À quelques jours de son 29e anniversaire (le 19 juillet), Ari Sánchez continue de figurer parmi les références du padel mondial. Classée n°5 mondiale, la joueuse originaire de Reus a ouvert un nouveau chapitre de sa carrière cette saison aux côtés de la jeune Andrea Ustero. Après une demi-finale à Bordeaux, l’ancienne numéro 1 mondiale s’est confiée sur sa nouvelle association, son rapport toujours particulier avec Paula Josemaría, sa rivalité avec Gemma Triay, l’héritage d’Alejandra Salazar et son bilan de la première moitié de saison. Entretien.
« Rejouer avec Paula au Mondial serait forcément spécial »
Retrouver Paula Josemaría en sélection espagnole est-il quelque chose que tu aimerais revivre ?
Oui, bien sûr.
À chaque fois que nous nous retrouvons côte à côte pendant l’échauffement, cela fait une sensation étrange.
Nous avons partagé cinq années ensemble.
Toujours du même côté de la piste.
Nous avons vécu les plus beaux moments de nos carrières.
J’ai énormément d’affection pour Paula et pour toute son équipe.
Aujourd’hui encore, l’affronter reste particulier.
Mais il faut apprendre à vivre avec cette nouvelle situation.
Penses-tu que vous pourriez reformer votre duo lors du Championnat du monde ?
Oui, c’est tout à fait possible.
Lors des premières rencontres du Mondial, les sélectionneurs aiment souvent mélanger les paires.
Cela permet de sortir un peu de la routine du circuit.
Il est donc probable que nous disputions au moins un match ensemble.
Je suis certaine que notre complicité serait toujours là.
Nous nous connaissons parfaitement.
Nous savons presque instinctivement où l’autre va jouer.
Mais avant cela, il faudra déjà être sélectionnées.
Il peut toujours arriver beaucoup de choses d’ici là.
J’attends cette liste avec beaucoup d’impatience.
Représenter l’Espagne reste toujours quelque chose de très spécial.


« Gemma Triay connaît mon jeu par cœur »
Quelle joueuse te pose aujourd’hui le plus de problèmes dans la diagonale : Bea González ou Gemma Triay ?
Ce sont deux joueuses complètement différentes.
Mais si je dois en choisir une, je répondrais Gemma Triay.
C’est la joueuse avec laquelle j’ai construit ma plus grande rivalité.
Nous nous affrontons depuis tellement d’années.
Nous nous sommes disputé la place de numéro une pendant longtemps.
Et surtout…
Elle connaît mon jeu par cœur.
À quel point ?
Il suffit de regarder nos matches.
Quand je prépare mon rulo, elle l’anticipe déjà.
Même lorsque je pense l’avoir parfaitement exécuté, elle est déjà positionnée contre la vitre pour jouer une demi-volée.
Cela montre à quel point elle a étudié mon jeu.
Et de mon côté, je travaille aussi énormément pour comprendre le sien.
Aujourd’hui encore, lorsque je m’entraîne à Barcelone, j’ai souvent l’impression de préparer des situations que je retrouverai face à elle.
Ce n’est pas dire que Bea est moins forte.
Simplement, avec Gemma, cette rivalité dure depuis beaucoup plus longtemps.
Et elle m’a énormément fait progresser.
« Ale Salazar est la meilleure joueuse de l’histoire »
Alejandra Salazar prendra sa retraite cette année. Que représente-t-elle pour toi ?
J’ai récemment écouté son interview dans le podcast World Padel.
Elle a eu des mots très touchants à mon égard.
Je lui ai immédiatement envoyé un message pour la remercier.
Quand ces compliments viennent d’elle…
Cela compte énormément.
Pour moi, Ale est tout simplement la meilleure joueuse de l’histoire.
Parce qu’elle a tout gagné. Pendant de très nombreuses années.
Avec plusieurs partenaires différentes.
C’est ce qui rend sa carrière exceptionnelle.
J’ai eu la chance de jouer deux saisons à ses côtés.
Je l’ai toujours dit : ce sont les deux années qui m’ont le plus fait grandir.
Elle prenait soin de moi comme d’une petite sœur.
Elle m’a énormément appris.

Que ressens-tu en la voyant encore compétitive aujourd’hui ?
Honnêtement, ce qu’elle réalise est incroyable.
À son âge, jouer encore à ce niveau…
Je pense que nous ne reverrons pas cela de sitôt.
Le padel va énormément souffrir de son départ.
C’est une joueuse différente.
Je lui serai toujours reconnaissante.
Grâce à elle, je suis devenue la joueuse que je suis aujourd’hui.
Le jour de son dernier match, je serai dans les tribunes.
C’est une personne très spéciale pour moi.
« Andrea me fait grandir autant que je l’aide à grandir »
Le tournoi de Bordeaux marque quasiment la mi-saison. Quel bilan fais-tu de ces premiers mois avec Andrea Ustero ?
Très honnêtement…
Je donnerais une note de 8 ou 8,5 sur 10.
Je suis vraiment très satisfaite.
C’est un projet qui me fait énormément progresser.
En quoi cette association est-elle différente ?
Parce que mon rôle a complètement changé.
Ces dernières années, je n’avais pas les mêmes responsabilités.
Aujourd’hui, je dois aussi accompagner Andrea.
Et parfois…
J’oublie qu’elle n’a que 19 ans.


Tu es parfois trop exigeante avec elle ?
Oui.
Je suis extrêmement exigeante avec moi-même.
Et parfois je le suis aussi un peu trop avec elle.
Je dois apprendre à mieux gérer cela.
Mais au final, c’est aussi ce qui me fait évoluer comme personne.
Pas seulement comme joueuse.
Comment juges-tu sa progression ?
Elle a énormément grandi.
Elle avait commencé la saison de manière exceptionnelle.
Puis elle a connu un léger passage plus compliqué.
Aujourd’hui, elle retrouve un niveau incroyable.
De mon côté, je dois également continuer à progresser.
Parce que si je joue bien, cela lui permet aussi d’exprimer la meilleure version d’elle-même.
Je dois continuer à travailler.
Je dois aussi apprendre à davantage l’aider dans certains moments importants.
Mais je suis très heureuse d’avoir pris cette décision.
Et je suis convaincue que nous allons continuer à grandir ensemble.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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