La FFT devrait communiquer en début de semaine prochaine les wild-cards du Paris Major 2026. Chez les dames, trois invitations sont à distribuer : deux pour le tableau principal et une pour les qualifications.
Et comme chez les hommes, la Fédération va devoir arbitrer entre plusieurs logiques : récompenser le niveau sportif actuel, miser sur l’avenir, soutenir des joueuses de l’équipe de France ou essayer d’offrir Roland-Garros au plus grand nombre de Françaises possible.
Avec une différence importante : deux Tricolores sont déjà certaines d’évoluer dans le tableau principal et une troisième est déjà en qualifications.
Collombon et Godallier déjà dans le tableau principal
Il n’y a évidemment aucun suspense concernant les deux meilleures Françaises.
Alix Collombon, associée à Ksenia Sharifova, occupe la 19e place de la liste du tableau principal. Léa Godallier, avec l’Argentine Daiara Valenzuela, apparaît en 26e position. Elles n’ont donc besoin d’aucune invitation.
La première véritable interrogation concerne Carla Touly.
La Française, associée à l’Espagnole Xenia Clasca, constitue actuellement la 13e paire des qualifications.
Autrement dit, elle est elle aussi déjà assurée, dans l’état actuel de la liste, de participer au Paris Major.
Carla Touly : le dossier le plus évident pour monter ?
Sportivement, difficile de ne pas considérer Carla Touly comme une candidate très sérieuse à l’une des deux wild-cards du tableau principal.
La Française est actuellement 90e mondiale, après avoir atteint la 79e place cette saison et la 70e au meilleur de sa carrière. Sur Premier Padel, elle affiche en 2026 un bilan de 7 victoires pour 8 défaites, nettement supérieur à son ratio de la saison précédente.
Elle a également atteint cette année la finale du FIP Bronze de Kaunas avec Camila Fassio.
Surtout, Touly connaît déjà le niveau d’un Major. En 2024, la FFT lui avait attribué avec Jessica Ginier une wild-card pour le tableau principal du Paris Major.
Elle faisait également partie des huit Françaises sélectionnées pour les Championnats d’Europe 2025, où la France a atteint la finale.
Sur le seul critère du niveau sportif et de l’expérience internationale, sa candidature semble donc difficile à contourner.
Mais il existe un argument pour ne pas lui donner de wild-card.
Touly est déjà dans le tournoi
C’est exactement le même paradoxe que pour Guichard et Leygue chez les hommes.
Carla Touly n’a pas besoin d’une invitation pour jouer à Roland-Garros : elle est déjà en qualifications.
Lui offrir une wild-card lui permettrait évidemment d’éviter les qualifications et d’intégrer directement le tableau principal. Ce serait une récompense sportive logique.
Mais la FFT pourrait aussi considérer qu’elle possède les armes pour aller chercher sa qualification sur la piste et utiliser ses deux invitations du tableau principal pour faire entrer d’autres Françaises qui, aujourd’hui, sont complètement hors du tournoi.
Et la liste d’attente offre plusieurs possibilités.
Bahurel, la première Française sur la liste d’attente
La première Tricolore à apparaître est Louise Bahurel.
Associée à l’Espagnole Ivet Val Lopez, elle occupe la 10e place de la liste d’attente.
Son dossier est particulièrement intéressant.
À seulement 20 ans, Bahurel est actuellement 119e mondiale et a remporté en juin le FIP Bronze d’Osaka avec Ivet Val, précisément la partenaire avec laquelle elle est inscrite à Paris. Les deux joueuses avaient dominé la finale 6/4 6/0 et n’avaient pas perdu un set du tournoi.
Bahurel n’est par ailleurs plus une inconnue pour la FFT : en 2025, elle avait reçu avec Lucile Pothier une wild-card pour le tableau principal du Paris Major.
Elle faisait également partie de l’équipe de France vice-championne d’Europe 2025.
Et elle dispute actuellement les Jeux Méditerranéens, où elle évolue avec Pothier.
Jeunesse, titre international cette saison, équipe de France et expérience de Roland-Garros : son dossier coche beaucoup de cases.
Sireix, Soubrié : des Bleues également en attente
Un peu plus loin apparaît Camille Sireix, associée à la Belge Helena Wyckaert, en 14e position de la liste d’attente.
Sireix n’est pas non plus étrangère au groupe France. Elle faisait partie des huit joueuses sélectionnées pour les Championnats d’Europe 2025.
Même constat pour Charlotte Soubrié, qui forme cette fois une paire 100 % française avec Steffi Merah. Elles sont 16es de la liste d’attente.
Soubrié appartenait elle aussi à l’équipe de France vice-championne d’Europe en 2025. Elle représente actuellement la France aux Jeux Méditerranéens 2026 avec Steffi Merah, où les deux Françaises ont notamment atteint les quarts de finale après avoir largement remporté leur premier match.
On retrouve donc, comme chez les hommes, des joueuses ayant déjà porté le maillot bleu parmi celles qui ne sont actuellement pas admises au tournoi.
Et derrière, une nouvelle génération pousse
La liste ne s’arrête pas là.
Juste derrière Merah / Soubrié apparaissent Lou Lambert Agosti / Kimy Barla, 17es, puis Manon Marcarie / Cassandra Senjean, 18es, Marie-Amélie Dardaine / Clara Mansart, 19es, et enfin Mélissa Martin / Fiona Ligi, 20es.
La FFT dispose donc d’un éventail assez large de profils.
Elle peut privilégier des joueuses déjà installées en équipe de France, récompenser des résultats internationaux récents ou utiliser Roland-Garros comme accélérateur pour des joueuses plus jeunes et des projets d’avenir.
C’est notamment ce qui peut rendre une paire comme Lambert Agosti / Barla intéressante dans la réflexion, tandis que Dardaine / Mansart ou Martin / Ligi offrent encore d’autres possibilités.
Toutes ne peuvent évidemment pas revendiquer le même niveau de priorité. Mais leur présence montre surtout que la profondeur du padel féminin français commence elle aussi à rendre les choix moins évidents qu’il y a quelques saisons.
Et surtout : à qui donner la wild-card des qualifications ?
C’est probablement la question qu’il ne faut pas oublier.
Car en plus des deux invitations pour le tableau principal, une place est réservée à une wild-card dans les qualifications.
Et cette invitation peut permettre à la FFT de construire une stratégie globale.
Si Touly reçoit une wild-card pour le tableau principal, elle quitte la liste des qualifications. Des mouvements peuvent alors intervenir derrière, en fonction de l’évolution définitive des listes et des éventuels forfaits.
Mais indépendamment de ces mouvements, la FFT dispose toujours de sa wild-card qualifications.
Elle pourrait donc, par exemple, envoyer Touly directement dans le tableau et utiliser l’invitation des qualifications pour Bahurel/Val Lopez, Sireix/Wyckaert, Merah/Soubrié ou une autre paire française.
Autre philosophie : laisser Touly tenter de gagner son billet sur la piste et utiliser les deux WC tableau principal + la WC qualifications pour trois autres projets.
C’est là que les possibilités deviennent nombreuses.
L’historique montre que la FFT ne privilégie pas une seule logique
Les choix des deux dernières éditions sont instructifs.
En 2024, les wild-cards du tableau principal avaient été données à Jessica Ginier / Carla Touly et Lucile Pothier / Charlotte Soubrié, deux paires 100 % françaises. Camille Sireix / Louise Bahurel avaient reçu une invitation pour les qualifications.
Un an plus tard, changement de configuration : les deux invitations du tableau principal sont revenues à Louise Bahurel / Lucile Pothier et Jessica Ginier / Chiara Pappacena, tandis que Charlotte Soubrié / Fiona Ligi ont été invitées en qualifications.
La FFT a donc déjà récompensé des cadres de l’équipe de France, des jeunes joueuses et des associations franco-étrangères.
Rien n’indique qu’une paire 100 % française soit automatiquement prioritaire.
Deux Françaises ou une seule par wild-card ?
La question mérite pourtant d’être posée.
Donner une invitation à Touly/Clasca, Bahurel/Val Lopez ou Sireix/Wyckaert permet de promouvoir une Française.
Choisir Merah/Soubrié, Lambert Agosti/Barla, Marcarie/Senjean, Dardaine/Mansart ou Martin/Ligi en fait entrer deux.
Mathématiquement, privilégier les paires 100 % françaises permettrait donc d’augmenter beaucoup plus rapidement la délégation tricolore.
Mais ce critère ne peut évidemment pas suffire à départager les dossiers. Les résultats internationaux, le niveau actuel, le potentiel, l’appartenance au groupe France et la capacité à être compétitive dans un Major devront également peser.
Et l’historique montre que la FFT n’a jamais fermé la porte aux associations internationales.
Touly et Bahurel semblent avoir de sérieux arguments, mais derrière…
À quelques jours de l’annonce, une hiérarchie semble malgré tout commencer à se dessiner.
Carla Touly possède probablement le dossier sportif le plus solide pour passer des qualifications au tableau principal.
Louise Bahurel, première Française de la liste d’attente, championne à Osaka cette saison et déjà membre de l’équipe de France, présente elle aussi de sérieux arguments.
Mais derrière, Sireix, Merah, Soubrié et plusieurs jeunes Françaises peuvent également défendre leur candidature.
C’est finalement là que se situe le dilemme de la FFT.
Faut-il utiliser une wild-card pour améliorer la situation d’une Française déjà assurée de jouer le tournoi, ou profiter de cette invitation pour ouvrir Roland-Garros à une joueuse qui se trouve actuellement sur la liste d’attente ?
Et que faire ensuite de la wild-card des qualifications ?
Avec deux invitations dans le tableau principal et une en qualifications, la FFT dispose de plusieurs combinaisons possibles.
Comme chez les hommes, le choix ne se résumera donc probablement pas à déterminer qui est la meilleure joueuse.
Il faudra décider quelles joueuses et quels projets la Fédération souhaite mettre en avant sur la plus grande scène française de la saison.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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