Aimar Goñi continue de gagner du terrain sur le circuit professionnel. À seulement 20 ans, le Navarrais s’est installé dans le top 40 mondial et commence surtout à recevoir les compliments de joueurs qui connaissent parfaitement les exigences du très haut niveau. À Londres, Paquito Navarro a ainsi livré une analyse particulièrement élogieuse de celui qu’il venait d’affronter pendant plus de deux heures.
Il y a parfois des compliments qui pèsent davantage que d’autres. Ceux de Paquito Navarro, après son quart de finale du London Premier Padel P1 face à Edu Alonso et Aimar Goñi, appartiennent clairement à cette catégorie.
Avec Martín Di Nenno, l’Andalou a dû batailler trois sets pour écarter la tête de série 11 : 7/5 6/7 6/3. Un match qui a surtout permis à Goñi de confirmer qu’il pouvait désormais sérieusement bousculer les paires installées dans le haut du tableau.
« Il réduit énormément les espaces »
Interrogé après la rencontre, Paquito Navarro s’est longuement arrêté sur les qualités de son adversaire dans la diagonale.
« C’est un joueur incroyable. Je pense qu’il a un présent et un avenir énormes. Il frappe de partout, couvre énormément de terrain et il est vraiment très, très inconfortable pour ses adversaires. Il réduit énormément les espaces. »
Mais Paquito va plus loin. Ce qui semble particulièrement l’impressionner n’est pas uniquement la puissance de Goñi, mais sa capacité à imposer le type de match qu’il souhaite jouer.
« Il faut aussi avoir un peu de chance, prier pour qu’il se trompe sur certaines balles, parce que réussir à sortir le match de ce qu’il veut jouer est très difficile. Il met beaucoup de pression, vient beaucoup au contact, impose beaucoup en haut et te met sous pression avec sa volée. »
Avant cette conclusion qui résume assez bien le sentiment du Sévillan :
« À la fin, il ne te reste plus qu’à te concentrer sur toi, à bien faire ton travail et à voir s’il te donne une opportunité. Mais évidemment, jouer contre Goñi n’est une partie de plaisir pour personne, je peux te le garantir. »
Le portrait dressé par Navarro correspond parfaitement au profil du joueur. 1,90 m, gaucher de la diagonale de gauche, Goñi possède naturellement une couverture importante au filet et une capacité à terminer les points qui devient particulièrement problématique lorsqu’il réussit à s’installer vers l’avant.

La FIP le classe actuellement 36e mondial avec 1 910 points, son meilleur classement en carrière. Né à Pampelune le 13 octobre 2005, il n’a encore que 20 ans.
Et les chiffres commencent à donner du poids aux sensations.
Sur la seule saison 2026, la FIP lui attribue 25 victoires en 42 matchs, soit près de 60 % de rencontres gagnées. Surtout, Goñi ne se contente plus de franchir les premiers tours : il commence à apparaître régulièrement dans la deuxième partie des tournois.
Asunción, Málaga, Londres : Goñi frappe à la porte
Sa saison permet de mesurer la progression. Goñi a notamment atteint les demi-finales du P2 d’Asunción, les quarts du P2 de Bruxelles, puis les quarts du Málaga P1 et désormais ceux du London P1. Il s’est également offert un huitième de finale au Major de Rome.
À Málaga, avec Edu Alonso, il avait déjà envoyé un message en éliminant Coki Nieto / Jon Sanz, alors tête de série 5, sur le score de 6/3 3/6 6/3. Alonso / Goñi était alors la seule paire située hors du top 8 des têtes de série encore présente en quarts de finale.
À Londres, rebelote. La tête de série 11 a encore atteint les quarts, cette fois après avoir éliminé Santigosa / Sánchez puis Pereyra / Solano, avant de pousser Navarro / Di Nenno, tête de série 5, jusqu’au troisième set.
Ce n’est donc plus vraiment un coup isolé.
L’association avec Edu Alonso semble également parfaitement adaptée à ses caractéristiques. Alonso, joueur de droite de 25 ans et déjà solidement installé parmi les meilleurs Espagnols, apporte un profil plus construit et complémentaire à la puissance de son partenaire. La FIP le situait à la 16e place mondiale lors de sa dernière actualisation.

Goñi peut ainsi utiliser son envergure et sa puissance côté gauche sans avoir constamment à forcer le jeu.
Et c’est peut-être précisément ce que Paquito Navarro décrit lorsqu’il explique combien il est difficile de « sortir » Goñi du match qu’il souhaite installer. Lorsque le Navarrais parvient à avancer, à fermer les angles et à prendre possession du filet, l’adversaire doit trouver des solutions avant que l’échange ne se transforme en rapport de force.
Et maintenant, l’équipe d’Espagne ?
Forcément, à quelques mois du Mondial de Doha, sa progression pose également une autre question : jusqu’où peut-elle le conduire dans la hiérarchie espagnole ?
La concurrence est immense. Plusieurs joueurs habitués du très haut niveau peuvent prétendre aux places disponibles, et Goñi doit encore confirmer sur la durée face aux toutes meilleures paires du monde.

Mais son nom devient de plus en plus difficile à ignorer.
À 20 ans, avec un meilleur classement déjà porté à la 36e place mondiale, des quarts de finale en P1 et une demi-finale en P2 cette saison, Goñi est passé en quelques mois du statut de jeune joueur à suivre à celui d’adversaire que les têtes de série préfèrent éviter dans leur partie de tableau.
Et lorsqu’un joueur de l’expérience de Paquito Navarro explique qu’il faut presque espérer que Goñi vous « donne une opportunité », le message est assez clair.
Aimar Goñi n’est peut-être encore qu’au début de son ascension, mais sur le circuit, plus personne ne semble avoir envie de le découvrir de l’autre côté du filet.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.
































































































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