Quelques jours après avoir décroché la médaille de bronze aux Championnats du monde Seniors Plus 2024, le capitaine de l’équipe de France masculine Simon Boissé revient sur cette semaine de folie où les Bleus ont atteint le meilleur résultat de leur histoire sur des Mondiaux.
Premier ressenti
Je suis cuit, mais heureux ! C’était une longue semaine. J’avais déjà fait les Mondiaux de Las Vegas en 2022 et l’Euro d’Alicante en 2023, je savais à quoi m’en tenir sur une semaine de compétition.
Je suis très content d’avoir battu la Suède ! Cela faisait deux fois qu’on perdait contre eux, j’en faisais un peu une affaire personnelle. Et voilà, victoire 3-1, même pas besoin d’aller au match décisif, une bonne chose de faite !
Le rôle de capitaine
Je suis très content de la manière dont le groupe s’est comporté. J’ai eu de la chance d’être dans la continuité avec certains joueurs qui cochaient toutes les cases : expérience, compétitivité et savoir-être sur et en dehors du terrain. Il y a des vrais leaders, fiables, qui savent endosser les responsabilités au niveau des résultats. Ça facilite grandement le rôle du capitaine.
Tu as des joueurs qui prennent le relais, qui coachent un petit peu à côté pendant l’Open. Chacun doit trouver sa place au sein du groupe, certains sont proches du terrain, d’autres près des encouragements ou de la générosité au quotidien. Je pense que la recette de notre performance c’est l’addition des mots, du leadership et de l’expérience.
Je n’ai pas un statut plus important que les autres. J’ai une fonction, on attend des choses de ma part, mais quand tu as des gens qui ont des compétences dans un groupe, il faut les valoriser pour faciliter la réussite de tout le monde. C’est plus facile d’être capitaine quand tu as une fiabilité sans faille au sein de ton groupe.

L’Open par paires
L’Open nous coûte beaucoup d’énergie. Quand tu es dans une nation qui va loin dans le tableau et que les joueurs passent également des tours dans l’Open, ça fait beaucoup de matchs sur la fin. Coup de chapeau à Olivier qui à 55 ans a tenu le coup en enchainant dix matchs sans n’en rater aucun.
Sur les premiers matchs, j’ai laissé les joueurs un peu libres parce que les premiers tours étaient un peu faciles. Ensuite, j’ai essayé d’aller voir tout le monde, cocher parfois deux ou trois matchs en même temps. Ça me permettait de les voir dans un contexte différent des deux premiers matchs de poule où l’Équateur et l’Uruguay étaient bien en dessous.
T’as des joueurs qui se connaissent, d’autres qui avaient besoin de jouer ensemble, d’autres qui n’avaient même jamais joué ensemble, donc pour affiner mes choix c’était intéressant, tu ne sais jamais si tu vas voir une bonne surprise.

Si proches de l’exploit face à l’Espagne
J’étais porté par deux visions : le bonheur de jouer une équipe comme l’Espagne, mais je me projetais aussi sur l’objectif de la médaille de bronze le lendemain, celle qui était potentiellement plus accessible.
Comme certains joueurs étaient engagés en Open, il a fallu faire des choix sur des catégories pour ménager tout le monde. On savait qu’en +55 et +50 ans on avait quelque chose à faire, puis qu’en +45 et +40 ça allait être dur. On rêvait d’un match décisif avec Adrien et Max.
Au final, on a rempli notre part du contrat. Quand on menait 2-0 (puis 2-1), on a failli y croire avec la belle prestation des +40 ans qui menaient 5/2 dans le deuxième set, puis les +35 ans ont fait un gros match pour faire le boulot. Voilà, l’Espagne c’est l’Espagne, défaite 3-2, mais ça a surpris pas mal de monde. Je pense qu’il y avait une petite opportunité, parce que l’Espagne aurait pu mieux faire dans leur équipe-type, contrairement à l’Argentine qui est venue blindée.
On sait qu’il y a deux nations devant nous, on essaie d’être sur la première marche après l’Argentine et l’Espagne. C’est dur de se projeter à court terme, puisqu’on a déjà un temps de retard par rapport à ces deux nations, donc je ne vois pas comment l’écart pourrait se réduire lorsque les anciennes gloires vont débarquer dans ces catégories.

Sur le plan personnel
Sur le plan personnel, je suis ravi. Ce résultat vient valider une équipe que j’ai composée, qui a été pensée pour être la plus performante possible. En tant que capitaine, ce qui fait la réussite d’un tel évènement c’est l’équipe que tu as composée, la gestion de l’ensemble du groupe au quotidien (ndlr : 14 joueurs) et l’atteinte de l’objectif qu’on s’est fixé.
Ma réussite personnelle, c’est de savoir que j’ai été le plus simple possible. Être naturel, simple et sincère, c’est la manière la plus claire de fonctionner. Il ne faut pas essayer de jouer un rôle, de forcer la décision, de dire qu’on est le chef…
Être capitaine et joueur, ce n’est pas facile, ça demande des efforts, mais j’ai toujours aimé le coaching, je suis très friand de ces rapports humains à travers le sport. Il faut savoir se mettre en danger par moment, et à 40 ans c’est génial de faire partie d’un projet d’équipe comme celui-ci.
Le mot de la fin
La FIP a très bien géré cet évènement, que ce soit en ce qui concerne l’hébergement, l’organisation générale ou les matchs, je pense que l’ensemble des joueurs était satisfait.
Évidemment un mot pour l’équipe : bravo à eux et merci, car ils ont fait preuve de professionnalisme, de compétitivité, d’expérience et de savoir-être. Certes, j’ai fait le casting et je suis un peu producteur dans l’ombre, mais ce sont les acteurs qui font en sorte que les gens aiment le film à la fin !
Retrouvez ici les résultats complets des Mondiaux Seniors Plus 2024.
Joueur de tennis en compétition, Martin découvre le padel en 2015 en Alsace et fait son apparition dans quelques tournois sur Paris. Aujourd’hui journaliste, il traite de l’actualité padel tout en poursuivant son ascension dans le monde de la petite balle jaune !

























































































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