Thomas Leygue et Jesús Moya ont signé un énorme coup au FIP Platinum Lyon. En seizièmes de finale, la paire franco-espagnole a renversé Aimar Goñi Lacabe et Edu Alonso au terme d’un combat de plus de deux heures et demie : 6/7 7/6 7/6.

L’écart au classement donne encore plus de relief à la performance : Edu Alonso est 17e mondial, Aimar Goñi 32e, tandis que Thomas Leygue pointe au 108e rang FIP et Jesús Moya au 143e.

Après cette soirée complètement folle, le Français est revenu avec nous sur les clés de la victoire, le tie-break décisif et cette force mentale qui lui permet actuellement d’enchaîner les gros matchs.

« On devait jouer à la limite »

Padel Magazine : Thomas, quelle victoire ! Trois sets, trois tie-breaks et finalement aucun break nécessaire pour gagner ce match. Tu t’attendais à ce scénario ?

Thomas Leygue : « Dans des conditions comme ça, avec trois gros smasheurs sur le terrain, c’est très dur de faire un break. On savait que ça allait être compliqué sur une piste très rapide. Les deux équipes ont eu des occasions, peut-être plus eux au début et plus nous à la fin. On savait qu’il allait y avoir au moins un ou deux tie-breaks. »

Padel Magazine : Qu’est-ce qui a fait la différence dans les moments importants ?

Thomas Leygue : « On les a bien gérés. Tactiquement, on a essayé de faire le mieux possible parce qu’on devait jouer à la limite pour gagner des points en défense et être parfaits en attaque. Je suis très content du niveau de jeu et de réussir encore une fois à faire ça avec Jesús, en France, à Lyon, avec du monde dans les tribunes jusqu’à très tard. »

« L’énergie, tu la sors mentalement »

Padel Magazine : Après plus de deux heures et demie, tu semblais encore avoir énormément d’énergie. D’où vient-elle ?

Thomas Leygue : « L’énergie, tu la sors surtout mentalement. C’est l’envie d’être sur le terrain et de gagner ce genre de match. Après, il n’y a pas de secret : c’est l’entraînement. Je viens de faire une semaine et demie avec énormément de cardio, de résistance et d’explosivité. Aujourd’hui, ça paye. »

Une victoire dédiée à son entraîneur

Padel Magazine : Il y avait aussi une pensée particulière pour ton entraîneur après cette victoire…

Thomas Leygue : « Mati devait venir avec nous sur le tournoi et, la veille, il a dû aller à l’hôpital pour un problème personnel. On avait dit qu’on allait chercher des victoires pour lui. Celle-là, aujourd’hui, elle est pour lui. »

Le point complètement fou du tie-break

Padel Magazine : Dans le tie-break du troisième set, à 4-2, il y a ce point incroyable. Tu attaques une balle courte, elle prend la grille, ressort et Goñi finit par 4. Qu’est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ?

Thomas Leygue : « J’ai souri parce que je pense que je n’avais rien à me reprocher. Il y avait déjà 2h32 de match. Je fais une feinte quasiment parfaite, Edu récupère et derrière j’ai une balle très courte. Je décide de frapper, ça prend la grille… On n’a pas eu beaucoup de réussite avec les grilles aujourd’hui, mais c’est comme ça. »

Padel Magazine : Et malgré ce point, vous ne sortez pas du match…

Thomas Leygue : « On a continué, on n’a rien lâché. On savait qu’on était en train de mieux jouer qu’eux et que ça pouvait tomber de notre côté. Et ça a réussi. »

« J’aime bien jouer en outsider »

Padel Magazine : Maintenant, place à Momo González et Lucas Campagnolo. Comment abordes-tu ce huitième de finale ?

Thomas Leygue : « Plus tu avances dans ce genre de tournoi, plus tu joues contre de très bons joueurs. On sait que si on joue avec nos armes, on peut les embêter. Moi, j’aime bien jouer en outsider. C’est eux qui vont avoir la pression. Nous, on va faire notre travail et voir ce qui se passera sur le terrain avec le public. Et pourquoi pas… »

« Il y a quelques mois, je perdais énormément de matchs »

Padel Magazine : Avec les résultats qui s’enchaînent, est-ce difficile de ne pas s’enflammer ?

Thomas Leygue : « Je pense que c’est important de rester humble dans ces moments. Il y a quelques mois, je perdais énormément de matchs. Aujourd’hui, ça tourne en ma faveur. Il ne faut pas sur-vivre la victoire et mal vivre la défaite. Il faut comprendre qu’il y a des bons et des mauvais moments et que le travail sur le long terme donne de la constance. »

Padel Magazine : C’est cette mentalité que tu veux conserver pour la suite ?

Thomas Leygue : « Oui. Hier, on a sauvé une balle de match. Aujourd’hui, on perd le premier set et on ne baisse jamais les bras. Je pense que cette mentalité va me faire aller loin dans le sport et dans le padel. Je veux continuer à ne jamais rien lâcher, ne jamais baisser les bras et essayer de rendre fiers tous les gens qui me soutiennent. »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.