Finalistes du Premier Padel Málaga P1 après une victoire marquante contre Ale Galán et Fede Chingotto en demi-finale, Juan Lebrón et Leo Augsburger continuent de faire parler d’eux. Derrière cette association entre un ancien numéro un mondial, Agustín Gómez Silingo orchestre un travail de longue haleine.

Dans un entretien accordé à Marca, l’ancien joueur argentin, désormais entraîneur au sein de la Diagonal Academy, est revenu sur les progrès de la paire, les défis quotidiens et la gestion d’un duo aux profils radicalement opposés.

« Nous n’avons vu que 50 % de leur potentiel »

Malgré une première finale en P1 et des performances de plus en plus convaincantes, Silingo estime que le duo est encore loin de son meilleur niveau.

« Je pense que nous n’avons vu que 50 % du potentiel qu’ils peuvent atteindre ensemble. »

Selon lui, la principale marge de progression se situe du côté de Leo Augsburger.

« Leo a encore énormément de travail technique à effectuer. Nous sommes dans un travail très profond sur les aspects techniques et de coordination. Beaucoup de bases n’avaient tout simplement pas été travaillées auparavant. »

À l’inverse, Juan Lebrón possède déjà une base extrêmement solide.

« Juan est un joueur beaucoup plus abouti. Il a été numéro un mondial et se bat encore pour le redevenir. Avec lui, nous sommes davantage dans les ajustements. »

Two tennis players in matching lime-green shirts celebrate mid-air hug on a court during a doubles match, arms around each other.

Former Augsburger tout en répondant aux ambitions de Lebrón

L’un des plus grands défis du staff est de faire cohabiter deux joueurs qui n’en sont pas au même stade de leur carrière.

« Leo est encore en formation alors que Juan est déjà un joueur accompli. Le plus difficile est de les faire se retrouver au même endroit, au même moment. »

Silingo répète constamment le même message à ses joueurs.

« Tout est un processus. Et un processus demande du temps. Les processus ne sont jamais courts. »

Selon lui, deux avancées sont déjà visibles :

  • une progression technique évidente chez Augsburger ;
  • un travail psychologique important avec Lebrón pour lui apprendre la patience.

« Leo est un diamant à polir »

L’entraîneur ne cache pas son enthousiasme à l’idée de travailler avec le jeune Argentin.

« Travailler avec un profil comme Leo est extraordinaire. C’est un diamant qu’il faut polir. »

Le travail porte sur des éléments parfois très basiques.

« Nous lui apprenons comment frapper un coup droit du fond, comment réaliser un lob, comment modifier son ouverture selon les coups… Ce sont des ajustements qui demandent énormément de répétitions. »

Selon Silingo, les progrès sont déjà visibles, notamment en défense.

« Aujourd’hui, il sait qu’il peut défendre. Mais maintenant, il doit réussir à le faire avec régularité. »

C’est justement cette constance qui sépare encore Augsburger des meilleurs joueurs du monde.

La pression imposée par Lebrón ? « C’est normal »

Après la demi-finale de Málaga, Leo Augsburger avait reconnu ressentir une forte pression en évoluant aux côtés de Juan Lebrón.

Pour Silingo, cette situation est naturelle.

« Juan est exigeant parce qu’il veut gagner. La pression fait partie du haut niveau. »

L’ancien international argentin établit même un parallèle avec sa propre carrière.

« Quand j’étais jeune, Gaby Reca me mettait une pression énorme. À la fin de ma carrière, c’était moi qui faisais vivre cela aux plus jeunes. »

Il estime que cette expérience sera bénéfique pour Augsburger.

« Dans six ou huit ans, ce sera Leo qui transmettra cette exigence à son partenaire de 21 ans. »

Male athlete kneeling on a blue court with a paddle beside him, wearing a green shirt and white cap.

Gérer la frustration de Lebrón

Le style très offensif d’Augsburger implique forcément davantage de prises de risques… et donc davantage de fautes.

Une situation que le staff doit également gérer avec Lebrón.

« Nous lui rappelons constamment qu’il a choisi un projet. Leo lui apportera énormément en attaque. En défense, il donnera ce qu’il peut aujourd’hui, tout en continuant à progresser. »

Silingo souligne d’ailleurs que le raisonnement peut fonctionner dans les deux sens.

« Leo pourrait aussi dire à Juan : “Tu défends très bien, mais tu me donnes moins de points en attaque.” »

L’idée est donc que chacun accepte les qualités et les limites de son partenaire.

Pourquoi la finale de Málaga a tourné court

Après l’exploit contre Galán et Chingotto, beaucoup attendaient un nouveau duel de très haut niveau en finale face à Arturo Coello et Agustín Tapia.

Mais Lebrón et Augsburger ont rapidement été dépassés.

Pour Silingo, la raison est avant tout physique.

« Nous sommes arrivés en finale avec énormément de fatigue. Les jambes ne répondaient plus. »

Il explique que l’intensité émotionnelle de la demi-finale a laissé des traces.

« Nous avons vécu une journée très longue, avec énormément d’émotions. Nous nous sommes couchés tard et le lendemain il fallait de nouveau jouer à très haut niveau. »

Un projet tourné vers l’avenir

Malgré les progrès réalisés, Agustín Gómez Silingo refuse de parler d’aboutissement.

Lorsqu’on lui demande si la paire traverse actuellement sa meilleure période, sa réponse est prudente.

« Je ne sais même pas s’il existe un “meilleur moment” dans une paire de padel. Tout peut changer très vite. Ce que je sais, c’est que nous travaillons chaque jour pour être meilleurs. »

Une déclaration qui résume parfaitement la philosophie du technicien argentin : la paire Lebrón / Augsburger est encore en construction, mais son potentiel reste immense. Pour Silingo, le meilleur est clairement encore à venir.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !