À seulement 21 ans, Giulia Dal Pozzo s’impose déjà comme l’un des plus grands espoirs du padel italien. Classée 31e mondiale, la joueuse originaire de Borgo Maggiore (Saint-Marin) poursuit une ascension fulgurante après avoir débuté la saison au-delà de la 65e place mondiale. Ancienne joueuse de tennis, elle dispute en 2026 sa première saison complète sur le circuit Premier Padel et commence déjà à bousculer les meilleures paires de la planète. Dans cet entretien accordé à Padel Magazine, elle revient sur son parcours, sa progression, la polémique arbitrale de Valladolid, ses ambitions et les joueuses qui l’inspirent.

L’explosion de Giulia Dal Pozzo

Padel Magazine : Tu es aujourd’hui 31e mondiale et deuxième Italienne, à seulement trois places de Carolina Orsi. En début d’année, tu étais bien plus loin au classement…

Giulia Dal Pozzo : Oui, je crois que j’étais autour de la 67e place mondiale. C’est vrai que la progression a été très rapide cette saison et forcément, cela fait plaisir de voir que le travail paie.

L’an dernier, j’avais disputé quelques tournois, mais je n’avais pas suffisamment de points pour entrer dans tous les tableaux. Cette année, c’est vraiment ma première saison complète sur le circuit Premier Padel.

J’ai joué au tennis toute ma vie. J’ai commencé à trois ans grâce à ma mère, qui était joueuse et également mon entraîneure. Puis vers 16 ou 17 ans, j’ai découvert le padel. Je suis immédiatement tombée amoureuse de ce sport. Petit à petit, j’ai laissé le tennis de côté pour me consacrer entièrement au padel, et aujourd’hui je ne regrette absolument pas ce choix.

Tu t’entraînes principalement en Italie. Est-ce suffisant pour viser le très haut niveau ?

Je travaille avec mon entraîneur Carlo Conti en Italie. De temps en temps, je vais aussi en Espagne pour m’entraîner avec ma partenaire.

Pour l’instant, je pense que cela fonctionne bien. Ce qui me manque surtout, c’est le rythme des joueuses de très haut niveau. En Italie, je m’entraîne souvent avec des garçons. En Espagne, il y a beaucoup plus de joueuses professionnelles disponibles pour les entraînements.

Je pense finalement que le meilleur équilibre est de combiner les deux.

« En Espagne, il y a davantage de joueuses pour progresser »

Penses-tu qu’il soit indispensable de vivre en Espagne pour réussir dans le padel professionnel ?

Pas forcément.

Je crois qu’on peut construire une carrière en restant en Italie, au Portugal ou même en France. Mais il est évident qu’en Espagne, le niveau global est plus élevé et que la densité de joueuses professionnelles permet de progresser plus rapidement.

Aujourd’hui, je suis satisfaite de mon organisation.

Giulia Dal Pozzo : « L'arbitre s'est trompé… Mon rêve est de devenir numéro 1 mondiale »

Une polémique qui fait encore parler

Vous arriviez de Valladolid, où les conditions étaient totalement différentes. Comment avez-vous préparé ce tournoi ?

Les conditions étaient complètement opposées.

Nous avons effectué deux entraînements dès notre arrivée afin de comprendre la piste, les rebonds et de nous adapter le plus vite possible.

À Valladolid, votre demi-finale a été marquée par une décision arbitrale très contestée. Que s’est-il réellement passé ?

Oui, tout le monde en parle encore aujourd’hui.

Sur cette action, j’ai vu clairement la balle faute. Ma partenaire s’est arrêtée également. Nous avons demandé la vidéo, mais l’arbitre nous l’a refusée.

Nous avons essayé d’en discuter avec l’arbitre et même avec la juge-arbitre, mais il n’a jamais été possible d’expliquer réellement la situation.

À mon avis, il y a eu une erreur.

Est-ce ce point qui vous fait perdre le match ?

Je ne dirais pas qu’un seul point fait perdre une rencontre.

En revanche, il change complètement la dynamique.

Nous menions 4-2 contre la deuxième meilleure paire mondiale. Au lieu de revenir à égalité, nous nous retrouvons rapidement menées. Mentalement, cela change énormément de choses.

Quand une opportunité de battre une telle équipe se présente, elle est rare. Si cette opportunité disparaît à cause d’une erreur, c’est extrêmement difficile de retrouver la même énergie.

Giulia Dal Pozzo : « Mon rêve est de devenir numéro 1 mondiale »

« Nous nous rapprochons des meilleures »

As-tu le sentiment que vous êtes désormais capables de rivaliser régulièrement avec le Top 5 mondial ?

Oui.

Les résultats obtenus ces derniers mois nous donnent énormément de confiance.

Nous savons désormais que nous pouvons rivaliser avec les meilleures grâce à notre niveau de jeu. Petit à petit, nous réduisons l’écart.

Te vois-tu un jour numéro 1 mondiale ?

C’est mon rêve.

Je travaille chaque jour avec cet objectif en tête et j’espère qu’un jour il deviendra réalité.

« Il faut utiliser davantage la vidéo »

Comment améliorer l’arbitrage selon toi ?

Je sais que le métier d’arbitre est très difficile.

Un seul arbitre ne peut pas voir parfaitement toutes les trajectoires.

C’est précisément pour cela que la vidéo existe.

Lorsqu’il y a un doute, il faut l’utiliser.

On pourrait aussi imaginer deux arbitres placés de chaque côté de la piste afin de mieux contrôler certaines balles impossibles à juger depuis la chaise.

Les joueuses peuvent également essayer de mieux communiquer entre elles lorsque cela est possible.

Une attaquante naturelle

Quel est ton meilleur coup ?

Je dirais la frappe au smash et le rulo.

Pourquoi ce coup fonctionne-t-il si bien chez toi ?

Je ne sais pas vraiment.

Depuis mes débuts, j’ai toujours eu de bonnes sensations sur cette frappe.

Ce n’est même pas parce que je la travaille énormément. C’est un geste qui me vient naturellement.

À l’entraînement, tu privilégies tes points faibles ou tes points forts ?

Je travaille surtout mes points faibles.

Mais je continue aussi à entretenir mes meilleurs coups afin qu’ils restent une arme.

Giulia Dal Pozzo : « Mon rêve est de devenir numéro 1 mondiale »

Le Top de Giulia Dal Pozzo

Meilleur coup droit du fond : Claudia Fernández

Meilleur revers du fond : Gemma Triay

Meilleure volée de coup droit : Paula Josemaría

Meilleure volée de revers : Claudia Fernández

Meilleur lob : Gemma Triay

Meilleur smash : Andrea Ustero

Meilleure víbora : Gemma Triay

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.