La course aux wild cards du Paris Major mérite une nouvelle lecture. La liste publiée pour le tournoi parisien présente manifestement un décalage dans plusieurs associations françaises : Manuel Vives joue bien avec Olivier Guy de Chamisso, tandis que Yanis Muesser est associé à Arthur Hugounenq.
Une correction importante, car elle transforme complètement le dossier Guy de Chamisso. Il n’est finalement pas associé à un joueur étranger expérimenté, mais au champion de France 2025 Manuel Vives. Et cette paire 100 % française, bien plus logique, rassemble plusieurs critères susceptibles de peser dans les choix de la FFT : jeunesse, CNE, expérience internationale et résultats.
Surtout, cette association n’est pas théorique : Vives / Guy de Chamisso viennent de disputer ensemble le FIP Gold de Belgrade, où ils sont sortis des qualifications avant de s’incliner dans le tableau principal face à Alejandro Ruiz / Javier Garcia.
Vives / Guy de Chamisso : le mélange presque idéal pour la FFT ?
Le dossier prend forcément une autre dimension.
À 26 ans, Manuel Vives possède déjà une vraie expérience internationale. Sa trajectoire a été freinée, mais le Français revient progressivement vers son meilleur niveau. Sa saison 2026 montre d’ailleurs une activité importante sur le circuit international, avec notamment un titre au FIP Bronze de Singapour, une demi-finale à Samui et des quarts à Narbonne et Jersey.
Mais Vives apporte surtout une légitimité particulière sur le plan national : il est champion de France en titre, après son sacre 2025 aux côtés de Dylan Guichard.
À ses côtés, Olivier Guy de Chamisso représente presque l’autre extrémité du projet : 17 ans et l’un des principaux espoirs du padel français.
Son année 2026 a confirmé son changement de dimension. Avec Jérémy Robert, il a remporté en mai le FIP Bronze de Marnes-la-Coquette, son premier titre sur le FIP Tour. Les deux Français avaient notamment sauvé une balle de match dès leur premier tour avant de remporter la finale 6/3 6/4.
Guy de Chamisso avait également remporté quelques semaines auparavant le tournoi U18 du FIP Promises de Saint-Priest, toujours avec Robert.
Mais il existe surtout un élément qui pourrait compter au moment des arbitrages : le CNE.
Le CNE et Roland-Garros : difficile d’ignorer le symbole
Olivier Guy de Chamisso faisait partie de la première promotion du Centre National d’Entraînement padel de Vichy.
Et lorsqu’on revient aux mots employés par la FFT lors de l’inauguration du CNE, le symbole devient particulièrement intéressant.
La Fédération expliquait vouloir faire de cette structure un outil pour permettre aux meilleurs jeunes Français d’atteindre le très haut niveau. Gilles Moretton avait même formulé un souhait très précis : voir prochainement l’un de ces jeunes jouer l’Alpine Paris Major à Roland-Garros. Guy de Chamisso faisait partie des douze premiers pensionnaires présentés ce jour-là.
Un an plus tard, le voilà précisément candidat à une invitation pour ce tournoi.
Difficile de trouver scénario plus directement lié au projet fédéral.
Mais Blanqué / Joris ont de solides arguments
Cela ne signifie absolument pas que la route soit dégagée.
Car Bastien Blanqué / Maxime Joris présentent eux aussi un dossier particulièrement cohérent.
Sur la liste transmise pour le Paris Major, ils apparaissent en 21e position de la liste d’attente.
Blanqué reste l’un des cadres du padel français et possède une expérience internationale que très peu de Tricolores peuvent revendiquer.
À ses côtés, Maxime Joris n’a que 25 ans.
C’est un point important lorsqu’on évoque la politique jeunesse de la FFT. L’avenir du padel français ne peut pas nécessairement se résumer aux joueurs passés par le CNE, structure encore très récente. Joris appartient à une génération qui n’a tout simplement pas pu bénéficier du même dispositif.
À 25 ans, il peut encore représenter l’équipe de France pendant de nombreuses saisons.
La comparaison devient donc beaucoup plus équilibrée qu’elle ne pouvait le paraître initialement.
| Blanqué / Joris | Vives / Guy de Chamisso | |
|---|---|---|
| Paire française | 100 % française | 100 % française |
| Expérience | Très importante | Importante avec Vives |
| Équipe de France | Blanqué, cadre des Bleus Joris, team France | Vives, champion de France 2025 Vives, Team France |
| Carte jeunesse | Max Joris, 25 ans | Guy de Chamisso, 17 ans Manuel Vives, 26 ans |
| CNE | — | Guy de Chamisso |
| Dynamique récente | Expérience du circuit | Association déjà testée à Belgrade |
| — | — | — |
Et cette fois, impossible de départager les deux dossiers simplement sur la nationalité du partenaire : les quatre joueurs sont Français.
Et si le véritable levier se trouvait ailleurs ?
Il existe cependant une autre manière d’aborder le problème.
Pourquoi utiliser une invitation pour les qualifications sur une paire qui y figure déjà directement grâce à son classement ?
Dans la liste officielle arrêtée au 25 août, Dylan Guichard / Clément Geens sont quatrième paire des qualifications, tandis que Thomas Leygue / Jesús Moya sont huitièmes.
La FFT pourrait donc choisir de ne pas toucher à ces deux associations et d’utiliser ses invitations pour faire entrer davantage de Français qui se trouvent actuellement en attente.
Cette stratégie ouvrirait potentiellement la porte à Blanqué / Joris ET Vives / Guy de Chamisso, plutôt que d’obliger la Fédération à choisir immédiatement entre les deux.
Mais cela déplacerait le problème vers le tableau principal.
Guy de Chamisso directement dans le tableau principal : déjà le bon moment ?
C’est probablement ici que la réflexion devient la plus intéressante.
Une wild card en qualifications pour Vives / Guy de Chamisso s’inscrirait assez naturellement dans la politique actuelle de la FFT : un champion de France associé à l’un des principaux jeunes issus de son CNE.
Une invitation directement dans le tableau principal du Paris Major serait beaucoup plus symbolique.
À 17 ans, Guy de Chamisso vient certes de remporter son premier FIP et accumule désormais les expériences internationales. La FIP elle-même le présentait avec Jérémy Robert comme l’un des principaux jeunes talents français après leur victoire à Marnes.
Mais faudrait-il pour autant le propulser directement dans le tableau principal de Roland-Garros ?
Surtout lorsqu’un Thomas Leygue ou un Dylan Guichard, aujourd’hui davantage installés sur le circuit international, pourraient également prétendre à cette promotion depuis les qualifications.
La question n’est donc peut-être plus seulement : qui mérite une wild card ?
Elle devient : à quel niveau faut-il utiliser chaque wild card ?
Une équation française beaucoup plus ouverte qu’elle n’y paraît
Et il reste encore d’autres dossiers.
Yoan Boronad / Jérémy Robert apparaissent en 20e position de la liste d’attente, juste devant Blanqué / Joris. Deux jeunes Français réunis : là encore, le profil correspond parfaitement à une politique de préparation de l’avenir.
Timéo Fonteny / Nacho Moragues apparaissent encore plus haut, en 11e position.
La FFT dispose donc de plusieurs leviers et surtout de profils très différents : les joueurs déjà qualifiés, les cadres des Bleus, les champions de France, les jeunes du CNE et les nouvelles générations qui progressent rapidement sur le circuit international.
Et la correction concernant Vives / Guy de Chamisso rend finalement la situation beaucoup plus logique… mais peut-être aussi beaucoup plus serrée.
Car cette paire possède désormais presque tout ce que pourrait rechercher la Fédération : 100 % française, un champion de France, un joueur de 17 ans issu du CNE et une association qui vient déjà de se tester au niveau FIP Gold.
Face à elle, Blanqué / Joris peuvent répondre par l’expérience, la continuité avec l’équipe de France et un Maxime Joris qui, à seulement 25 ans, appartient lui aussi à l’avenir du padel tricolore.
L’annonce officielle des wild cards, attendue en début de semaine, permettra enfin de connaître la hiérarchie choisie par la FFT.
Et peut-être surtout de répondre à une question : pour préparer l’avenir, la Fédération privilégiera-t-elle ceux qu’elle accompagne depuis le début de son nouveau projet… ou également ceux qui se sont imposés par une autre voie ?
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.































































































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