Manuel Vives explique les difficultés des joueurs de padel qui ne font pas partie des meilleurs mondiaux, revient également sur son début de saison et nous partage sa vision sur l’évolution du padel.
Une nouvelle aventure à Madrid
“J’ai déménagé à Madrid cette année, j’ai rejoint Dylan Guichard et Thomas Leygue à l’académie CEPAC de Mati Diaz et Gaston Malacalza, deux légendes du padel. J’ai commencé en février après avoir fait une petite préparation physique à Paris. La raison de ce changement, c’est que la “colocation des Daltons” s’est dissoute à la fin de l’année dernière parce que chacun prenait sa propre direction.
À Barcelone, j’étais un fan absolu du coach Pablo Ayma, qui est notre sélectionneur, mais les entraînements collectifs n’étaient pas toujours au top et il n’était pas très disponible. Je voulais continuer en Espagne tout en restant en colocation. Julien était parti avec sa copine, Philémon était indécis, et Dylan allait à Madrid. Comme je m’entends très bien avec lui et que je savais que leur académie était très sympa, j’ai décidé d’effectuer ce changement ».

Des problèmes d’épaule…
Je me retrouve donc à Madrid et pour l’instant, je n’ai pas obtenu les résultats que je voulais. Au tout début de l’année, j’ai joué en Australie, mais la saison n’avait pas vraiment commencé, c’était un peu spécial. Mais Julien Seurin et moi avons remporté deux tournois, ce qui était très bien.
Après, j’ai participé à deux tournois du Premier Padel avec Jérémy Scatena et ensuite, j’ai disputé deux tournois FIP avec Jérôme Inzerillo qui se sont très mal passés : nous avons perdu deux fois contre Thomas Vanbauce et Maxime Joris, qui jouent très bien en ce moment.
J’ai eu une rechute de mon problème d’épaule avant ces deux tournois : mon épaule s’est luxée plusieurs fois et je l’ai de nouveau luxée juste avant. À partir de là, j’ai commencé à éprouver une certaine appréhension, une peur, j’ai enchaîné deux défaites et je suis extrêmement mauvais à l’entraînement depuis un mois, j’essaie de changer beaucoup de choses. J’ai pris un préparateur mental, je m’entraîne dur, comme toujours, et j’ai confiance dans le fait que la situation va s’améliorer, car ce sont toujours des périodes. J’ai de l’expérience concernant ces situations et je sais qu’après la pluie vient le beau temps.”
Gagner 50 places au niveau international
“C’est assez difficile de se fixer des objectifs au niveau international parce que le classement est assez spécial et mal conçu. J’ai démarré l’année disons à la 170e place, et mon objectif était de finir environ à la 120e. Quand tu dis ça, tu te dis : ‘Il cherche à gagner seulement 50 places, ce n’est pas incroyable.’ Mais le 120e a plus du double de mes points, donc c’est déjà un gros objectif. En réalité, le but est de pouvoir, à la fin de l’année, participer aux Premier Padel avec quelqu’un qui aurait autant de points que moi, sans devoir demander à quelqu’un qui en a plus. Mais cela équivaudrait à être environ 120e/130e mondial.”

Ses axes d’amélioration
“En termes de jeu, il faudrait que je sois plus structuré. Ça a toujours été mon problème parce que je joue beaucoup à l’instinct, un peu comme un joueur de tennis. Je suis un joueur de gauche qui mesure 1m75, ce qui est considéré comme petit pour ce poste. Il faut être, je trouve, extrêmement structuré pour réussir à s’imposer en tant que joueur de gauche, être très régulier, et savoir vraiment ce que l’on doit faire. C’est absolument tout le contraire de ce que je faisais à la base. Ça explique aussi la période un peu compliquée et tous ces changements.”
Une nouvelle raquette pour continuer à s’améliorer
“J’ai changé de raquette il y a un mois, passant de la Python 11 à la Python 12 Silver. La 11 me convenait très bien, mais la 12 Silver est encore plus dure et plus rigide, ce que j’apprécie particulièrement dans une raquette, surtout venant du tennis.
Elle conserve tous les avantages de la 11, c’est-à-dire que c’est une raquette ronde très maniable. En défense, on peut presque faire ce que l’on veut. Sa rigidité facilite l’impact sur la balle, que ce soit en attaque, sur les volées ou sur les smashs, tout en conservant cette sensation de contrôle. Je trouve que c’est un bon compromis. Même si c’est censé être une raquette plutôt défensive, sa rigidité permet de bien attaquer également.”
Difficile de s’en sortir financièrement
“C’est extrêmement difficile de s’en sortir financièrement, tout le monde le sait. En France, nous sommes seulement cinq ou six à réussir à être à peu près à l’équilibre. Moi, je n’y suis pas complètement, mais je ne suis pas loin. Je pense couvrir les trois quarts de mes dépenses. Une saison peut coûter entre 40 000 € et 50 000 €.
Je pense que j’arrive à couvrir les trois quarts grâce à mes sponsors. J’ai aussi l’immense chance d’avoir des parents qui peuvent m’aider un peu. Entre l’aide de mes parents et mes économies, je peux couvrir ce fameux dernier quart. Après, le fait de jouer mal ou bien, financièrement, ça ne change pas grand-chose parce que ce n’est pas comme au tennis où, si tu joues mal, tu gagnes moins d’argent. Dans mon cas, jouer bien ne me fera gagner que 1000 ou 2000 euros de plus dans l’année, ce qui est ridicule. Le prize-money occupe une place dérisoire, environ 90 % à 95 % de l’argent vient du sponsoring.
En revanche, il y a un impact mental évident : jouer mal coûte cher pour la saison, et même si tu as l’aide de tes parents, cela ajoute une grosse pression mentale et suscite beaucoup de questions.”
Les stratégies pour attirer les sponsors
“Pour s’en sortir, i faut soit être très fort, et te faire un nom, ou alors, le meilleur moyen ce sont les réseaux sociaux. Le fait de gagner beaucoup de tournois te donne de la notoriété, ce qui aide pour attirer les sponsors, mais il est aussi possible de se faire connaître davantage grâce à YouTube, TikTok, Instagram… Il est nécessaire de poster régulièrement, mais cela aide grandement à gagner des abonnés.
En termes de revenus, je ne gagne rien directement avec ma chaîne YouTube, mais grâce à cette chaîne, j’ai probablement obtenu des sponsors qui m’ont apporté bien plus que ce que j’aurais eu sans elle. Je ne peux pas le chiffrer précisément, mais c’est certain que cela m’aide énormément. Si tu as une grande visibilité sur les réseaux, les sponsors vont être tentés d’investir sur toi. Gagner de l’argent, être parmi les meilleurs et attirer les sponsors, c’est très difficile et réservé à une toute petite élite. Développer ses réseaux sociaux est difficile, mais cela reste plus abordable.”

Sa vision du padel dans les prochaines années
“Je pense que globalement, nous sommes tous d’accord pour dire que c’est un essor incroyable et que ça continue de grandir. Le circuit Premier Padel est très bien et va continuer à s’imposer ainsi, avec des tournois de plus en plus professionnels.
Sur le plan national, je pense que nous sommes sur la bonne voie également. N’étant pas complètement impliqué, je ne peux pas tout savoir, mais il me semble que les actions de la Fédération française commencent à porter leurs fruits. L’ajout de Benjamin Tison en tant que responsable du haut niveau et du sport est un énorme atout. Avoir quelqu’un qui a joué sur le circuit, qui est parmi les meilleurs et qui est réellement passionné par le développement du padel, c’est un grand avantage. Je pense que cela va grandement aider, notamment au niveau des jeunes et des entraînements, peut-être même pour établir un centre d’entraînement national. Ça va certainement accélérer l’évolution du padel et aider à mieux structurer tout ça au niveau national.”
Les points qu’il voudrait voir évoluer
“J’aimerais que l’on ne soit pas obligé de partir en Espagne pour s’améliorer et pouvoir jouer sur le circuit. Nous sommes tous contraints de le faire, à quelques exceptions près, comme l’académie de JT Peyrou au Big Padel qui porte quand même bien ses fruits. On voit que JT a réussi à former des joueurs qui sont parfaitement compétitifs au niveau international, mais sinon, c’est très difficile.
Il y a aussi les deux jeunes, Yoan Boronad et Timéo Fonteny, qui ont des performances remarquables, pour leur âge et tout ça en s’entraînant seulement en France, mais ce sont des exceptions et nous avons besoin de beaucoup plus d’entraîneurs compétents et de camps d’entraînement. Concernant les entraîneurs compétents, ce n’est pas un reproche envers les Français, c’est juste normal que les Espagnols, qui s’y sont mis beaucoup plus tôt, aient encore un temps d’avance…”
Nouvel adepte du padel, je suis fasciné par ce sport dynamique qui allie stratégie et agilité. Je trouve dans le padel une nouvelle passion à explorer et à partager avec vous sur Padel Magazine.

























































































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