3e joueuse française au classement du World Padel Tour, Mélissa Martin s’est livrée à Lorenzo Lecci Lopez sur le développement du padel en France et elle nous donner son avis et ses suggestions sur la marche à suivre pour voir ce sport poursuivre sa croissance.

  • Pensez-vous que la FFT devrait investir plus dans le padel pour le faire croitre ?

Je pense que la FFT a déjà bien amorcée ses investissement dans le padel afin de la faire croître depuis 2019 grâce à la création du circuit FFT Padel Tour.

Cependant il reste bien évidemment beaucoup de choses à mettre en place notamment dans les aides qu’ils pourraient apporter au club afin de les développer ainsi que dans la formation d’enseignants de padel. Mais ils ont déjà amorcé des réflexions sur ces sujets.

Il y a beaucoup de choses, c’est un vrai chantier étant un sport tout récent. Il faudrait à plus long terme que la FFT soutiennent les clubs privés qui eux sont de vrais passionnés de padel et sont des clubs beaucoup plus actifs en terme d’organisation de tournois ou d’animations en général que les clubs de tennis qui eux bénéficient d’aides financières de la part de la FFT et de la ville dans la construction de terrains de padel.

Les clubs privés en général ne doivent compter que sur leur investissements privés et personnels.

  • Comment la FFT peut-elle utiliser l’émergence du padel comme une opportunité pour relancer le nombre de licenciés en tennis ?

 La FFT a tout intérêt à développer la compétition de padel car ce sont seulement les joueurs participant aux compétitions qui doivent bénéficier d’une licence. Tous les joueurs loisirs de padel n’en ont pas besoin lors d’une inscription en club. Pour cela il serait donc avantageux de soutenir les clubs dans l’organisation de tournois.

  • Le padel peut-il être considéré comme un complément technique du tennis ?

Personnellement j’ai travaillé dans un club de padel qui dépendait d’une académie de tennis, l’académie Mouratoglou. J’ai donc pu voir et échanger avec beaucoup de joueurs professionnels ou joueurs plus jeunes de l’académie, mais également avec les enseignants et les coachs.

Tous quasiment sans exception m’ont fait part de l’intérêt pour leurs joueurs et joueuses à jouer au padel afin de travailler la volée, la réactivité, le petit jeu de jambes , ou encore la patience donc le mental. Donc oui je pense que cela peut être considéré comme un bon complément technique.

  • Selon vous, le padel devrait-il sortir de la tutelle de la FFT ?

Non je pense pas pour le moment. Le padel s’est vraiment beaucoup plus fait connaître depuis qu’il est sous la tutelle de la FFT.

Je pense que sans la FFT, le padel mettrait très certainement plus de temps à se développer.

Aujourd’hui la FFT permet au padel de bénéficier d’une plus grande visibilité ainsi que des aides financières dont les clubs ont besoin même si pour le moment les clubs privés n’en bénéficient pas mais seulement les clubs de tennis.

La FFT a également commencé à s’impliquer auprès de nous les joueurs professionnels grâce à des aides financières, un responsable élu en charge seulement du padel de haut niveau et donc nous permettant d’avoir une certaine reconnaissance en tant que joueur de haut niveau en France. Ce qui est impossible officiellement n’étant pas sport olympique… Donc sans la FFT ne nous pourrions bénéficier que des aides de sponsors privés.

  • FFT et clubs privés, même combat ?

On espère ! Les clubs ont besoin de plus de soutiens de la FFT, ces structures privées ont besoin que le padel soit plus connu afin d’attirer plus de public pour avoir une rentabilité plus rapide qu’aujourd’hui. Car tous les clubs privés prennent de grands risques financiers. Et donc pour plus de visibilité du padel il faudrait que le sport commence à être retransmis sur des chaînes de télévision. Ce serait un vrai premier et grand pas. Il faudrait également qu’il soit sport olympique , mais on sait que ce ne sera pas avant au moins 2028…

  • Le padel passe d’abord par le monde amateur ?

 Je vais parler en connaissance de cause car je vis en Espagne. Le monde amateur ici n’existerait pas sans le padel professionnel… Ici les gens jouent au padel parce qu’ils connaissent le padel, parce qu’ils le regardent à la télévision, parce qu’ils admirent les joueurs professionnels.

Sans eux il n’y aurait pas de padel… Alors oui dans le fond en France les clubs ne sont pas assez stimulés par de vrais enseignants de padel alors qu’ici chaque club à en général un enseignant par terrain. Mais ici tous les amateurs adorent la compétition quelque soit le niveau, ils ont des tournois organisés tout au long de la semaine, beaucoup de matchs par équipe. Et c’est ce qui marche.

  • Selon vous, quelle serait la meilleure manière pour développer le padel en France ?

Développer le padel main dans la main avec la fédération de tennis.

Lorenzo Lecci López

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Son ambition est de couvrir les plus grands événements sportifs (J.O. et Mondiaux). Il s’intéresse à la situation du padel en France, et offre des perspectives pour un développement optimal.