La FFT devrait dévoiler en début de semaine prochaine les wild-cards du Paris Major 2026. Chez les hommes, quatre invitations sont à distribuer : trois pour le tableau principal et une pour les qualifications.
Sur le papier, l’équation paraît simple. Elle l’est beaucoup moins lorsqu’on regarde la situation des Français. Dylan Guichard et Thomas Leygue sont déjà en qualifications, tandis qu’une impressionnante densité tricolore apparaît sur la liste d’attente.
La FFT devra donc choisir entre plusieurs logiques : faire monter directement ses meilleurs joueurs dans le tableau principal, récompenser des paires qui ont déjà prouvé leur valeur, préparer l’avenir ou tenter d’utiliser les quatre invitations pour permettre au plus grand nombre de Français de participer au Major.
Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, aller chercher des Français dans la liste d’attente ne signifie pas toujours faire de cadeau sportif.
Suite à une erreur de la FIP, à noter qu’Olivier Guy de Chamisso joue bien avec Manuel Vives. Yanis Muesser avec Arthur Hugounenq. La mise à jour se trouve ICI.

Trois wild-cards dans le tableau, une en qualifications
La liste officielle du Paris Major permet déjà de poser le cadre.
Le tableau principal masculin réserve trois places aux wild-cards, aux positions 42, 43 et 44. Une quatrième invitation est prévue pour compléter les 16 paires des qualifications.
Deux places de Special Exempt (SE) apparaissent également dans le tableau principal. Elles sont destinées, selon le règlement Premier Padel, à des paires empêchées de disputer les qualifications parce qu’elles sont encore engagées dans les derniers tours d’un tournoi éligible la semaine précédente. Leur éventuelle utilisation peut donc également avoir une incidence sur la composition définitive des listes.
C’est une raison supplémentaire pour rester prudent : à ce stade, on peut identifier les candidats français et les scénarios possibles, mais pas affirmer précisément quelle paire remontera automatiquement en cas de mouvement.
Guichard et Leygue : déjà en qualifications… mais candidats au tableau principal
Deux Français n’ont pas besoin d’invitation pour être certains de participer au tournoi.
Dylan Guichard, associé au Belge Clément Geens, constitue actuellement la 4e paire des qualifications (ts4 des previas).
Thomas Leygue, associé à l’Espagnol Jesús Moya, est lui aussi directement admis en qualifications, avec la 8e paire (ts8 des previas).
Difficile pourtant de ne pas les considérer comme deux candidats très sérieux aux trois wild-cards du tableau principal.
Guichard est installé depuis plusieurs saisons sur le circuit international et fait partie des références françaises actuelles. Il figure également dans la sélection française présente aux Jeux Méditerranéens 2026 aux côtés de Bastien Blanqué, Timéo Fonteny et Yoan Boronad.
Leygue possède, lui, un statut particulier. Longtemps numéro 1 français, il revient à fond les manettes après sa blessure. Son partenaire Jesús Moya est reconnu à l’international et la paire figure déjà dans la première moitié du tableau des qualifications.
Sportivement, une invitation pour le tableau principal se défend donc parfaitement dans les deux cas.
Mais est-ce forcément la meilleure utilisation possible de deux wild-cards ?
Les laisser jouer les qualifications : un pari qui pourrait se défendre
C’est ici que commence le véritable débat.
Guichard et Leygue sont déjà assurés d’être à Roland-Garros, au minimum en qualifications.
La FFT pourrait donc décider de ne pas utiliser deux de ses trois précieuses invitations au tableau principal pour des joueurs déjà présents dans le tournoi et de regarder plutôt vers la liste d’attente. D’autant qu’ils auront peut-être la possibilité de rentrer dans le tableau principal directement avec au surplus un bonus en terme de points.
Enfin, ce choix ne signifierait pas pour autant sacrifier le niveau sportif pour gonfler artificiellement le nombre de Français.
Car derrière, il y a du monde.
Beaucoup de monde.
Fonteny, Seurin, Bergeron, Boronad, Robert, Joris, Blanqué…
La liste d’attente masculine est particulièrement intéressante.
La première paire comprenant un Français est Timéo Fonteny / Nacho Moragues, actuellement 11e sur cette liste.
Puis viennent notamment :
Julien Seurin / Johan Bergeron, 17es ;
Yoan Boronad / Jérémy Robert, 20es ;
Maxime Joris / Bastien Blanqué, 21es.
Et il serait très réducteur de considérer ces joueurs comme de simples solutions de repli.
Fonteny et Boronad : deux joueurs déjà appelés chez les Bleus
Timéo Fonteny et Yoan Boronad représentent évidemment une partie de l’avenir du padel français, mais ils ne sont déjà plus seulement des espoirs.
Les champions de France juniors avaient reçu ensemble une wild-card pour le tableau principal du Paris Major 2025.
Un an plus tard, ils ont encore changé de dimension.
Tous deux ont été retenus par Pablo Ayma pour représenter la France aux Jeux Méditerranéens 2026, avec Guichard et Blanqué.
Les inviter cette année ne reviendrait donc pas seulement à « donner leur chance à des jeunes ». Ce sont désormais des joueurs qui entrent réellement dans les plans de l’équipe de France senior.
Boronad est cette fois associé à Jérémy Robert, autre jeune Français qui progresse sur le circuit international.
Fonteny évolue avec l’Espagnol Nacho Moragues.
Deux projets différents, mais deux candidatures qui ont une véritable logique sportive.
Blanqué et Bergeron : des piliers de l’équipe de France
À côté de la jeunesse se trouvent des joueurs dont le CV français parle de lui-même.
Bastien Blanqué et Johan Bergeron ont été pendant des années deux piliers de l’équipe de France.
Ils figuraient encore tous les deux dans la sélection française pour les Championnats d’Europe 2025, aux côtés notamment de Guichard, Fonteny, Joris et Boronad.
Blanqué est encore sélectionné pour les Jeux Méditerranéens 2026.
Et surtout, Roland-Garros ne leur est pas étranger.
En 2025, Blanqué/Bergeron avaient reçu l’une des trois wild-cards du tableau principal du Paris Major.
Un an auparavant, en 2024, ils avaient déjà été invités dans le tableau principal, tout comme Leygue/Piotto et Guichard/Geens.
Remettre Bergeron ou Blanqué dans le tableau ne serait donc certainement pas offrir une place à des joueurs sans références internationales.
Joris et Seurin, loin d’être des choix par défaut
Même constat pour Maxime Joris et Julien Seurin.
Joris faisait partie de l’équipe de France retenue pour les Championnats d’Europe 2025. Il avait également bénéficié, avec Manuel Vives, de la wild-card pour les qualifications du Paris Major 2025.
Seurin possède de son côté plusieurs saisons d’expérience internationale et forme cette année la paire inscrite avec Bergeron.
Et derrière, il y a encore beaucoup de Français
La densité tricolore ne s’arrête pas à Fonteny, Seurin, Bergeron, Boronad, Robert, Joris ou Blanqué. En descendant dans la liste d’attente, on retrouve encore de nombreux Français.
Manuel Vives, associé à Matteo Rosingana, apparaît en 24e position. Juste derrière figurent Olivier Guy de Chamisso / Vasco Pascoal (25es), Yanis Muesser / Samuel Alos (26es), Arthur Hugounenq / Karlos Rodriguez (27es), puis Thomas Vanbauce / Afonso Fazendeiro (29es), Nathan Courrin / Noé Navarro (31es) et encore Thomas Seux en 32e position.
Là encore, il ne s’agit pas simplement de joueurs venus compléter une liste. Vives, Muesser, Hugounenq ou Vanbauce possèdent déjà une expérience du circuit international, tandis que Guy de Chamisso ou Courrin font partie de cette nouvelle génération française qui cherche à se rapprocher progressivement du plus haut niveau.
Cela permet surtout de mesurer la profondeur actuelle du padel masculin français. Même en descendant assez loin dans la liste d’attente, on continue de retrouver des joueurs tricolores capables de présenter des arguments sportifs.
Et c’est aussi ce qui compliquera les choix de la FFT : avec seulement trois wild-cards pour le tableau principal et une pour les qualifications, il sera mathématiquement impossible de satisfaire tout le monde.
Et l’unique wild-card des qualifications dans tout ça ?
C’est peut-être elle qui sera la plus intéressante à observer.
Car le débat ne doit surtout pas s’arrêter aux trois invitations du tableau principal.
La FFT dispose également d’une wild-card pour les qualifications.
Et son utilisation dépendra forcément des trois premiers choix.
Si Guichard/Geens ou Leygue/Moya reçoivent une invitation pour le tableau principal avant l’établissement définitif des tableaux, leur situation dans la liste des qualifications évoluera et des mouvements pourront se produire derrière eux.
Le règlement Premier Padel prévoit justement des mécanismes d’actualisation des listes lorsqu’une paire obtient finalement sa place par une autre voie. Il autorise également le remplacement d’une wild-card lorsque la paire initialement choisie entre finalement dans le tableau par son classement.
En revanche, il serait prématuré d’affirmer aujourd’hui : « Guichard monte, donc Fonteny entre automatiquement en qualifications ». Ce n’est pas aussi mécanique, notamment en raison de l’ordre de la liste, des éventuels forfaits et des deux places de Special Exempt encore présentes dans le tableau principal.
La WC des qualifications pourrait devenir une véritable carte stratégique
Une chose est certaine : la FFT pourra utiliser cette invitation indépendamment de la hiérarchie de la liste d’attente.
Et les candidats français ne manquent pas.
Pourquoi pas Fonteny/Moragues, actuellement les mieux placés parmi les Français en attente ?
Pourquoi pas Seurin/Bergeron, pour privilégier l’expérience ?
Pourquoi pas Boronad/Robert, pour miser sur une paire jeune et tournée vers l’avenir ?
Pourquoi pas Joris/Blanqué, avec deux joueurs qui ont déjà fait leurs preuves au niveau international ?
Le choix dépendra également des wild-cards données directement dans le tableau. Une paire choisie à cet endroit ne sera évidemment plus candidate à celle des qualifications.
La FFT avait déjà privilégié plusieurs logiques en 2025
L’édition précédente montre d’ailleurs que la Fédération ne raisonne pas uniquement en fonction du classement international.
En 2025, les trois invitations masculines du tableau principal avaient été attribuées à :
Bastien Blanqué / Johan Bergeron,
Timéo Fonteny / Yoan Boronad,
Benjamin Tison / Maxime Forcin.
Et Maxime Joris / Manuel Vives avaient reçu l’invitation pour les qualifications.
La FFT avait donc mélangé expérience, équipe de France, jeunesse et choix sportifs.
Le cas Fonteny/Boronad est particulièrement révélateur : les deux jeunes avaient été directement propulsés dans le tableau principal alors que d’autres Français disposaient de davantage d’expérience internationale.
Faut-il privilégier les paires 100 % françaises ?
Un autre paramètre pourrait entrer dans la réflexion.
Guichard joue avec le Belge Geens. Leygue avec l’Espagnol Moya. Fonteny avec l’Espagnol Moragues.
À l’inverse, Seurin/Bergeron, Boronad/Robert et Joris/Blanqué sont trois associations 100 % françaises.
En termes de représentation nationale, l’équation est évidente : une wild-card donnée à une paire entièrement française fait entrer deux Tricolores, contre un seul pour une association franco-étrangère.
Mais l’historique du Paris Major montre clairement que ce n’est pas une règle.
En 2024, la FFT avait invité directement Leygue/Piotto et Guichard/Geens dans le tableau principal.
La nationalité du partenaire n’empêche donc absolument pas un Français d’obtenir une invitation.
Un problème de riche pour la FFT
C’est finalement peut-être la meilleure manière de résumer la situation.
Il y a quatre invitations masculines à distribuer, mais bien davantage de dossiers crédibles.
Guichard et Leygue peuvent légitimement prétendre au tableau principal.
Fonteny et Boronad incarnent une nouvelle génération qui est déjà appelée en équipe de France.
Blanqué et Bergeron ont été des piliers des Bleus et connaissent parfaitement le niveau international.
Joris a lui aussi porté le maillot tricolore et possède une expérience du circuit.
Seurin est installé depuis plusieurs saisons sur les compétitions internationales.
Robert fait partie des jeunes Français qui montent.
Choisir dans la liste d’attente ne signifie donc pas choisir des joueurs qui n’ont pas le niveau.
C’est précisément ce qui rend l’arbitrage passionnant.
La FFT peut choisir de donner les meilleures conditions possibles à Guichard et Leygue en les envoyant directement dans le tableau principal.
Elle peut aussi considérer qu’ils ont déjà leur place en qualifications et utiliser certaines invitations pour élargir la représentation française.
Ou tenter de combiner les deux stratégies : faire monter un ou deux Français déjà qualifiés, utiliser les places restantes sur d’autres projets tricolores et exploiter intelligemment la wild-card des qualifications en fonction des mouvements de la liste.
Sur le papier, aucune solution n’est parfaite.
Mais une chose paraît certaine : chez les hommes, la FFT n’aura pas à choisir entre quantité et qualité. Elle dispose aujourd’hui de suffisamment de joueurs compétitifs pour essayer d’obtenir les deux.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.
































































































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