C’est l’une des surprises de ces seizièmes de finale du Madrid P1. Edu Alonso et Aimar Goñi, tête de série 12, ont été éliminés dès leur entrée en lice par José Solano Marmolejo et Ramiro Pereyra, issus des qualifications. Les Espagnols avaient pourtant remporté le premier set avant de voir leurs adversaires renverser la rencontre : 3/6 6/3 6/4.

Une contre-performance qui prend une dimension particulière à deux mois du Mondial 2026 à Doha, alors que la composition de la sélection espagnole reste très attendue. Alonso et Goñi font justement partie des joueurs susceptibles de venir bousculer la hiérarchie pour décrocher l’une des huit places.

Solano / Pereyra prennent leur revanche

La surprise est d’autant plus importante qu’Alonso / Goñi avaient dominé cette même paire moins d’un mois auparavant.

En huitièmes de finale du London P1, la tête de série 11 s’était imposée nettement 6/2 6/3 face à Solano / Pereyra, avant de pousser Paquito Navarro et Martín Di Nenno jusqu’au troisième set en quarts de finale.

À Madrid, le rapport de force s’est inversé. Solano et Pereyra, encore une fois issus des qualifications, ont cette fois réussi à faire tomber Alonso et Goñi malgré la perte du premier set.

Pour les deux Espagnols, le tournoi s’arrête donc dès les seizièmes de finale.

Edu Alonso veut sa place avec l’Espagne

Cette élimination intervient surtout quelques jours après les déclarations d’Edu Alonso concernant le Mondial.

Le joueur espagnol ne cache pas son ambition d’intégrer la sélection de Juanjo Gutiérrez et estime que le classement ne sera pas nécessairement le seul élément pris en compte au moment de choisir les huit joueurs.

Alonso a notamment rappelé sa situation d’il y a deux ans : il était alors mieux classé qu’Álex Ruiz, finalement retenu avec l’Espagne. Une expérience qui lui fait dire aujourd’hui que « le niveau de jeu n’est pas le seul critère » dans une sélection.

Le Valencien fait partie des nombreuses options dont dispose l’Espagne à droite. Et dans une sélection où la concurrence est particulièrement forte, les performances réalisées dans les dernières semaines précédant l’annonce de la liste pourraient forcément compter.

Goñi, le pari d’Arturo Coello

Le cas Aimar Goñi est encore différent.

Sa progression et son profil très offensif en ont fait l’une des révélations espagnoles de ces derniers mois. À tel point qu’Arturo Coello l’a intégré à sa propre sélection idéale de huit joueurs pour représenter l’Espagne au Mondial 2026.

Le numéro 1 mondial avait retenu Goñi au détriment notamment de joueurs comme Javi Garrido, Javi Leal ou Momo González, preuve de la cote dont bénéficie actuellement le jeune Espagnol.

Évidemment, Coello n’est pas le sélectionneur. Mais son choix illustre bien le débat qui entoure actuellement Goñi : son classement ne le place pas nécessairement parmi les huit choix les plus évidents, mais son potentiel et ses caractéristiques peuvent en faire un profil intéressant dans une compétition par équipes.

Une défaite qui peut compter, sans être rédhibitoire

Il serait excessif de faire de cette élimination au Madrid P1 un tournant définitif dans la course au Mondial. Juanjo Gutiérrez ne construira évidemment pas sa sélection sur le résultat d’un seul tournoi.

Mais le problème pour Alonso et Goñi vient surtout de la concurrence.

L’Espagne dispose d’un réservoir considérable et seulement huit joueurs pourront être retenus pour Doha. Les choix devront donc se faire entre des joueurs qui évoluent pour beaucoup au plus haut niveau mondial.

Dans ce contexte, chaque grosse performance peut renforcer une candidature et chaque sortie prématurée laisser une ouverture à un concurrent.

Alonso et Goñi avaient marqué des points avec leur quart de finale à Londres. Leur élimination dès leur entrée en lice à Madrid constitue cette fois un coup d’arrêt.

Pas forcément de quoi leur fermer les portes de la sélection espagnole, mais certainement pas le résultat qu’ils espéraient au moment où la bataille pour les huit places au Mondial 2026 entre dans sa dernière ligne droite.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.