On pourrait penser qu’une fois éliminé d’un tournoi, le travail est terminé. Aux Premier Padel Finals, ce n’est pas forcément le cas.
Le règlement Premier Padel 2026 prévoit en effet un mécanisme particulièrement étonnant : lors des journées des demi-finales et de la finale, certaines paires déjà éliminées doivent rester sur place et être prêtes à rejouer, sous la forme d’un match d’exhibition, en cas de forfait.
Et l’obligation est loin d’être symbolique : ne pas être disponible au moment où le règlement l’exige peut entraîner une sanction équivalente à 50 % du prize money remporté pendant les Finals.
Attention cependant à un point essentiel : cette disposition est spécifique aux Premier Padel Finals. Elle ne s’applique pas de cette manière à l’ensemble des tournois Major, P1 et P2 du circuit.
Une règle spécifique aux Premier Padel Finals
C’est probablement la précision la plus importante.
La disposition que nous avons retrouvée dans le règlement officiel 2026 concerne le fonctionnement particulier des Premier Padel Finals, le tournoi de fin de saison réunissant les meilleurs joueurs et joueuses de la Race.
Il ne faut donc pas en déduire qu’un joueur éliminé en demi-finale d’un P1, d’un Major ou d’un P2 doit systématiquement rester sur place pour éventuellement jouer une exhibition.
La règle analysée ici appartient bien au dispositif particulier des Finals.
Et son fonctionnement est très précisément décrit.
Les deux paires perdantes les mieux classées doivent rester
Le règlement indique :
“On Semi-Final and Final Day, the top two losing Ranking pairs from the previous round must be On Site and ready to play an exhibition match in the event of any withdrawal.”
Soit :
« Les jours des demi-finales et de la finale, les deux paires perdantes les mieux classées du tour précédent doivent être présentes sur place et prêtes à jouer un match d’exhibition en cas de forfait. »
La formulation apporte une nuance importante.
Toutes les paires éliminées ne sont pas obligées de rester.
L’obligation concerne les deux paires perdantes les mieux classées du tour précédent.
Premier Padel dispose ainsi de deux paires susceptibles d’être mobilisées si un forfait vient perturber le programme des demi-finales ou de la finale.
Éliminé… mais pas encore totalement libéré
Prenons un cas concret.
Une paire perd son match et est donc sportivement éliminée des Premier Padel Finals.
Dans un tournoi classique, elle pourrait normalement considérer que sa compétition est terminée.
Aux Finals, si elle fait partie des deux paires perdantes les mieux classées concernées par cette disposition, elle doit encore rester sur place et être prête à jouer.
Non pas pour réintégrer le tableau ou remplacer officiellement la paire forfaitaire, mais pour disputer une exhibition destinée à remplacer le match qui ne peut plus avoir lieu.
La distinction est importante : le résultat de l’exhibition ne modifie pas le tableau des Finals.
Même l’exhibition possède son propre format
Premier Padel ne se contente pas de prévoir une rencontre improvisée.
Le règlement encadre également son format.
Le match de remplacement est prévu au meilleur des trois manches, avec deux premiers sets et, si nécessaire, un super tie-break en dix points en guise de troisième set.
L’objectif semble assez évident, même si le règlement n’en donne pas explicitement la justification : disposer d’une solution permettant de maintenir un match au programme en cas de forfait lors des deux journées les plus importantes de l’événement.
Ne pas rester peut coûter la moitié du prize money
C’est probablement l’aspect le plus contraignant de cette règle.
Une paire concernée ne peut pas simplement décider que, puisqu’elle est éliminée, elle préfère quitter la ville.
Le règlement prévoit une sanction financière.
Si une paire qui devait être présente et prête à remplacer un demi-finaliste forfaitaire pour l’exhibition n’est pas disponible, elle doit payer une amende correspondant à 50 % du prize money remporté pendant le tournoi.
Même principe lorsqu’une paire doit être disponible pour l’éventuelle exhibition organisée à la suite du forfait d’un finaliste : son absence peut également entraîner une sanction équivalente à 50 % de son prize money.
On comprend alors que « rester sur place » n’est pas une simple invitation de l’organisation.
C’est une véritable obligation réglementaire pour les paires concernées.
Encore plus étonnant : le finaliste restant doit lui aussi jouer l’exhibition
Le règlement va encore plus loin lorsqu’un forfait intervient en finale.
Imaginons qu’une paire se qualifie pour la finale, mais que son adversaire soit ensuite contraint de déclarer forfait.
Sportivement, la finale ne peut plus être disputée.
On pourrait imaginer que la paire restante soit simplement libérée de ses obligations.
Ce n’est pas ce que prévoit le règlement.
Il indique :
“If any pair withdraws from the final, the remaining finalist must play the exhibition match…”
Soit :
« Si une paire déclare forfait pour la finale, le finaliste restant doit jouer le match d’exhibition. »
Le spectacle doit donc, dans la mesure prévue par le règlement, continuer.
Et cette obligation peut elle aussi avoir des conséquences financières en cas de refus.
Le finaliste forfaitaire perd également une partie de son prize money
Le forfait en finale a une autre conséquence.
Le règlement prévoit :
“If a team withdraws from the final, they shall only receive the prize money from the round prior to their withdrawal.”
Soit :
« Si une équipe se retire de la finale, elle ne reçoit que le prize money correspondant au tour précédant son forfait. »
Une paire qui atteint la finale mais ne peut finalement pas la disputer ne perçoit donc pas la dotation correspondant normalement à son statut de finaliste.
Même règle chez les femmes
Sur ce point, pas de différence entre les circuits masculin et féminin.
Le règlement féminin prévoit également que les paires perdantes concernées restent disponibles pour une éventuelle exhibition lors des journées des demi-finales et de la finale.
La sanction de 50 % du prize money en cas d’absence est également prévue.
La règle s’applique donc de manière symétrique aux hommes et aux femmes lors des Premier Padel Finals.
Pourquoi Premier Padel a-t-il prévu une telle règle ?
Le règlement ne donne pas directement la raison commerciale ou organisationnelle de cette disposition.
Il faut donc distinguer ici ce qui est écrit du raisonnement que l’on peut en tirer.
Les Finals constituent l’un des événements les plus exposés de la saison. Les demi-finales et la finale sont programmées pour le public, les diffuseurs et les partenaires.
Un forfait de dernière minute peut laisser un créneau sans rencontre.
Le mécanisme de l’exhibition offre donc, en pratique, une solution de secours permettant de proposer malgré tout un match.
Ce qui explique probablement pourquoi Premier Padel exige que certaines paires éliminées restent disponibles jusqu’au bout.
Une règle déjà utilisée ?
À notre connaissance, nous n’avons retrouvé aucun précédent documenté dans l’histoire des Premier Padel Finals où cette disposition précise aurait effectivement été activée, avec une paire déjà éliminée rappelée sur la piste pour disputer l’exhibition prévue à la suite du forfait d’un demi-finaliste ou d’un finaliste.
Nous n’avons pas davantage identifié de précédent comparable dans les anciens Master Final du World Padel Tour, où une paire éliminée aurait été maintenue à disposition puis rappelée spécifiquement pour remplacer par une exhibition une demi-finale ou une finale devenue impossible à disputer.
Il faut néanmoins être prudent : l’absence de précédent retrouvé ne permet pas d’affirmer qu’un tel cas n’a absolument jamais existé. Elle signifie simplement qu’aucun cas suffisamment documenté n’a été identifié dans les sources consultées.
Premier Padel a déjà connu des finales qui n’ont pas été disputées en raison d’un forfait. Ce fut notamment le cas au Riyadh Season P1 2025 : Bea González et Claudia Fernández avaient atteint la finale, mais le forfait de González avait conduit à l’annulation du match et au titre d’Ariana Sánchez et Paula Josemaría. Cette situation concernait cependant un P1 et non les Premier Padel Finals. La règle étudiée dans cet article ne s’y appliquait donc pas.
Les Finals ont également accueilli des exhibitions organisées indépendamment de ce mécanisme réglementaire. Elles ne doivent pas être confondues avec le match de remplacement prévu en cas de forfait.
À ce stade, cette disposition apparaît donc surtout comme un mécanisme de sécurité prévu pour une situation exceptionnelle, plutôt qu’une procédure régulièrement utilisée.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.































































































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