Léa Godallier (49e) et Daiara Valenzuela (55e) ont longtemps cru pouvoir faire tomber la tête de série 6 du FIP Platinum Lyon. Opposées à Martina Fassio (25e) et Águeda Pérez (42e), la paire franco-argentine a d’abord subi la maîtrise et la régularité de ses adversaires avant de complètement renverser la dynamique dans la deuxième manche.

Plus agressives, plus précises et portées par une Valenzuela décisive, elles ont poussé les favorites dans un troisième set très physique et disputé jusqu’aux derniers points.

Après 1h40 de combat, Godallier / Valenzuela finissent par céder 6/2 3/6 6/4, avec forcément quelques regrets puisqu’elles se sont procuré plusieurs balles de débreak dans le dernier jeu, avant de s’incliner au star point.

Un premier vrai test pour Godallier / Valenzuela

Après une entrée en matière parfaitement maîtrisée face à Ana Sánchez / Marisol Fernández (6/2 6/3), Léa Godallier et Daiara Valenzuela changeaient clairement de dimension pour ces huitièmes de finale. 49e et 55e mondiales, la Française et l’Argentine forment une paire qui a déjà fait ses preuves cette saison, avec plusieurs titres remportés ensemble sur le FIP Tour.

Mais face à elles se dressait une paire d’un tout autre calibre : Martina Fassio (25e) / Águeda Pérez (42e), tête de série 6 à Lyon. Les Espagnoles avaient elles aussi parfaitement négocié leur premier tour, avec une victoire expéditive 6/1 6/1 face à Groenveld / Betz.

Sur le papier, Fassio / Pérez partaient donc avec l’avantage du classement, mais Godallier / Valenzuela arrivaient avec de la confiance et l’occasion de signer une victoire de référence face à deux joueuses mieux classées qu’elles.

Fassio / Pérez imposent leur maîtrise

Dès les premiers échanges, Fassio / Pérez prennent progressivement le contrôle de la rencontre. Dans un début de match marqué par de longs rallyes, la tête de série 6 fait surtout la différence par sa régularité et sa capacité à donner très peu de points gratuits.

Fassio se montre particulièrement solide dans sa diagonale face à Godallier : très complète, l’Espagnole alterne puissance, víboras, toucher et recherche des grilles, tout en choisissant parfaitement ses zones.

À ses côtés, Pérez dicte le rythme, multipliant les variations et les feintes pour déstabiliser la paire franco-argentine. Breakées à 1-1 puis une seconde fois en fin de manche, Godallier / Valenzuela subissent cette maîtrise et commettent trop de fautes pour véritablement inquiéter leurs adversaires.

Fassio / Pérez empochent logiquement le premier set 6/2, sans avoir concédé la moindre balle de break.

Godallier / Valenzuela changent complètement de visage

La réaction est immédiate dans la deuxième manche. Après avoir subi le rythme adverse, Godallier / Valenzuela décident de jouer beaucoup plus vers l’avant, avec davantage d’agressivité et de précision.

Le break arrive à 1-1, avant un jeu blanc pour prendre les commandes 3-1. Valenzuela retrouve notamment toute sa puissance au smash et devient de plus en plus décisive, tandis que Godallier retrouve ses jambes et parvient davantage à exister dans sa diagonale.

En face, Fassio / Pérez perdent progressivement la maîtrise du premier set, commettent davantage de fautes et trouvent moins de solutions dans des échanges qui s’allongent. La paire franco-argentine ne relâche pas son emprise et réalise un deuxième break pour conclure 6/3.

Les chiffres illustrent parfaitement ce changement de physionomie : 19 points gagnants pour Godallier / Valenzuela contre 12 pour Fassio / Pérez, et surtout deux balles de break obtenues, toutes les deux converties, quand la tête de série 6 ne s’en procure aucune.

Un troisième set qui se joue sur des détails

La manche décisive retrouve immédiatement l’intensité des deux premiers sets. Après un jeu blanc pour démarrer, Godallier / Valenzuela connaissent toutefois une petite baisse de régime. Dans un match où les échanges sont devenus extrêmement physiques, les fautes réapparaissent et Fassio / Pérez retrouvent leur agressivité pour breaker et mener 3-1.

La paire franco-argentine ne lâche rien : elle retrouve du rythme, sauve notamment une balle de double break à 4-2 et reste constamment dans le sillage de la tête de série 6. Les occasions sont là, mais les longs rallyes se terminent encore trop souvent par une faute côté Godallier / Valenzuela.

À 5-4, la tension atteint son maximum : elles se procurent plusieurs balles de débreak et poussent leurs adversaires jusqu’au star point, mais Fassio / Pérez résistent une dernière fois pour s’imposer 6/2 3/6 6/4 après 1h40 d’un énorme combat physique.

Fassio, la régularité qui a fait la différence

Martina Fassio était la joueuse la mieux classée sur la piste, et cela s’est clairement ressenti. La 25e mondiale, Argentine, a livré une prestation très complète, notamment dans sa diagonale face à Godallier. Capable de faire mal par sa puissance et sa víbora, elle a aussi parfaitement su varier avec du toucher, chercher les grilles et trouver les bonnes zones.

Surtout, Fassio a rarement joué dans la précipitation : elle a construit ses points avec beaucoup de justesse avant d’accélérer au bon moment. Le graphique du ratio entre points gagnants et fautes directes confirme cette impression, puisqu’elle termine très nettement au-dessus des trois autres joueuses.

Même lorsque Godallier / Valenzuela ont renversé la dynamique dans le deuxième set, Fassio est restée une menace permanente. Dans un match où les détails ont fini par faire la différence, la joueuse la mieux classée a assumé son statut.

Un tournoi malgré tout positif pour Godallier / Valenzuela

La défaite laissera forcément quelques regrets à Godallier / Valenzuela, passées tout près de faire tomber une paire mieux classée après 1h40 de combat. Leur parcours lyonnais reste néanmoins encourageant : une entrée en matière parfaitement maîtrisée, puis un huitième de finale où elles auront réussi à faire douter la tête de série 6 jusqu’aux derniers points. Ce parcours leur permet également de repartir de Lyon avec 25 points au classement FIP.

Pour Fassio / Pérez, il faudra désormais récupérer après cette grosse bataille avant un quart de finale qui s’annonce encore plus relevé face à Rufo / Castelló (TS4). Ces dernières ont validé leur qualification ce matin avec autorité, sur le score de 6/4 6/0, et retrouveront donc la paire argentino-espagnole pour une place dans le dernier carré.

Raphael Degironde

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