Le FIP Promises Paris by WME Sports ne sera pas uniquement un rendez-vous sportif réunissant les meilleurs jeunes talents internationaux du padel. Le tournoi parisien veut aussi mettre en avant un sujet devenu incontournable dans le sport moderne : la santé et l’accompagnement médical des jeunes athlètes.

À travers le partenariat avec la Clinique du Sport, les organisateurs souhaitent apporter un véritable encadrement autour des joueurs, mais aussi sensibiliser familles, coachs et jeunes compétiteurs aux enjeux liés à la croissance, à la récupération et à la prévention des blessures.

Pour mieux comprendre ces problématiques, Ariel Mani, , Médecin Anesthésiste – Réanimateur à la Clinique du sport présent sur le tournoi, et le Dr Laurine Clédassou, médecin du sport à la Clinique du Sport, ont accepté de détailler les réalités médicales du padel chez les jeunes.

“La performance ne peut plus être dissociée de la prévention”

Pour Ariel Mani, la présence médicale sur un tournoi comme le FIP Promises Paris by WME dépasse largement le simple rôle d’intervention en cas de blessure.

“Mon rôle est avant tout d’assurer la sécurité médicale des joueurs et l’organisation de la prise en charge en cas de problème.”

Sur un tournoi réunissant de jeunes joueurs venus de plusieurs pays, l’objectif est aussi de créer un environnement rassurant pour tout le monde :

“L’objectif est d’offrir un environnement rassurant, réactif et professionnel, pour que le sportif, sa famille et son staff sachent qu’en cas de problème, la prise en charge sera immédiate et adaptée.”

Mais derrière l’aspect médical pur, il existe aussi une volonté forte de prévention.

“Aujourd’hui, la performance sportive chez les jeunes ne peut plus être dissociée de la prévention et de la santé.”

Le padel jeune n’a rien à voir avec le padel adulte

Le Dr Laurine Clédassou rappelle une réalité essentielle : un jeune joueur n’est pas un adulte miniature.

“Un joueur de padel jeune est différent d’un joueur adulte dans le fait qu’il est en pleine croissance.”

Chez les adolescents, les structures osseuses et articulaires ne sont pas encore totalement développées. Les cartilages de croissance restent fragiles et certaines zones deviennent particulièrement vulnérables lors des phases de croissance rapide.

Le médecin évoque notamment :

  • les apophysoses,
  • les ostéochondrites,
  • les douleurs de croissance,
  • ou encore les pathologies liées aux insertions tendineuses.

Le padel, avec ses :

  • changements d’appuis,
  • pivots,
  • accélérations,
  • freinages,
  • déplacements latéraux,
  • et répétitions de matchs,

sollicite énormément ces zones sensibles.

Les blessures les plus fréquentes chez les jeunes joueurs

Contrairement aux adultes, les jeunes développent moins souvent des grosses lésions musculaires ou des ruptures tendineuses.

“On voit moins de lésions musculaires, de ruptures tendineuses ou de douleurs lombaires chez l’enfant.”

En revanche, certaines pathologies sont très spécifiques au jeune âge :

  • maladie d’Osgood-Schlatter au genou,
  • maladie de Sever au talon,
  • douleurs de croissance,
  • surcharge du coude,
  • épicondylites,
  • microtraumatismes liés à la répétition des gestes.

Le Dr Clédassou insiste aussi sur un autre danger souvent sous-estimé : le surentraînement.

“L’engouement pour ce sport ces dernières années nous oblige à dépister les enfants à risque de surentraînement.”

Aujourd’hui, certains jeunes enchaînent :

  • entraînements,
  • stages,
  • compétitions,
  • championnats par équipes,
  • déplacements,

avec parfois trop peu de récupération.

“Les jeunes minimisent souvent leurs douleurs”

L’un des plus gros problèmes selon les médecins reste la capacité des jeunes à banaliser certaines douleurs.

“Un joueur passionné de padel préférera toujours minimiser sa douleur pour pouvoir jouer.”

Le rôle des parents et des coachs devient donc essentiel pour détecter les signaux d’alerte :

  • fatigue chronique,
  • douleurs qui durent plusieurs jours,
  • baisse de performance,
  • troubles du sommeil,
  • irritabilité,
  • perte de motivation,
  • répétition des blessures.

Les médecins rappellent qu’une douleur persistante ne doit jamais être ignorée, surtout chez un joueur en pleine croissance.

Le matériel et l’échauffement jouent un rôle énorme

Autre sujet souvent négligé : le matériel.

Le Dr Clédassou insiste sur l’importance :

  • d’une raquette adaptée à l’âge et au niveau,
  • d’un grip correctement ajusté,
  • ainsi que de chaussures avec un bon amorti et des renforts latéraux.

Un matériel mal adapté augmente fortement les risques de :

  • tendinites,
  • douleurs au coude,
  • ou microtraumatismes.

Même constat concernant l’échauffement, trop souvent bâclé chez les jeunes joueurs.

“C’est à froid qu’on risque de se blesser davantage.”

Le médecin recommande un échauffement complet d’environ 15 minutes avec :

  • footing,
  • mobilité articulaire,
  • accélérations,
  • travail des appuis,
  • activation des épaules,
  • et répétition des gestes spécifiques du padel.

Hydratation, sommeil et récupération : les vraies clés du haut niveau

Les médecins présents sur le tournoi insistent énormément sur trois éléments encore trop sous-estimés :

  • le sommeil,
  • l’alimentation,
  • et l’hydratation.

“Hydratation, alimentation et sommeil sont les points clés.”

Chez les jeunes, la récupération devient fondamentale lorsqu’il faut enchaîner plusieurs matchs sur plusieurs jours.

Le Dr Clédassou conseille notamment :

  • eau et électrolytes juste après les matchs,
  • apport rapide en glucides et protéines,
  • étirements légers,
  • glace sur les zones sensibles,
  • et surtout 9 à 10 heures de sommeil.

Elle recommande également plusieurs outils simples mais efficaces :

  • rouleau de massage,
  • balle de mobilité plantaire,
  • élastiques,
  • cryothérapie pour certains joueurs,
  • ou encore suivi précis de l’hydratation.

Une vraie réflexion autour du développement du padel

Pour Ariel Mani, la présence de la Clinique du Sport sur le FIP Promises Paris dépasse largement le simple partenariat médical.

“Le padel connaît une croissance extrêmement rapide, notamment chez les jeunes, et il nous semblait important d’être présents sur le terrain.”

L’idée est aussi d’accompagner la structuration d’un sport en pleine explosion.

“Il y a la volonté d’accompagner un projet dynamique, structuré et tourné vers la nouvelle génération du sport.”

Les médecins voient d’ailleurs le padel comme un sport extrêmement intéressant d’un point de vue santé publique :

“Le padel présente beaucoup d’atouts : c’est un sport accessible, ludique, social.”

Mais ils rappellent aussi qu’avec l’intensification de la pratique, le besoin d’encadrement devient de plus en plus important.

“Le plus important reste le plaisir”

Malgré tous les enjeux de performance, le Dr Clédassou tient à rappeler un point essentiel pour les jeunes joueurs :

“Prendre du plaisir à jouer, s’amuser.”

Car au-delà des résultats et du haut niveau, l’objectif reste avant tout de permettre aux jeunes de pratiquer longtemps, en bonne santé et dans les meilleures conditions possibles.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !