Vainqueurs du Bordeaux Premier Padel P2 au terme d’une belle finale face à Alejandro Galán et Federico Chingotto (5/7 7/6 6/2), Arturo Coello et Agustín Tapia avaient déjà donné le ton la veille de leur sacre. En conférence de presse, après leur demi-finale remportée contre Paquito Navarro et Martín Di Nenno, les numéros un mondiaux s’étaient confiés sur leur niveau d’exigence, leur domination actuelle et leur rivalité avec les numéros deux mondiaux. Avec le recul, leurs déclarations résonnent encore davantage tant elles semblent avoir annoncé le scénario du lendemain.

Face à Paquito Navarro et Martín Di Nenno, Coello et Tapia ont dû hausser progressivement leur niveau avant de prendre définitivement le contrôle de la rencontre. Une capacité d’adaptation qui s’est retrouvée en finale, lorsqu’ils ont su renverser Galán et Chingotto après la perte du premier set pour s’offrir un nouveau titre sur le circuit Premier Padel.

« Paquito et Martín ont retrouvé un niveau exceptionnel »

Arturo Coello : Jouer contre Paquito et Martín nous oblige presque à replonger dans les vidéos de leurs anciens matchs. Ils ont montré dans ce tournoi un niveau très proche de celui qu’ils avaient il y a quelques années. Martín a été extrêmement solide et très difficile à manœuvrer.

Ils ont commencé le match avec beaucoup plus de rythme que nous. Ils étaient plus précis dès les premiers jeux. Notre mérite a été de rester calmes, de tenir nos mises en jeu, puis de monter progressivement en puissance. À partir de là, notre niveau a vraiment augmenté et, malgré un début compliqué, je pense que nous avons livré un très bon match.

Concernant notre troisième set d’hier (En 1/4 face à Compagnolo / Momo), je crois qu’il faut aussi rendre hommage à nos adversaires. Dès qu’une équipe nous emmène dans un troisième set, on dit souvent que nous avons mal joué. Pourtant, il faut reconnaître que ces équipes préparent très bien leurs matchs contre nous. Elles analysent notre jeu, trouvent des solutions et rendent les rencontres extrêmement compliquées.

Au final, ce que je retiens surtout, c’est notre capacité à répondre présent lorsque la difficulté augmente. Hier, notre troisième set a probablement été notre meilleur du match. Nous sommes très satisfaits parce que nous nous adaptons aussi bien aux pistes rapides qu’aux pistes très lentes. J’espère que nous continuerons sur cette dynamique en finale.

Coello / Tapia : « Paquito / Di Nenno ont montré au Bordeaux P2 un niveau très proche de celui qu'ils avaient il y a quelques années »
Premier Padel Bordeaux P2

« Pour nous battre, il faut faire énormément de choses bien »

Agustín Tapia : Je pense que beaucoup d’équipes jouent leur meilleur padel contre nous. Au début du match, elles peuvent parfaitement tenir le rythme. Mais si nous parvenons à rester solides et à obtenir un break, il arrive souvent qu’elles baissent légèrement d’intensité.

Nous savons aussi qu’avant même d’entrer sur le terrain, nous sommes les favoris. Cette pression existe également pour nos adversaires.

Notre force, c’est de ne jamais abandonner. Même lorsque nous perdons un premier set ou que nous sommes en difficulté, nous continuons à nous battre. Je pense que nous avons montré cette saison que, pour nous battre, il faut réaliser un très grand match. Nous ne donnons jamais rien facilement.

« Galán et Chingotto continuent de nous surprendre »

Arturo Coello : C’est justement ce qui rend cette rivalité passionnante. (cette 38e confrontation face Galan / Chingotto)

Nous disposons d’énormément de matchs à analyser, notamment celui disputé ici même l’an dernier. Mais nous regardons surtout leur niveau actuel et ce qu’ils ont proposé cette semaine.

Ce qui est intéressant, c’est que nous continuons à nous surprendre mutuellement. Chaque paire apporte régulièrement de nouvelles idées, de nouveaux schémas tactiques. Cela nous oblige à rester en permanence au plus haut niveau de concentration.

Notre préparation ne change pas : une séance légère le matin pour retrouver de bonnes sensations, puis une analyse approfondie avec notre équipe avant le match afin d’arriver prêts à répondre à toutes les situations.

« Les finales restent les mêmes parce que tout le monde progresse »

Padel Magazine : Martín Di Nenno expliquait que les conditions de jeu à Bordeaux étaient idéales pour son équipe. Pourtant, vous avez gagné avec une certaine marge. Avez-vous le sentiment d’avoir encore une longueur d’avance sur le reste du circuit ?

Agustín Tapia : Je pense que les résultats parlent d’eux-mêmes.

Si les mêmes équipes se retrouvent régulièrement en finale, ce n’est pas un hasard. Mais je crois surtout que tout le monde progresse.

Lorsque je compare notre niveau à celui de Bordeaux l’an dernier, je trouve que nous jouons beaucoup mieux. Galán et Chingotto aussi ont énormément progressé.

Le fait de nous affronter constamment nous pousse tous à élever notre niveau. Ces grandes finales nous obligent à progresser et cela nous permet ensuite d’aborder les autres tours avec davantage de confiance.

Bien sûr, un jour quelqu’un jouera mieux que nous et nous éliminera. Mais aujourd’hui, lorsque nous entrons sur un quart de finale ou une demi-finale, nous savons que nous faisons partie des favoris et nous utilisons ce statut comme une force.

« J’ai souffert devant le match de l’Argentine »

Interrogé sur la qualification de l’Argentine au football la veille, Agustín Tapia n’a pas caché avoir vécu une soirée éprouvante.

Agustín Tapia : C’était très dur à regarder… Très stressant aussi. J’ai suivi le match ici avec un ami qui célébrait les buts adverses juste pour me taquiner !

Je ne suis pas certain de regarder le prochain avec lui… Nous avons beaucoup souffert, mais heureusement nous sommes qualifiés. J’espère maintenant que l’équipe deviendra encore plus forte au fil de la compétition.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.