DEM n’est pas simplement un nom de marque tiré au hasard. Ce sont les initiales de « Disfruta El Momento », qui signifie « Profite Du Moment » en espagnol. Un nom qui résume finalement assez bien la philosophie de son fondateur, Thimoté Fernandez, marqué par ses années passées en Espagne et par sa découverte du savoir-faire artisanal local.

Derrière DEM Padel, l’idée est donc autant de proposer des raquettes performantes et durables que de retrouver le plaisir de chaque frappe et de profiter pleinement du jeu.

Avec sa collection 2026, DEM Padel entend justement aller plus loin. La marque française dévoile trois nouvelles références baptisées Aire, Agua et Fuego, trois modèles qui reprennent les éléments primordiaux de la nature pour construire une gamme cohérente, mais dont les personnalités sur la piste sont bien différentes.
Après plusieurs heures passées à les tester, voici ce qu’il faut retenir de ce nouveau trio.

Une nouvelle identité pour une nouvelle étape

Pour 2026, DEM modifie son identité visuelle avec un logo repensé. L’ancien symbole s’efface au profit d’un emblème particulièrement neutre et dépouillé. Un choix très basique qui va à l’essentiel : la marque privilégie la lisibilité brute sans s’encombrer d’artifices visuels.

En y regardant de près, ce nouveau picto s’appuie sur une géométrie très évocatrice. Il s’agit d’un « D » stylisé dont les lignes courbes et acérées rappellent la trajectoire fluide d’un swing de padel, la vitesse d’accélération en tête et la prise d’effet. Sa forme effilée fait également écho aux éléments de la nature : la volute du vent (Aire), le mouvement d’une vague (Agua) ou la pointe d’une flamme (Fuego).

DEM ne cherche pas à cacher ses origines. Sur le cadre de chacune des trois raquettes, la mention « Made in Spain » s’affiche fièrement. En effet, si la grande majorité des raquettes du marché mondial est aujourd’hui manufacturée en Asie sans que cela soit mauvais en soi, le Made in Spain bénéficie de process renforcés et d’un cahier des charges d’une grande rigueur. Les ateliers locaux imposent des vérifications visuelles humaines à chaque étape clé de l’assemblage, afin de détecter et de corriger rapidement le moindre défaut éventuel. Au-delà du symbole, la fabrication espagnole apporte un contrôle qualité particulièrement rigoureux, tout en privilégiant un savoir-faire local et un circuit de production court.

La collection 2026 s’articule ainsi autour de trois éléments phares : Aire, Agua et Fuego. L’ambition de DEM Padel dépasse le simple changement de coloris : la marque propose trois univers et trois philosophies de jeu bien distinctes. Aire privilégie la légèreté, la liberté de mouvement et la maniabilité. Agua mise sur la fluidité, l’adaptation et la polyvalence. Fuego, de son côté, assume pleinement son tempérament offensif, avec davantage de stabilité et une recherche évidente de puissance.

Une série profondément cohérente où chaque pala possède sa propre personnalité, permettant à chaque joueur de trouver l’arme idéale selon ses sensations et son style de jeu. Et c’est justement sur la piste que ces différences deviennent les plus passionnantes à observer !

Une base technique commune, trois personnalités

Malgré leurs différences de caractère, les trois palas partagent des bases techniques communes particulièrement cohérentes. DEM a retenu un moule en forme de goutte d’eau, un choix qui permet de trouver un équilibre intéressant entre maniabilité, contrôle et capacité d’accélération. On est donc loin d’une forme ronde exclusivement orientée vers le contrôle, mais également d’un diamant radicalement tourné vers la puissance. Une géométrie intermédiaire qui laisse justement aux autres composants le soin de donner leur véritable personnalité aux trois modèles.

Toutes trois bénéficient de faces en Carbone 3K apparent, dont le tissage taffetas est immédiatement identifiable à son motif en damier régulier. Cette armure toile offre une construction homogène du composite et participe à la stabilité, à la rigidité et à la réactivité du tamis, tout en apportant la résistance que l’on attend d’une surface en carbone. Visuellement, c’est également un vrai plus : le carbone apparent donne aux trois palas un côté à la fois technique et haut de gamme.

La structure repose ensuite sur une technologie 100% Carbon Tube, un châssis tubulaire en carbone qui constitue une véritable colonne vertébrale autour de la pala. Cette construction contribue à renforcer la rigidité et la solidité du cadre, tout en permettant une meilleure répartition des contraintes lors des impacts.

Un protecteur qui fait vraiment le tour

DEM ne s’est pas contenté d’un simple bumper positionné sur le haut de la tête. La marque a développé l’Edge Protection Plus, un protecteur transparent qui épouse pratiquement tout le contour du cadre.

Son tracé est impressionnant : il démarre juste au-dessus du grip, à la base du pont gauche, remonte le flanc, fait l’intégralité du tour de la tête de raquette et redescend de l’autre côté pour venir se terminer sur le pont droit. On obtient ainsi une véritable ceinture de protection périphérique, infiniment plus couvrante qu’un protecteur classique cantonné au seul sommet du cadre.

La matière translucide semble, à l’œil et au toucher, s’appuyer sur une construction particulièrement résistante, potentiellement à base d’aramide, même si je resterais prudent sur sa composition exacte tant que DEM ne me l’aura pas confirmée. Ce matériau est notamment réputé pour sa haute résistance mécanique et sa capacité à encaisser les frottements et les chocs.

Et surtout, j’aime le fait que le système reste discret et parfaitement intégré au cadre. Il protège sans alourdir la pala : un détail particulièrement appréciable lorsque l’on sait à quel point les contacts avec les vitres, les grilles ou le sol peuvent rapidement laisser des traces sur une raquette.

Dans un tout autre registre, la finition brillante des trois modèles m’a également particulièrement séduit. Cet effet laqué ne se contente pas de donner un aspect premium à l’ensemble : il participe également à l’expérience sonore. Seul petit bémol, ce type de vernis se montre forcément un peu plus sensible aux rayures. Il faudra donc prendre quelques précautions au moment de ranger et de stocker les palas, notamment en évitant les frottements inutiles avec les autres raquettes ou les accessoires du sac.

Le petit détail qui fait beaucoup de bruit

À la frappe, ces trois raquettes produisent un son particulièrement franc, sec et claquant. Lorsque l’on accélère vraiment le bras et que l’on vient percuter la balle à pleine puissance, le bruit devient presque spectaculaire. Une sorte de tonnerre auditif qui accompagne l’impact et donne immédiatement une sensation de puissance.

C’est totalement subjectif, évidemment, mais je dois reconnaître que j’adore ça. Il y a des raquettes que l’on aime pour leur toucher, d’autres pour leur sortie de balle ou leur stabilité. Ici, le plaisir sonore vient ajouter une dimension supplémentaire à l’expérience. Et lorsque l’on enchaîne les frappes offensives, cette sonorité participe clairement au plaisir de jeu. C’est le genre de détail qui ne figure pas forcément sur une fiche technique, mais qui, une fois sur la piste, fait partie intégrante du plaisir ressenti à chaque frappe.

Un manche particulièrement réussi

Autre point commun aux trois modèles : le manche est une véritable réussite. Son épaisseur d’usine est idéalement dosée et sa longueur permet de trouver naturellement sa prise, sans jamais donner cette impression parfois rencontrée sur certaines palas d’avoir un manche trop court ou trop gros.

Me concernant, le réglage sorti d’usine convient parfaitement à la morphologie de ma main : je n’ai pas eu besoin d’ajouter le moindre surgrip lors de mes premières sessions.

J’ai néanmoins voulu pousser le test jusqu’au bout en essayant plusieurs configurations :

  • Grip d’origine + 1 surgrip : le manche devient un peu trop gros pour mes sensations.
  • Grip d’origine retiré + 2 surgrips : c’est sans hésiter la meilleure combinaison une fois que votre grip d’usine aura rendu l’âme ! C’est dans cette configuration précise que l’on ressent le mieux les arêtes du manche. La préhension devient chirurgicale, offrant un calage dans la paume encore plus précis qu’avec le grip d’origine nu.

La prise en main est donc immédiate, ultra-confortable et suffisamment généreuse pour satisfaire tous les styles de joueurs.

DEM accompagne également chacun des trois modèles d’une dragonne molletonnée. Un détail qui peut sembler anodin sur une fiche technique, mais qui devient très appréciable lorsque l’on joue longtemps. Le contact avec le poignet est doux, la dragonne ne se fait pas oublier et participe à cette sensation générale de confort.

Enfin, la conception du manche intègre du basalte en complément du carbone. L’objectif est de bloquer la transmission des chocs et d’optimiser l’agrément de jeu global. Sur le terrain, cette recherche de confort se ressent immédiatement : les trois modèles affichent une filtration des vibrations particulièrement bien maîtrisée !

C’est finalement sur ces bases communes que les trois modèles vont prendre des chemins différents. La mousse, la répartition des masses et l’équilibre de chaque pala viennent véritablement dessiner leur personnalité sur la piste. Et c’est là que les noms prennent tout leur sens : Aire, Agua et Fuego ne proposent pas simplement trois coloris, mais trois approches différentes du jeu.

Aire, Agua, Fuego : trois noms qui ont du sens

DEM aurait pu se contenter de baptiser ses trois raquettes avec des noms commerciaux plus ou moins accrocheurs. La marque a choisi autre chose. Aire, Agua et Fuego correspondent respectivement à l’air, l’eau et le feu. Et cette philosophie se retrouve aussi bien au niveau visuel où les couleurs thématiques viennent réveiller une base noire commune en carbone apparent que dans le comportement même des palas sur la piste !

  • L’Aire, avec des tons blancs, évoque la légèreté, la liberté de mouvement et cette sensation de raquette qui accompagne le geste sans jamais le freiner.
  • L’Agua, reconnaissable à son bleu profond, évoque davantage la fluidité, l’adaptation et la capacité à passer d’une situation de jeu à une autre avec naturel.
  • La Fuego, enfin, assume un rouge beaucoup plus explosif. Le feu représente évidemment l’énergie, l’intensité et la puissance. Et sur la piste, cette association est loin d’être usurpée.

Trois éléments, trois couleurs, trois caractères. Et surtout, trois équilibres clairement perceptibles en main, malgré un poids annoncé quasi identique sur les trois modèles, autour de 360 grammes.

Aire : l’air dans le jeu

L’AIRE porte parfaitement son nom. Elle incarne le tout premier élément de la trilogie naturelle imaginée par la marque : l’Air.

Blanche et noire, elle est visuellement la plus sobre des trois, mais également celle qui donne immédiatement cette impression de légèreté et de liberté de mouvement. Sur son cadre, DEM Padel affiche clairement son positionnement avec les mentions « Team Series » et « Control ». Et ce n’est pas un simple argument marketing.

L’AIRE est celle dont l’équilibre bas est le plus facilement perceptible. Même si les trois raquettes sont annoncées autour du même poids, la répartition des masses change complètement la sensation en main. Ici, la tête de raquette reste particulièrement disponible : elle se déplace vite, accompagne naturellement les changements de direction et permet de gagner énormément en confort dans les phases de jeu rapides.

La surprise de la LD Foam

Cette référence utilise une mousse LD Foam, pour Low Density. Et c’est justement là que la pala réserve sa plus belle surprise sur la piste.

Dans le petit jeu et les phases défensives, j’ai bien retrouvé cette sensation de souplesse que l’on peut attendre d’une mousse de faible densité. La balle s’enfonce suffisamment dans la surface pour apporter du confort et de la facilité. Dans les situations où l’on doit temporiser, défendre depuis le fond du court ou simplement construire le point sans forcer, l’AIRE se montre particulièrement agréable.
Mais dès que j’ai commencé à accélérer franchement le geste, la raquette a changé de visage. Et là… ça partait fort !

C’est précisément ce contraste qui m’a plu. On bénéficie d’une certaine souplesse lorsque l’on joue tranquillement, avec un sweet spot assez large, puis la raquette est capable de restituer beaucoup d’énergie lorsque l’on augmente la vitesse de bras. Elle ne donne donc jamais cette impression de mollesse que l’appellation LD Foam aurait pu laisser imaginer.

Au contraire, j’ai découvert une pala vive, réactive et étonnamment dynamique, avec cette capacité à passer d’un registre défensif confortable à une phase offensive beaucoup plus explosive. C’est d’ailleurs ce comportement qui rend l’AIRE particulièrement intéressante : elle ne vous demande pas d’être constamment dans l’engagement pour fonctionner. Elle sait accompagner le joueur lorsque celui-ci ralentit le jeu, mais elle répond immédiatement présente lorsqu’il décide d’accélérer.

Une vraie machine à jouer vite

Au filet, son équilibre assez bas pour une forme larme offre une agilité redoutable. Les volées s’enchaînent sans effort, les changements de direction sont ultra-fluides et la pala accompagne parfaitement les joueurs qui aiment imposer un rythme élevé. Cette maniabilité procure une vraie sensation de liberté en défense : sur une sortie de vitre sous pression ou une accélération adverse, la tête de raquette se repositionne instantanément.

Mention spéciale à sa finition de surface : l’Aire (comme l’Agua) réserve une vraie subtilité avec son revêtement 3D Effect bi-zone. D’un côté, une multitude de petits logos DEM en relief habillent la surface en carbone ; de l’autre, l’intérieur de l’imposant logo central adopte des stries diagonales. En piste, ce relief reste discret et apporte un léger supplément d’accroche sans transformer la pala en machine à spin extrême. Si l’idée de proposer deux textures sur un même tamis est excellente, le concept aurait gagné à être plus marqué, avec un relief plus prononcé sur l’une des deux zones pour exploiter l’idée à 100 %.

Mon verdict : pour le joueur qui privilégie la vitesse d’exécution, la réactivité et la liberté de mouvement, l’AIRE constitue assurément la réponse idéale. En piste, elle séduit par ce contraste frappant : souple et d’un confort absolu quand le jeu s’organise en défense, elle libère une frappe sèche, incisive et étonnamment puissante dès que le bras accélère. Son équilibre assez bas renforce cette agilité naturelle, offrant une raquette vive, aérienne et très maniable qui accompagne le mouvement sans jamais le contrarier.
Une raquette stimulante et dynamique, parfaite pour imposer du rythme sans jamais se fatiguer le bras !

Agua : la fluidité incarnée

Avec son bleu profond, l’Agua est probablement celle qui traduit le plus naturellement son élément. L’Eau ne brusque rien : elle s’écoule avec une fluidité naturelle. Et c’est exactement la sensation que procure cette pala sur le terrain ! Sur son cadre apparaissent les mentions « ADV (Advanced) Series » et « Balance », deux indications qui résument parfaitement son tempérament.

Son équilibre est, à mes yeux, le plus harmonieux du trio. Elle ne cherche ni à tirer vers le manche, ni à charger franchement la tête. Elle se place naturellement entre les deux et donne cette sensation très agréable d’une raquette qui accompagne chaque phase du jeu.

Une mousse multicouche pour davantage de progressivité

Le noyau de l’Agua repose sur une construction multidensité inédite composée de cinq couches indépendantes, associant les propriétés de l’EVA à celles du polyéthylène. Petite confidence de coulisses transmise directement par Thimoté Fernandez — qui s’est renseigné à la source auprès de l’usine espagnole pour obtenir ces spécifications exactes : une fois combinées, ces 5 couches affichent une densité globale de 27.

L’intérêt d’une telle architecture est de proposer des réactions très progressives selon l’intensité de la frappe. Sur les coups modérés, les étages plus souples du noyau favorisent le confort et l’absorption. Dès que l’on accélère le geste, les couches plus dures prennent le relais : la structure devient plus dynamique et restitue davantage d’énergie. Cette progressivité est particulièrement précieuse en padel, où une même pala doit être capable de doser une amortie masquée derrière le filet puis de claquer un smash gagnant deux échanges plus tard.

Comme l’eau, elle s’adapte.

Sur la piste, l’Agua est probablement la plus polyvalente des trois. Dans le petit jeu, elle se montre douce et facile à contrôler. Depuis le fond du court, elle accompagne efficacement les phases défensives et permet de travailler les trajectoires avec beaucoup de sérénité.

Mais c’est lorsqu’on accélère que la raquette dévoile une seconde personnalité. En contre-attaque, en volée ou lorsque le rythme augmente, elle conserve suffisamment de répondant pour accompagner le joueur vers l’avant. Et c’est là que le parallèle avec son nom prend tout son sens. Comme l’eau, elle s’adapte à la situation. Elle peut se faire douce lorsque le jeu l’exige, puis devenir beaucoup plus dynamique lorsque le joueur décide d’accélérer.

Une vivacité impressionnante : C’est d’ailleurs elle qui propose la sortie de balle la plus marquée du trio ! Sa formule multicouche génère un effet trampoline bluffant, décuplant ainsi le confort d’impact et l’absorption des vibrations.

Sweet spot surélevé et équilibre affirmé : Autre constat marquant lors du test : sa zone de frappe idéale (sweet spot) se montre très large, avec la particularité de se situer légèrement au-dessus du centre du tamis. Ce placement surélevé offre un levier naturel fort appréciable lorsqu’il s’agit de trouver de la profondeur ou de faire parler la poudre en attaque !

Son équilibre remonte ainsi nettement plus haut que sur sa petite sœur, l’Aire, pour rejoindre quasiment celui de la Fuego (qui n’affiche tout au plus qu’un tout petit chouïa de poids en tête supplémentaire). Mais la différence capitale réside ici : alors que la Fuego impose une fermeté brute avec son noyau rigide, l’Agua tempère cet équilibre d’attaque par la progressivité de sa mousse multicouche. Un dosage parfaitement maîtrisé qui préserve cette polyvalence incarnée qui lui va comme un gant !

Mon verdict : pour le joueur qui ne souhaite pas choisir entre défense et attaque, l’Agua représente probablement le compromis le plus évident de la collection. Elle garantit une grande sérénité en fond de court tout en conservant suffisamment de dynamisme pour répondre lorsque le jeu s’accélère.
Une pala fluide, équilibrée et polyvalente, dont l’utilisation en piste coule littéralement de source !

Fuego : le feu aux poudres

La Fuego est celle qui affiche le plus clairement ses ambitions. Son rouge flamboyant évoque immédiatement le feu, l’énergie et l’explosivité. Et pour une fois, le nom de la raquette correspond parfaitement à ce que l’on ressent une fois la balle frappée. Sur son cadre, DEM Padel affiche « Pro Series » et « Attack ». Tout est dit.

On notera avec le sourire la petite coquille sur le tamis, tagué « FUEGO Atack » avec un seul T. Un détail collector qui rappelle l’authenticité et le côté humain de ces modèles Made in Spain !

Même poids annoncé que ses deux sœurs et un équilibre moyen — très similaire à celui de la Agua, et nettement au-dessus de la Aire. Mais ne cherchez pas la différence sur la seule balance : ce qui donne à la Fuego ce caractère offensif si affirmé, c’est la fermeté brute de son noyau ! L’impact est immédiat, sec et sans concession, donnant à cette pala toute sa solidité et sa puissance d’attaquante.

Un Black Eva 30… mais pas celui auquel je m’attendais

Le cœur de la Fuego est constitué d’un Black Eva de densité 30. Et là, je dois vous avouer quelque chose : ne vous fiez surtout pas uniquement à ce chiffre.

De par mon expérience des mousses, et après avoir testé énormément de raquettes, j’avais tendance à associer une densité de 30 à quelque chose d’assez souple. Dans ma grille de lecture personnelle, 40 commençait à marquer une véritable montée en rigidité, tandis que 50 représentait pour moi le sommet de cette échelle.

Or, avec cette Fuego, il n’en est rien. Ce Black Eva 30 m’a franchement surpris par sa fermeté. C’est même l’un des éléments qui m’a le plus interpellé pendant le test. Sur le papier, le chiffre pourrait laisser penser à une mousse relativement tolérante, voire assez souple. Dans les faits, la sensation à l’impact est beaucoup plus ferme que ce que cette densité pourrait laisser imaginer.

La frappe est franche, sèche et particulièrement stable. On retrouve donc une raquette qui ne se contente pas de compter sur son équilibre pour générer de la puissance : le comportement de sa mousse participe pleinement à cette sensation de fermeté et de solidité à l’impact.

C’est une excellente illustration d’une chose que je répète régulièrement dans mes tests : un chiffre de densité ne suffit pas, à lui seul, à déterminer le comportement réel d’une mousse. La composition globale, sa construction, son association avec les faces et la manière dont la raquette est assemblée jouent également un rôle. Et la Fuego en est une très belle démonstration.

Une pala qui reste imperturbable

Au smash, sur les víboras appuyées ou les frappes à pleine puissance, la Fuego reste parfaitement stable. La tête de raquette ne bouge pratiquement pas à l’impact et la restitution d’énergie se montre particulièrement directe. On sent immédiatement que la pala a été pensée pour les joueurs qui aiment engager le bras et frapper fort.

Attention toutefois : son sweet spot est situé plus haut que sur l’Agua et se montre également un peu plus compact. C’est tout à fait logique sur le plan mécanique : la fermeté d’un noyau rigide restreint naturellement la tolérance périmétrique du tamis, concentrant la zone de frappe idéale au cœur de la raquette. Une caractéristique exigeante qui réserve cette pala à ceux qui possèdent une technique solide et le compas dans l’œil pour centrer la balle avec régularité !

Sa finition rugueuse baptisée Spin Tech participe également à son identité. À l’œil comme au toucher, on distingue une surface granuleuse reposant sur une base minérale obtenue par l’incrustation de micrograins de sable de silice fixés ) la surface du vernis. Cette texture sablée offre un mordant exceptionnel pour accrocher la balle et imprimer des effets tranchants.

Et lorsque l’on ajoute à cela son aspect brillant et sa sonorité très claquante, le résultat est assez spectaculaire ! Sur une frappe à pleine puissance, on obtient ce claquement sec qui donne presque l’impression d’une petite détonation à chaque impact. C’est exactement le genre de sensation qui me plaît !

Une raquette qui demande de l’engagement

La Fuego n’est toutefois pas celle que je conseillerais au joueur qui recherche avant tout la facilité. Elle demande davantage de présence physique et récompense les gestes engagés. Entre les mains d’un joueur offensif capable de générer lui-même de la vitesse, elle devient une véritable arme. Son Black Eva 30, pourtant relativement surprenant sur le papier, lui apporte cette fermeté que je n’attendais pas à cette densité. Comme son nom l’indique, cette référence est celle qui met le feu au jeu.

Mon verdict : la Fuego est la raquette de caractère de cette collection. Elle s’adresse naturellement aux joueurs qui aiment prendre l’initiative, accélérer le jeu et exploiter une pala ferme, stable et clairement orientée vers l’attaque.
Là où l’Aire privilégie la vivacité et l’Agua la polyvalence, la Fuego assume clairement son tempérament offensif.

Synthèse & verdict : quelle pala est faite pour vous ?

DEM Padel franchit un cap important avec cette collection 2026. Faire évoluer son identité visuelle après seulement une petite saison d’existence est une démarche audacieuse. Elle témoigne d’une jeune marque réactive, à l’écoute du marché, désireuse d’affiner son image et d’imposer une signature plus mûre.

La cosmétique reste très basique et sans fioritures. L’essentiel est ailleurs : la fabrication espagnole en circuit court est fièrement revendiquée, tandis que l’intégration du basalte dans le manche offre un confort articulaire tout simplement exemplaire.

Avant de détailler les profils, un mot sur leur point commun le plus réjouissant : le plaisir de frappe. Car au-delà des fiches techniques, il y a ce sentiment irremplaçable une fois sur la piste. Le plaisir d’une raquette fluide qui se déplace facilement. Le plaisir d’un manche parfaitement dimensionné. Le plaisir d’une dragonne molletonnée qui n’irrite jamais le poignet. Le plaisir d’une balle qui s’enfonce juste ce qu’il faut dans la mousse. Et surtout, cette signature acoustique particulièrement jouissive : lorsque l’on engage le bras à pleine puissance, l’impact est accompagné d’un claquement sec, brillant, presque tonitruant. Dans un sport où les sensations comptent énormément, ce plaisir sonore participe pleinement au bonheur de chaque échange !

Au final, le choix dépend simplement de votre philosophie de jeu :

  • AIRE (mon véritable cour de cœur) : C’est la raquette qui m’a le plus marqué. Sa maniabilité hors norme, son équilibre assez bas et sa mousse LD Foam au double visage (douceur absolue dans le petit jeu défensif, puis explosion de dynamisme dès que l’on accélère le bras) en font une véritable machine à jouer vite. Si vous cherchez la légèreté, la vivacité et la liberté de mouvement, c’est la pépite indiscutable de ce millésime.
  • AGUA (la flexibilité incarnée) : le compromis le plus évident du catalogue. Grâce à son noyau multicouche et son équilibre idéal, elle évolue avec une aisance naturelle entre défense, construction et contre-attaque. Elle s’adapte à toutes les situations sans jamais imposer de contrainte. C’est la candidate idéale pour le joueur complet.
  • FUEGO (le feu aux poudres) : la raquette de caractère du trio. Avec sa stabilité exemplaire, son noyau ferme, son sweet spot surélevé et sa finition sablée Spin Tech, elle exige un geste engagé et une technique supérieure, mais récompense royalement les attaquants qui aiment terminer les points avec panache.

En fin de compte, ces trois cuvées 2026 affichent un caractère affirmé et chacune peut devenir la raquette idéale selon le joueur qui s’en empare. Qu’il s’agisse de voler au filet avec Aire, de tout réguler avec Agua ou d’embraser la piste avec Fuego, le plaisir de jeu reste le maître-mot du premier au dernier point.

Un grand merci à Thimoté Fernandez, fondateur de DEM Padel, pour sa confiance, sa disponibilité et pour la mise à disposition de cette collection 2026. Merci également pour les échanges passionnants et pour ces précisions techniques captivantes obtenues directement auprès de son usine espagnole ! C’est un vrai bonheur de collaborer avec un créateur passionné qui place le savoir-faire local, la transparence et le plaisir de frappe au cœur de son projet. ¡ Disfruta El Momento !

Stéphane Penso

Fan de padel, Stéphane est devenu le testeur officiel de la planète padel en Europe. Tout passe par ses mains expertes. Grâce à sa grande expérience dans le monde de la raquette, il est capable de vous scanner le matos de la tête aux pieds !