Le Bordeaux P2 a connu l’une des séquences les plus tendues de la semaine lors du 16e entre Alix Collombon / Ksenia Sharifova et Jana Montes / Lucía Sainz. Une action, sur balle de match, a totalement fait basculer la rencontre et relancé un sujet qui revient régulièrement sur le circuit : comment éviter que ce type de situation se reproduise ?

Le moment clé arrive dans le troisième set, à 5/4 pour Montes / Sainz, sur une balle de match. Lucía Sainz défend une balle très compliquée, qui vient mourir tout près de la vitre latérale. Pour Montes et Sainz, la balle est bonne. Pour Sharifova, placée à quelques centimètres de l’impact, elle est faute. L’arbitre suit l’avis de la joueuse et annonce la balle dehors.

Problème : Montes / Sainz n’ont plus de demande vidéo disponible. Impossible donc de faire vérifier l’action. La décision reste celle du juge de chaise, et la balle de match se transforme en 5/5. Derrière, Collombon et Sharifova profitent de la tension, reviennent dans le match et finissent par s’imposer au tie-break du troisième set.

Gemma Triay donne son avis : pour elle, la balle était bonne

La scène a beaucoup fait parler, y compris chez les joueuses. En conférence de presse, Gemma Triay, numéro 1 mondiale, a donné son avis sur cette action. Tandis que beaucoup de personnes voient la balle faute, pour elle, la balle de Lucía Sainz était clairement bonne.

Un avis fort, forcément, parce qu’il vient d’une joueuse qui connaît parfaitement ce type de situation, ce type de rebond, et la difficulté de juger une balle collée à la vitre. Mais il résume aussi bien le problème : même avec les images, les avis restent divisés. Certains voient la balle faute, d’autres la voient bonne. Et quand une action de ce type arrive sur balle de match, la frustration devient forcément énorme.

Côté Montes / Sainz, la colère était visible. Jana Montes n’a pas caché son incompréhension, reprochant à l’arbitre d’avoir pris une décision décisive depuis une position très éloignée de l’action.

Une règle vidéo qui montre ses limites

Le vrai sujet n’est pas seulement de savoir si la balle était bonne ou faute. Le problème est plus large : sur une action aussi décisive, le match peut basculer sans possibilité de vérification, simplement parce qu’une paire a déjà utilisé ses challenges.

C’est là que le système actuel montre ses limites. Le VAR existe, mais il reste conditionné au nombre de demandes disponibles. Une paire peut donc se retrouver sans recours sur le point le plus important du match, même si l’action est extrêmement litigieuse.

Dans ce genre de cas, plusieurs solutions peuvent être envisagées. La première serait de permettre à l’arbitre de demander lui-même la vidéo sur les points majeurs : balle de match, balle de set, tie-break ou action clairement impossible à juger depuis sa position.

Autre piste : garder un challenge supplémentaire uniquement pour le money time, par exemple à partir de 5/5 dans un set, ou dans un tie-break. Cela éviterait qu’un match se joue sur une décision non vérifiable alors que la technologie est disponible.

Enfin, Premier Padel pourrait aussi renforcer le dispositif vidéo sur les zones les plus difficiles à juger, notamment les balles proches des vitres latérales, souvent les plus polémiques. Avec plus d’angles, les décisions seraient plus rapides et surtout plus crédibles aux yeux des joueuses.

Un débat qui dépasse le simple match

Cette polémique ne doit pas enlever le mérite d’Alix Collombon et Ksenia Sharifova, qui ont su rester dans leur match et aller chercher une belle victoire. Mais elle laisse forcément un goût amer pour Jana Montes et Lucía Sainz, qui ont eu le sentiment de voir une balle de match leur échapper sur une décision très contestée.

Le débat est donc ouvert. Dans un circuit de plus en plus professionnel, où chaque victoire compte, le système d’arbitrage doit suivre. Les joueuses et joueurs acceptent l’erreur humaine, mais beaucoup moins quand la vidéo existe et qu’elle ne peut pas être utilisée au moment le plus important.

À Bordeaux, une balle a suffi pour créer la polémique. Reste maintenant à savoir si Premier Padel fera évoluer son règlement pour éviter qu’une situation similaire ne se répète.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !