après sa carrière ?
Enfin, Sanyo commence déjà à réfléchir à l’après. Une carrière d’entraîneur pourrait le tenter lorsqu’il décidera de ranger définitivement la pala.
Il reste néanmoins prudent. Comprendre le padel est une chose, estime-t-il, mais réussir à transmettre ses idées, comprendre les émotions d’un joueur et l’accompagner depuis le banc en est une autre.
Une voie qu’il aimerait au moins essayer. Mais avant cela, le « Mago » semble encore avoir quelques tours dans son sac sur la piste.
Interview originale réalisée par Javier Corrales pour Mundo Deportivo.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !






































































































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