Après avoir exploré les virulentes Defy et les virevoltantes Endure, nous voilà aujourd’hui de retour sur la piste pour le second chapitre de notre grand dossier d’évaluation. Pour cette nouvelle étape, nous allons confronter deux familles historiques qui incarnent chacune une vision bien distincte du jeu : les historiques Blade V.4 et les célèbres Bela V.3.

A heart-shaped arrangement ofWilson tennis rackets in various colors on a blue tennis court surface on white line accents.

Blade V.4 : la polyvalence avant tout

Avec cette quatrième génération, Wilson n’a pas cherché à bouleverser la Blade de fond en comble. La marque américaine a préféré affiner au millimètre une recette éprouvée qui a déjà largement fait ses preuves sur le court. Particularité de cette gamme, la Blade V.4 est aujourd’hui la seule référence padel de Wilson à reprendre directement le nom d’une icône du tennis. Héritière de la célèbre Blade, longtemps associée à Roger Federer avant son passage sur la RF 01, elle adopte également la même identité visuelle que sa cousine tennistique. Un clin d’œil assumé qui renforce encore les liens entre les deux disciplines. La gamme se décline ainsi en deux modèles aux personnalités bien affirmées pour répondre à chaque type de bras.

Au sommet trône cette fameuse Blade V.4 au format larme, une pala exigeante destinée aux compétiteurs rigoureux. Son toucher assez ferme grâce à la Firm Foam, sa stabilité structurelle impressionnante et son équilibre haut en font une arme de précision redoutable pour les joueurs capables de générer eux-mêmes toute la vitesse de balle nécessaire.
Côté esthétique, Wilson joue la carte de l’élégance discrète. Cette teinte vert émeraude profonde, relevée par un imposant logo blanc souligné d’un liseré vert anis, confère à cette pala une allure et un style très chic. Sobre sans être austère, elle attire le regard par sa finesse plutôt que par l’exubérance, à l’image de son comportement sur la piste : efficace, raffinée et terriblement maîtrisée.

Teal paddle/ racket with a large white W logo and perforated face, black grip, against a light gradient background (informative product image).

Sa petit soeur, la LS V.4 ouvre cette philosophie de jeu à un public beaucoup plus large. Allégée de 10 grammes par rapport à son aînée, elle s’appuie sur un équilibre intermédiaire, un revêtement Fiberglass Weave et une gomme souple. Cette combinaison privilégie d’abord une sortie de balle fluide et généreuse, parfaite pour accompagner le joueur dans ses phases défensives sans exiger un bras de fer permanent. Très permissive, elle propose un compromis séduisant entre contrôle et confort, sans pour autant renier la stabilité structurelle qui fait la force de la famille.

Turquoise padel paddle with a perforated hitting surface and white grip, branded with a large U-shaped logo in the center


Côté cosmétique, cette référence reprend les mêmes codes esthétiques que la Blade V4, mais dans une superbe teinte Mint (menthe) qui lui confère une personnalité bien à elle. Plus lumineuse que le vert profond de sa grande sœur, elle s’associe parfaitement aux logos blancs rehaussés de touches vert anis pour offrir un rendu plus frais et léger. Une cosmétique épurée, sans artifices, qui traduit parfaitement l’esprit de cette version LS : accessible et dynamique.
La Blade LS V.4 est également proposée dans une élégante déclinaison Rose, une teinte très tendance ces derniers temps qui lui confère une identité visuelle encore plus affirmée.

Pink padel racket with a perforated white surface and white grip, facing forward.

Ces modèles partagent plusieurs technologies communes de premier ordre, à commencer par le plan de perçage Duo Grid qui optimise la puissance dans la partie supérieure du tamis tout en renforçant le contrôle sur les frappes plus basses. On y retrouve également la finition texturée Spin Texture, dont le relief améliore sensiblement la prise d’effets sur les balles brossées. Toute la famille Blade poursuit finalement le même objectif de performance : offrir un maximum de maîtrise directionnelle sans jamais sacrifier la polyvalence.

Blade V.3 vs Blade V.4 : une évolution en douceur

Contrairement à certaines gammes qui repartent d’une feuille blanche, Wilson n’a pas cherché à révolutionner la Blade avec cette quatrième génération. La philosophie reste la même, mais plusieurs évolutions témoignent d’une volonté d’élargir son public.

La première saute d’ailleurs aux yeux dès la lecture du catalogue. Là où la Blade V.3 se déclinait en trois versions : Pro, V.3 classique et LS (Light Specifications) –, la nouvelle génération simplifie son offre avec seulement deux modèles : Blade V.4 et Blade LS V.4. La disparition de l’appellation Pro n’est certainement pas anodine. Sans renier l’ADN exigeant des versions Pro de la gamme, Wilson semble avoir souhaité orienter sa nouvelle Blade vers un comportement un peu moins radical et plus accueillant pour un plus grand nombre de joueurs.

Cette évolution se retrouve également dans la conception. Le revêtement en fibres de carbone laisse sa place à un Carbon Fiberglass Composite, un mélange de carbone et de fibre de verre qui adoucit légèrement les sensations sans dénaturer le caractère de la raquette. La mousse rigide Firm EVA est conservée, tout comme la forme goutte d’eau et cette vocation de contrôle qui fait l’identité de la Blade, afin d’améliorer le confort général et d’élargir légèrement la zone de tolérance. Une évolution discrète sur le papier, mais qui se ressent bel et bien une fois les premiers échanges lancés.

À l’essai, la V.4 donne immédiatement une sensation plus tolérante et plus accessible. Son revêtement apporte un toucher plus doux, avec un excellent compromis entre réactivité et confort, là où la Blade V.3 renvoie un ressenti plus sec et plus rigide, typé carbone pur. En jeu, cela se traduit par une V.4 plus facile à prendre en main sur les défenses et les volées, tandis que la V.3 impose un engagement plus franc à la frappe, avec un retour plus direct et plus exigeant.

Two paddle tennis rackets rest on a rocky ledge by the sea at sunset, with orange cliffs in the background and a boat on the water behind them.

Bela V.3 : l’héritage d’un champion, sublimé

S’il existe un joueur dont le nom est devenu indissociable du padel, c’est bien Fernando Belasteguín.
Même après avoir refermé l’immense chapitre de sa carrière professionnelle, son influence continue de guider le développement des raquettes qui portent son nom.
Et cette dernière génération marque probablement l’aboutissement de plusieurs années d’évolution.
Après une gamme Blade recentrée sur deux déclinaisons, Wilson revient à une offre plus complète avec les Bela V.3 au format hybrid, de nouveau proposées en trois versions : Pro, Standard et LS.

La Bela Pro V.3 représente la version la plus exigeante de la gamme, affichant un côté « mastoc » dès la première prise en main. Pour la première fois, Wilson lui offre des faces en carbone 24 K, faisant d’elle la raquette la plus ferme de toute la famille, sans tomber pour autant dans une rigidité absolue. Afin d’équilibrer cette fermeté, la marque conserve la mousse Power Foam, qui apporte juste ce qu’il faut de dynamisme pour éviter un comportement trop punitif.

Padel racket with black textured face, red emblem pattern, numerous white holes, and a red-and-black grip grip at the bottom.

La Bela V.3 standard adopte un carbone 3K, offrant davantage de souplesse tout en conservant une excellente stabilité. Quant à la Bela LS V.3, avec un poids délesté et sa superbe robe N&B, elle privilégie la maniabilité et la facilité d’utilisation sans renoncer aux sensations qui caractérisent la gamme.

Padel racket with a black perforated face featuring a large red W logo, against a pale background.
White Wilson padel racket with a perforated black central face and a white grip, curved shape, and red Wilson logo accents.

Bela V2.5 vs Bela V.3 : la maturité d’une référence

À l’image de la Blade, Wilson n’a pas bouleversé la philosophie de la Bela, mais l’a peaufinée avec intelligence. La Bela V2.5 avait déjà posé des bases très solides en proposant une raquette polyvalente, précise et fidèle à l’ADN de Fernando Belasteguín. Avec cette V.3, la marque américaine pousse le concept un peu plus loin en retravaillant plusieurs éléments clés : sweet spot élargi, stabilité renforcée, nouvelle texture Spin² plus efficace pour les effets, mais aussi un moule légèrement revu qui améliore la tolérance sur les frappes décentrées. Le résultat n’est pas une révolution, mais une évolution qui se ressent rapidement sur la piste.

En jeu, la Bela V3 se montre plus homogène et plus rassurante que sa devancière. Elle conserve cette précision qui a fait le succès de la gamme, tout en offrant davantage de facilité lorsque le rythme s’accélère. Les frappes sont plus limpides, la défense demande moins d’efforts et les phases offensives gagnent en confiance grâce à une meilleure stabilité. La Bela V2.5 reste une excellente raquette, mais cette V.3 apparaît tout simplement comme sa version la plus aboutie, plus moderne dans son comportement et plus agréable à exploiter au quotidien.

Enfin, malgré un cadre lourd et un poids conséquent affichés par la Bela Pro V.3, Wilson réussit un petit tour de force. Grâce à un équilibre contenu et à un sweet spot sensiblement élargi, cette nouvelle version se montre beaucoup moins punitive que sa devancière. Une évolution qui améliore légèrement sa maniabilité sans dénaturer son identité.

Three padel rackets resting on a rocky shoreline with the sea and a sunset in the distance.

Sur la piste : le duel

En jeu, deux écoles s’affrontent : les Blade parlent à la raison, tandis que les Bela s’adressent directement aux sensations de jeu. La V.4 se comporte comme un véritable outil de précision : l’impact est franc, très lisible, avec une sortie de balle et un sweet spot honnête, privilégiant le dynamisme plutôt que la puissance gratuite. En défense, elle demande un minimum d’engagement grâce à un équilibre assez haut et un effet trampoline restreint pour exploiter pleinement son potentiel, mais cette nouvelle génération se montre nettement plus accueillante que la Blade V.3.
La Blade V.4 offre un toucher toujours assez ferme, tandis que la Blade LS V.4, grâce à son poids réduit, son tissage unique en fibre de verre et à sa gomme Soft Eva Eco Bloom, pousse encore plus loin le confort et la facilité d’utilisation.
Ce nouveau noyau, une mousse biosourcée à faible densité développée pour améliorer la connexion entre la balle et la raquette, se distingue par un comportement nettement plus souple que les autres mousses de la gamme. Elle prolonge le temps de contact à l’impact, procurant davantage de sensations, un confort supérieur et une meilleure tolérance sur les frappes décentrées. En échange, elle délaisse le renvoi très sec au profit d’une restitution d’énergie plus progressive, ce qui rend la raquette plus facile à exploiter et plus homogène sur l’ensemble de la zone de frappe.
Au filet, les Blade brillent par leur stabilité exemplaire : la finition Spin Texture permet de brosser des volées coupées particulièrement efficaces, même si un bon centrage reste indispensable pour tirer le meilleur parti de leur précision sur les frappes au-dessus de la tête.

À l’opposé, la gamme Bela offre une expérience beaucoup plus enveloppante et organique, favorisant la construction du point et la qualité de toucher. En fond de court, son sweet spot généreux sur cette dernière génération — y compris sur la très rigide Bela Pro V.3 pardonne volontiers les approximations de placement et procure un poids de balle naturel à chaque relance. La souplesse supplémentaire de la Bela V.3 standard, obtenue grâce à son carbone 3K, la rend encore plus polyvalente. Avec ses faces Comfort Flex, la Bela LS V.3, plus légère, maniable et tolérante, séduira quant à elle les joueurs qui recherchent confort et fluidité sans sacrifier la précision caractéristique de la gamme.

Au filet, les volées gagnent en profondeur grâce à la nouvelle finition 3D sablée, développée selon les exigences de Fernando Belasteguín pour sublimer sa légendaire bandeja, offrant une accroche remarquable sur les coups coupés. Plus indulgente au smash qu’auparavant, la Bela Pro V.3 n’est pas un marteau destiné aux seuls cogneurs, mais une véritable raquette de construction, idéale pour user l’adversaire avant de porter l’estocade au moment opportun.

Close-up of red paddle edge with 'C2 Tubular Construction' label from the collage panel

Verdict : Blade ou Bela ?

Après plusieurs semaines passées avec ces deux familles, une évidence s’impose : Wilson ne propose pas deux gammes concurrentes, mais deux interprétations de la polyvalence offensive.

Les Blade V.4 s’adressent en priorité aux joueurs qui aiment construire l’échange avec méthode. Bien que cette génération se soit très légèrement assouplie par rapport à la V.3, elle conserve un toucher sec et garde précieusement son âme de raquette de contrôle dotée d’une réserve de puissance très saine dès que l’on s’engage dans la balle. C’est un outil d’une justesse remarquable, qui permet de conclure les points avec percussion sans jamais avoir à faire de compromis sur la précision.
La LS V.4 pousse le curseur de la maniabilité encore plus loin. Grâce à sa structure plus souple, cette version poids plume se montre extrêmement tolérante avec le bras, tout en conservant la signature légendaire de la famille : être bonne partout, et mauvaise nulle part.

Les Bela V.3 racontent une autre histoire. Plus instinctives, plus communicatives, elles procurent une connexion avec la balle que peu de raquettes savent offrir. La Bela Pro V.3 impressionne par sa stabilité et sa précision, tout en se révélant plus accessible que ne le laisse penser sa fiche technique. Loin d’être une “planche”, elle absorbe suffisamment les vibrations pour le confort tout en libérant une énergie maîtrisable sur les frappes puissantes, sans jamais que le contrôle ne soit compromis. La Bela V.3 standard constitue probablement le meilleur compromis de la famille. Plus maniable et plus tolérante, elle permet de générer une belle puissance sans exiger une technique irréprochable. De son côté, la Bela LS V.3 séduira avant tout les joueurs en quête de fluidité et d’une prise en main immédiate.

Au final, choisir entre une Blade et une Bela ne revient pas à opposer deux niveaux de performance, mais bien deux façons de ressentir le jeu : la première privilégie la rigueur et la précision, la seconde mise sur le toucher, la connexion avec la balle et le plaisir de chaque impact.

Man crouching on a blue padel court, holding two red Wilson padel rackets, wearing a navy shirt and white shorts, cap and sunglasses.

Verdict du méga-test Wilson 2026 : quatre familles, quatre caractères

Manches et ergonomie : Quand le détail fait la différence

Avant de vous dévoiler mes conclusions, un mot sur le manche de toutes ces références, qui restent officiellement fidèles aux standards Wilson avec une circonférence affichée à 4-1/4″ (taille 2). Personnellement, c’est probablement l’un des meilleurs diamètres du marché : il épouse tellement bien ma main que je n’ai jamais besoin d’ajouter le moindre surgrip, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.

Toutes les gammes ne proposent toutefois pas la même géométrie. En matière de longueur de manche, la hiérarchie est très nette : les Blade disposent du manche le plus court, privilégiant une prise en main ultra-compacte et très naturelle. Elles sont suivies par les Bela et les Defy avec une longueur intermédiaire parfaitement équilibrée.

Enfin, les Endure font figure de véritable exception : en plus d’offrir le manche le plus fin de toute la bande, elles proposent également le plus long ! C’est un atout formidable pour les joueurs qui apprécient davantage d’espace sous la main ou qui jouent régulièrement leur revers à deux mains.

C’est d’ailleurs une vraie curiosité technique qu’il fallait absolument vous signaler : alors que la mesure 4-1/4″ désigne théoriquement la circonférence du manche et reste identique sur le papier pour toutes les raquettes de la marque, les Endure possèdent un grip d’origine nettement moins épais. Résultat : leur circonférence réelle en paume est nettement plus faible et épurée que celle des autres modèles.

Mention spéciale enfin au grip d’origine des Defy : avec son aspect cuir marron, il combine un confort royal, une accroche très convaincante et un look franchement réussi. Un véritable clin d’œil aux mythiques raquettes de tennis Pro Staff… et, je l’avoue, il serait presque dommage de le masquer sous un surgrip !

Enfin, la dragonne molletonnée, commune à l’ensemble de la gamme, apporte un confort particulièrement appréciable. Elle absorbe efficacement la transpiration lors des fortes chaleurs et améliore sensiblement le confort en jeu, un petit détail qui fait une vraie différence au fil des matchs.

Close-up of a black perforated grip on a teal tool body with a barcode label reading 15405254.

Le Grand Final

Avec les Defy, les Endure, les Blade et les Bela, Wilson propose aujourd’hui une des gammes les plus cohérentes du marché, quatre philosophies de jeu, quatre personnalités… à chacun de choisir celle qui lui ressemble. Chaque famille possède une véritable identité et répond à un profil de joueur bien défini, sans jamais empiéter sur le terrain des autres.

Avoir la possibilité de tester les onze références de la gamme simultanément, sur les mêmes terrains, avec les mêmes balles et dans des conditions identiques, représente une véritable valeur ajoutée. C’est la meilleure manière de comparer chaque modèle avec le maximum d’objectivité, en éliminant autant que possible les variables extérieures qui peuvent influencer les sensations. Les différences observées proviennent ainsi des raquettes elles-mêmes, et non du contexte de test.

Les Defy restent les plus offensives : ces glaives s’adressent aux attaquants qui veulent terminer les points avec autorité.
Les Endure incarnent la sécurité et la maîtrise, avec un format rond très maniable pensé pour contrôler le rythme de l’échange, et avec une réserve de puissance conséquente.
Les Blade occupent le territoire de la précision, offrant une lecture très directe de la balle et un contrôle remarquable.
Enfin, les Bela se positionnent comme les plus imposantes de la bande : à l’exact opposé de la maniabilité des Endure, elles pèsent leur poids dès la prise en main et offrent une stabilité dense, brute et sans concession, pour un jeu de sensations fidèle à l’esprit de Fernando Belasteguín.

Un immense merci à Marine Entressangle, Trade Marketing chez Wilson, pour l’envoi des Defy et des Blade, ainsi qu’au grand Joffrey Gilant d’Esprit Padel Shop, qui a permis de boucler la boucle en me mettant entre les mains les nouvelles Endure et Bela. Sans eux, ce méga-test n’aurait tout simplement pas vu le jour.

Stéphane Penso

Fan de padel, Stéphane est devenu le testeur officiel de la planète padel en Europe. Tout passe par ses mains expertes. Grâce à sa grande expérience dans le monde de la raquette, il est capable de vous scanner le matos de la tête aux pieds !