Sébastien Husser-Walther et Tony Boval restent les patrons du padel-fauteuil français. Les tenants du titre ont conservé leur couronne aux Championnats de France 2026 en dominant Kevin Piette et Matthias Bergs en finale, sur le score sans appel de 6/0 6/1.

Une finale maîtrisée qui confirme leur statut, mais qui ouvre surtout de nouvelles perspectives. Les deux Français veulent désormais jouer davantage ensemble et aller se mesurer régulièrement aux meilleures paires espagnoles. Avec une conviction : le padel-fauteuil français n’a jamais été aussi proche du niveau de référence mondial.

« On savait que la concurrence était un peu plus faible »

L’année dernière, le titre avait été acquis au terme d’un scénario beaucoup plus disputé. Cette fois, Husser-Walther et Boval ont traversé la finale avec autorité.

Sébastien Husser-Walther reconnaît que le contexte était différent :

« En arrivant ici, on savait que la concurrence était un peu plus faible que l’année dernière, avec Dorian Navarro et Laurent Giammartini qui ne sont pas là pour diverses raisons, et Nico Van Lerberg qui avait un partenaire qu’il ne connaissait pas. »

Mais encore fallait-il assumer ce statut sur le terrain.

« Hier en demi-finale, on gagne le premier set 6/4 et on ne joue pas terrible. Aujourd’hui, on a été, je pense, très propres. Eux, à l’inverse, ont fait beaucoup de fautes. Il y avait sûrement l’enjeu, mais peut-être aussi notre solidité qui les poussait à la faute. Ça s’est passé parfaitement pour nous. »

Pourquoi ne jouent-ils pas toujours ensemble ?

C’est l’une des particularités de cette paire. Malgré leur domination en France et leur complémentarité évidente, Tony Boval et Sébastien Husser-Walther ne disputent pas systématiquement les tournois ensemble.

Tony Boval explique cette volonté de varier les associations :

« On est assez libres dans notre petit groupe. On se dit que c’est bien aussi de partager des choses avec d’autres partenaires, pour voir des styles de jeu différents. »

Cela n’empêche pas les deux joueurs de très bien se connaître.

« On s’entraîne énormément ensemble, on se connaît par cœur. Je pense qu’on va se mettre plus souvent ensemble, surtout sur les tournois. Pas tous, mais on va jouer davantage ensemble. »

Une évolution importante au moment où les rendez-vous internationaux se multiplient.

Les clés tactiques du padel-fauteuil

Le padel-fauteuil possède ses propres caractéristiques tactiques. La position plus basse des joueurs et une mobilité différente changent notamment la construction des points.

Pour Sébastien Husser-Walther, l’objectif est avant tout de déplacer l’adversaire et de créer progressivement des espaces.

« En fauteuil, on est plus bas et moins rapides, donc on doit jouer principalement en fond de court. La clé, c’est de faire bouger la paire adverse, d’essayer de trouver des brèches. »

Cela peut passer par le centre, les extérieurs ou encore des balles plus courtes destinées à attirer l’adversaire vers l’avant.

« Le but, c’est vraiment d’essayer de faire bouger la paire et de trouver des brèches. Ensuite, on essaie de s’engouffrer. Et si ça ne marche pas, on reconstruit le point. »

Les smashs sont donc moins fréquents que dans le padel traditionnel et interviennent davantage comme une conclusion après un travail de construction.

L’australienne ? « Tout est faisable »

Autre interrogation apparue pendant la compétition : pourquoi les joueurs ne restent-ils pas systématiquement sur leur côté au service, en utilisant une organisation à l’australienne ?

Pour Tony Boval, il s’agit surtout d’une question de mobilité et de préférences individuelles.

« Ça dépend de la vitesse et de la réactivité du serveur. S’il sert très bien, roule très vite et arrive à se repositionner, clairement, c’est faisable. »

Mais le duo français possède un avantage : les deux joueurs sont capables d’évoluer des deux côtés.

« Nous, on a l’habitude de jouer des deux côtés. Moi, je peux très bien jouer à gauche et Seb à droite. Servir d’un côté et échanger à chaque fois, ça ne nous dérange pas du tout. »

Une polyvalence qui leur permet de ne pas être enfermés dans une seule organisation tactique.

Les Canaries avant un grand objectif international

Après ce nouveau titre de champions de France, Husser-Walther et Boval veulent désormais regarder au-delà des frontières françaises.

Une première échéance les attend prochainement aux Canaries, où un tournoi international doit leur permettre de se confronter à plusieurs références espagnoles.

« Dans un mois, un mois et demi, on va partir en Espagne, aux Canaries. Les Espagnols ont organisé un tournoi international. Là aussi, on va pouvoir se frotter aux meilleures paires espagnoles. »

Mais l’un des grands rendez-vous visés par les champions de France est le tournoi de padel-fauteuil annoncé dans le cadre de l’Alpine Paris Major.

« Ce sera le gros objectif, en plus des Championnats de France 2027. Le but, c’est de se frotter aux meilleures paires espagnoles et de voir si on se rapproche. »

À plus long terme, les ambitions sont encore plus élevées.

« Quand il y aura un circuit international avec des points et un classement, si on peut aller tout en haut du classement, on ne va pas se priver. »

« Les Espagnols voient qu’on arrive »

L’Espagne reste la référence mondiale du padel-fauteuil, mais contrairement à ce que l’on peut observer dans certaines autres catégories, l’écart avec les Français semble se réduire rapidement.

Tony Boval estime même qu’un cap a été franchi récemment.

« Il y a quelque temps, on était encore en dessous d’eux. On les accrochait, mais on n’arrivait pas encore à les ennuyer autant. »

Les dernières confrontations ont changé la perception.

« À Tarbes, nos joueurs français ont réellement inquiété les Espagnols. Nous, on a même réussi à battre une paire espagnole qui était numéro 2 chez eux. Maintenant, les Espagnols voient qu’on arrive. »

Et lorsqu’on lui demande où se situe aujourd’hui le padel-fauteuil français par rapport à l’Espagne, Tony Boval lance avec le sourire :

« On est aux portes. On rentre même dans la chambre. »

« Nous sommes probablement les plus proches du niveau espagnol »

Sébastien Husser-Walther va encore plus loin. Pour lui, le padel-fauteuil pourrait aujourd’hui être la catégorie française la plus proche de son équivalent espagnol.

« Je pense qu’on est la catégorie en France qui est la plus proche du niveau espagnol. Tony et moi avons battu leur paire numéro 2, mais Dorian et Nico les ont aussi battus. On est quatre joueurs à pouvoir prétendre les inquiéter. »

Et de conclure :

« Je pense que dans aucune catégorie d’âge ou de sexe en France, ils ne sont aussi proches de ce que font les Espagnols. »

Une déclaration ambitieuse, mais soutenue par les derniers résultats. Sébastien Husser-Walther et Tony Boval ont une nouvelle fois confirmé leur domination nationale. Désormais, leur véritable terrain de comparaison se situe de l’autre côté des Pyrénées.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.