Alors que la seconde demi-finale masculine entre Agustín Tapia / Arturo Coello et Momo Gonzalez / Lucas Campagnolo n’a toujours pas débuté au Foro Italico, l’agacement commence à monter en coulisses.

La raison ? La demi-finale féminine opposant Ariana Sánchez / Paula Josemaría à Andrea Ustero / Alejandra Alonso, engagée dans un combat marathon qui s’approche des quatre heures de jeu.

Pendant ce temps, la première demi-finale masculine entre Juan Lebrón / Leo Augsburger et Ale Galán / Fede Chingotto a été bouclée en seulement 1h20. À 15h50, les vainqueurs avaient déjà quitté la piste depuis longtemps, alors que les quatre joueurs de la seconde demi-finale attendent encore leur tour à 22h.

Un avantage évident pour Chingotto et Galán

Dans une compétition où les matchs s’enchaînent et où chaque heure de récupération compte, l’écart est considérable.

Pendant que Galán et Chingotto peuvent déjà récupérer, recevoir des soins, s’alimenter et préparer sereinement leur finale, les futurs adversaires issus de l’autre demi-finale doivent encore patienter avant même d’entrer sur le court.

Selon plusieurs échos recueillis autour du tournoi, les quatre joueurs concernés ne cachent pas leur frustration. Beaucoup estiment qu’une meilleure organisation aurait permis d’éviter cette situation, d’autant que les deux premières demi-finales de la journée avaient été relativement courtes.

La première demi-finale féminine avait pourtant débuté à 13 heures.

Mais cette journée relance inévitablement le débat.

Plusieurs joueurs considèrent qu’il faudrait avancer le programme d’au moins une heure, voire davantage. Certains évoquent même un début des demi-finales dès 11 heures du matin afin de limiter les risques de débordement.

Car si les deux premiers matchs avaient eux aussi dépassé les trois heures de jeu, la situation aurait pu devenir encore plus problématique.

L’alternance dames-messieurs remise en question

L’autre sujet qui fait débat concerne l’ordre des rencontres.

À Rome, l’organisation a choisi d’alterner les tableaux :

  • Demi-finale dames
  • Demi-finale messieurs
  • Demi-finale dames
  • Demi-finale messieurs

Une formule qui garantit une exposition équivalente aux deux tableaux, mais qui peut créer un véritable déséquilibre sportif.

Le dernier match de la journée est mécaniquement celui qui subit tous les retards. Son vainqueur dispose ensuite de beaucoup moins de temps pour récupérer avant la finale du lendemain.

À l’inverse, les joueurs ayant terminé plusieurs heures plus tôt bénéficient d’un avantage non négligeable dans leur préparation physique, tactique et mentale.

Certains acteurs du circuit estiment ainsi que les deux demi-finales masculines, comme les deux demi-finales féminines, devraient être programmées à la suite afin de garantir une équité maximale.

Un autre problème encore plus important : les conditions de jeu

Mais au-delà de la récupération, un autre élément inquiète particulièrement les joueurs.

L’Italy Major se dispute en extérieur, et les conditions évoluent fortement au fil de la journée.

Au moment où cette demi-finale féminine s’éternise, l’humidité commence déjà à produire ses effets sur le court central. Les vitres deviennent progressivement plus glissantes, les rebonds plus aléatoires et les conditions générales n’ont plus grand-chose à voir avec celles observées quelques heures auparavant.

Or, les quatre joueurs qui entreront sur la piste pour la dernière demi-finale masculine devront composer avec ces paramètres très particuliers.

Le problème est évident : ils joueront dans des conditions qui pourraient être totalement différentes de celles de la finale du lendemain.

Ces conditions pourraient même influencer directement le résultat sportif.

La domination d’Arturo Coello et Agustín Tapia repose en grande partie sur leur capacité à imposer un rythme offensif extrêmement élevé. Leur puissance, leur agressivité au filet et leur efficacité dans les phases d’attaque leur permettent généralement de creuser des écarts importants face à la concurrence.

Mais lorsque l’humidité s’installe, certains repères disparaissent.

Les vitres répondent différemment, les trajectoires deviennent moins prévisibles et le jeu peut perdre une partie de sa logique habituelle. Dans ces circonstances, les écarts entre les équipes ont parfois tendance à se réduire.

Sans remettre en cause le statut de favoris des numéros 1 mondiaux, ces conditions particulières pourraient offrir une fenêtre d’opportunité à Momo González et Lucas Campagnolo.

Plus le match avancera dans la soirée, plus l’humidité pourrait devenir un facteur déterminant. Et dans un contexte où l’imprévisible prend davantage de place, le niveau de jeu pourrait naturellement s’équilibrer.

Alors que la dernière demi-finale masculine n’avait toujours pas commencé, la polémique n’avait pas encore éclaté publiquement. Mais dans les couloirs du Foro Italico, le sujet était déjà sur toutes les lèvres.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.