Louise Bahurel et Lucile Pothier sont les premières finalistes des Championnats de France de padel 2026. La tête de série n°2 a parfaitement assumé son statut en demi-finale en dominant Manon Marcarie et Cassandra Senjean, 6/3 6/0.
Une victoire express face à une paire qui avait pourtant réalisé l’un des gros coups du tournoi quelques heures auparavant : Marcarie / Senjean avaient éliminé en quarts de finale Lou Lambert Agosti / Kimy Barla au terme de trois sets, 6/1 6/7 6/1.
Pour Bahurel et Pothier, l’objectif est atteint : elles seront bien présentes dimanche pour jouer le titre. Mais les deux Françaises le savent, une marche supplémentaire les attend en finale.
Après leur qualification, elles se sont confiées au micro de Padel Magazine sur leur demi-finale, leur parcours, leur statut d’outsiders pour le titre, mais également sur la situation particulière de Lucile Pothier, beaucoup moins présente sur le circuit international malgré sa sélection en équipe de France.
« On avait le statut de favorites »
Padel Magazine : Vous êtes en finale, là où vous vouliez être. Y avait-il malgré tout un peu de pression avant cette demi-finale ?
Louise Bahurel :
Un peu de pression, mais pas tant que ça. Après, on avait le statut de favorites, donc c’est toujours un peu spécial.
Sur le papier, on est censées gagner, donc forcément, cela peut être un peu plus stressant. Mais personnellement, j’étais surtout motivée.
Je trouve qu’on a joué de mieux en mieux au fil du tournoi. On était bien en jambes, motivées, on était en canne.
« Le tournoi a commencé depuis hier »
Padel Magazine : On pourrait presque avoir l’impression que votre tournoi commence réellement maintenant avec cette finale ?
Lucile Pothier :
Non, le tournoi a commencé depuis hier !
On s’était vraiment dit qu’on allait prendre les matchs les uns après les autres. Bien sûr, on avait comme objectif d’arriver en finale et d’aller chercher ce match contre Léa et Carla.
Mais on a vraiment fonctionné match après match.
Maintenant, on sait que demain, il y aura une marche supplémentaire.
« On arrive chaudes comme le feu »
Padel Magazine : Vous avez traversé le tableau avec des scores parfois très sévères. Est-ce que le fait de ne pas avoir été poussées dans vos retranchements peut être un désavantage avant une finale qui s’annonce beaucoup plus difficile ?
Louise Bahurel :
Est-ce qu’on arrive vraiment en finale sans être fatiguées ? Je ne pense pas.
On a quand même eu de l’adversité. Aujourd’hui, le premier set était accroché et ce matin, ce n’était pas si simple non plus.
Alors oui, les résultats et les scores peuvent paraître sévères, mais malgré tout, ce sont des matchs qu’on a dû jouer à 100 %.
Donc non, on arrive en finale, on est chaudes comme le feu.
Et maintenant, j’espère surtout qu’on aura un beau match.
Pothier explique pourquoi elle joue peu à l’international
Padel Magazine : Lucile, une question revient régulièrement à ton sujet : pourquoi ne te voit-on pas davantage sur le circuit international ?
Lucile Pothier :
C’est vrai que c’est une question qui revient souvent, donc je vais la clarifier.
Je suis partie pendant quatre ans aux États-Unis pour ma vie de tennis. Cela représentait déjà un investissement important et, lorsque je suis revenue en France, je voulais assurer mon avenir professionnel.
Pour moi, c’est important de garder un emploi à temps plein à côté.
Mon travail me permet d’aménager mon temps, mais aujourd’hui, combiner les tournois internationaux, les tournois français et mon activité professionnelle, c’est compliqué.
J’ai également connu une année un peu difficile sur le plan personnel.
Néanmoins, je m’entraîne trois fois par semaine à Esprit Padel avec François Authier et je fais du physique avec Bastien.
On me voit moins sur les tournois, mais je continue à m’entraîner régulièrement. C’est principalement pour cela que je suis moins présente en compétition.
« Je peux comprendre ces interrogations »
Padel Magazine : Tu comprends ceux qui se demandent pourquoi tu es sélectionnée alors que d’autres joueuses sont présentes toute l’année sur le circuit international ?
Lucile Pothier :
Oui, effectivement, je peux comprendre ces retours-là. C’est logique.
Il y a d’autres filles qui jouent sur le circuit toute l’année et qui obtiennent de très bons résultats.
Après, ce n’est pas moi qui prends la décision finale.
Je pense que, sur les dernières échéances, j’ai montré que j’arrivais à répondre présente. Lors de mes deux dernières sélections en équipe de France, on est tombées sur des matchs décisifs et j’ai montré que je pouvais être là dans ces moments.
Il y a également eu le stage de l’équipe de France où, de mon côté, je pense que cela s’est bien passé. Cela a peut-être aussi compté.
Après, j’entends les remarques. Je suis moins présente sur les réseaux sociaux, je joue moins de tournois, donc forcément, on me voit moins et cela peut faire parler.
Mais la décision appartient au sélectionneur.
Godallier / Touly, la finale attendue ?
Bahurel et Pothier doivent désormais attendre de connaître officiellement leurs adversaires pour la finale.
La logique du tableau place Léa Godallier et Carla Touly comme les grandes favorites de l’autre demi-finale.
Un éventuel duel entre les deux premières têtes de série placerait cette fois Bahurel et Pothier dans une situation très différente.
Après avoir assumé leur statut de favorites pendant une grande partie du tournoi, elles deviendraient les outsiders.
Padel Magazine : Louise, beaucoup voient Léa et Carla largement favorites si vous les retrouvez en finale. Tu trouves cela logique ?
Louise Bahurel :
Oui, ça a du sens que les gens pensent comme ça. Ils n’ont pas forcément tort.
On n’est pas favorites.
Léa est autour de la 50e place mondiale, Carla joue très bien et elle est dans le top 100. Sur le papier, ce sont des filles qui sont beaucoup mieux classées que nous.
Donc non, ce n’est pas faux de dire qu’elles seraient favorites.
« On va d’abord profiter de cette victoire »
Padel Magazine : Est-ce que vous avez déjà commencé à réfléchir tactiquement à cette finale ?
Louise Bahurel :
Non, on n’en a pas encore parlé.
Là, je pense qu’on va aller se doucher, boire un coup et profiter un peu !
Peut-être qu’on en parlera ce soir ou demain matin. On vient juste de sortir du match.
On va d’abord essayer de profiter de cette victoire, puis on préparera la finale tranquillement, à tête reposée.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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