Au FIP Silver de Caen, Ferran Insa (100e mondial) était accompagné d’un tout jeune partenaire : Iago Fuertes, 238e mondial, né en 2010… seulement 15 ans.
Ensemble, l’Espagnol expérimenté et le jeune joueur espagnol ont signé un exploit en éliminant en quart de finale la tête de série numéro 1 du tournoi, Gonzalo Rubio et Javier Ruiz, respectivement 37e et 38e joueurs mondiaux.
Une performance qui confirme une nouvelle fois la réputation d’Insa : celle d’un joueur capable de repérer les futures pépites du padel mondial.
Rencontre avec Ferran Insa et Iago Fuertes pour Padel Magazine.
Un exploit retentissant
Sur le papier, l’affiche semblait déséquilibrée. En face, deux joueurs installés dans le top 40 mondial. De l’autre, une paire formée uniquement pour ce tournoi, avec un jeune de 15 ans découvrant encore le très haut niveau international.
Et pourtant, sur la piste caennaise, le scénario a rapidement basculé. « À priori, ils étaient favoris », reconnaît Insa.
« C’était un match très difficile, mais je crois que nous l’avions très bien préparé. »
Sans pression et avec une vraie liberté dans le jeu, la paire espagnole a su faire déjouer Rubio et Ruiz.
« Le résultat n’était pas celui qui était prévu, et c’est justement ça qui nous a aidés. On jouait très librement », explique Insa.

Iago Fuertes, 15 ans et déjà sans complexe
Sur le terrain, difficile d’imaginer que Iago Fuertes n’a que 15 ans. Né en 2010, le jeune Espagnol a joué sans retenue, absolument pas impressionné, ni par l’événement ni par le niveau des joueurs en face. Bluffant. « Iago a fait un très bon match, il a sorti des points très importants », souligne son partenaire.
De son côté, le principal intéressé affiche une maturité étonnante : « Mon objectif cette année, c’est de continuer à m’amuser. J’ai 15 ans, je n’ai aucune pression, et c’est ça que me donne ce sport. »
Une approche simple, mais qui fonctionne déjà sur le circuit FIP.

Une association loin d’être anodine
Si leur association a surpris à Caen, leur histoire ne commence pourtant pas ici.
Quelques mois plus tôt, lors du FIP Silver de Narbonne, les deux joueurs s’étaient affrontés. En demi-finale, c’est Fuertes qui s’était imposé face à Insa. Un match révélateur. Quand Insa cherche un partenaire pour Caen, l’idée arrive naturellement.
« Quand mon partenaire, Albert Roglan, m’a dit qu’il était en vacances, j’ai pensé directement à lui. Je me souvenais de Iago, même s’il est encore loin au classement. »
Le déclic est clair : « Il joue exactement comme j’aime jouer. »
Une phrase simple, qui résume leur connexion sur la piste.
Insa, le flair des futures pépites
Ce n’est pas la première fois que Ferran Insa mise sur la jeunesse.
L’Espagnol s’est déjà illustré en partageant la piste avec Tino Libaak, bien avant l’explosion du joueur argentin sur la scène mondiale. « Je priorise toujours le fait de me sentir bien sur la piste plutôt que de regarder le classement. »
Pour Insa, le danger n’est pas toujours là où on l’attend : « Il y a des joueurs qui n’ont pas encore les points, mais qui ont déjà le niveau. Quand les adversaires ne les connaissent pas, ça devient beaucoup plus compliqué. »
Une lecture du circuit basée sur le jeu, plus que sur les chiffres.

Apprendre, observer, grandir
Pour Iago Fuertes, évoluer aux côtés d’un joueur du top 100 mondial représente bien plus qu’un simple tournoi. « Quand il m’a appelé, j’ai pensé que j’allais jouer avec lui non seulement pour son jeu, mais aussi pour son expérience. Il peut m’apprendre énormément. »
À 15 ans, le jeune Espagnol continue d’avancer sans brûler les étapes, tout en accumulant déjà des références sur le circuit.
Et après ?
Cette association restera, pour l’instant, ponctuelle. « Pour le moment, on ne va pas continuer ensemble. Chacun a son partenaire », précise Insa.
L’Espagnol garde toutefois des objectifs clairs pour la suite de la saison : intégrer durablement le top 100, puis viser plus haut. « Mon objectif à la fin de l’année, c’est d’être top 90, peut-être 80. On verra. »
À Caen, Ferran Insa et Iago Fuertes n’ont pas seulement signé une performance.
Ils ont raconté une histoire. Celle d’un joueur confirmé qui continue de faire confiance à son instinct, et d’un adolescent de 15 ans qui joue déjà sans peur face à l’élite mondiale.
Un exploit, oui. Mais peut-être surtout le premier vrai chapitre d’un parcours que le padel international ferait bien de suivre de près.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !


































































































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