En quelques années seulement, l’Afrique du Sud est devenue le principal marché du padel sur le continent africain. Du 26 juillet au 2 août, Pretoria accueillera le premier tournoi Premier Padel organisé dans le pays. Initialement annoncé comme un P2, l’événement a finalement été promu en P1, donnant une nouvelle dimension à cette première historique.

Un développement spectaculaire depuis 2019

L’histoire du padel sud-africain est encore récente. Le premier terrain identifié dans le pays a ouvert à la fin de l’année 2019 au sein du domaine de Val de Vie, près de Paarl, dans la province du Cap-Occidental. Africa Padel, l’un des principaux opérateurs nationaux, a ensuite inauguré son premier site à Camps Bay en mai 2021 avant de se développer à travers le pays.

L’accélération a été particulièrement rapide. Le FIP World Padel Report 2025 recense près de 390 infrastructures et plus de 1 200 terrains en Afrique du Sud. Les chiffres communiqués lors du lancement du tournoi de Pretoria vont même plus loin, avec plus de 1 400 pistes et environ 410 000 pratiquants amateurs revendiqués par les organisateurs. Les différences s’expliquent notamment par les dates et les méthodes de recensement, mais elles illustrent toutes la même tendance : le padel s’est implanté à une vitesse rare dans le pays.

Cette croissance fait désormais de l’Afrique du Sud l’un des marchés le plus développé du continent avec l’Egypte. Le pays dispose d’une base de pratiquants, d’opérateurs nationaux, d’une fédération, d’un calendrier de compétitions et d’une infrastructure suffisante pour envisager l’accueil régulier d’événements internationaux.

Pretoria au cœur de l’un des principaux bassins du pays

Le choix de Pretoria n’est pas anodin. Située dans la province du Gauteng, à une cinquantaine de kilomètres de Johannesburg, la capitale administrative sud-africaine appartient à la plus importante zone urbaine et économique du pays.

Un annuaire spécialisé recensait au printemps 2026 au moins 21 sites et plus de 61 terrains dans l’agglomération de Pretoria. Ces données ne constituent pas un comptage fédéral officiel, mais elles donnent une idée de la densité atteinte localement. À l’échelle du Gauteng, le même recensement identifiait près de 300 pistes réparties entre Pretoria, Johannesburg, Sandton, Centurion et les différentes communes environnantes.

La ville dispose aujourd’hui d’une offre particulièrement variée. Africa Padel exploite notamment des clubs à Brooklyn et Olympus, ce dernier comptant cinq pistes. The Net Social Club, à Menlo Park, en possède également cinq, tandis que Rietondale Padel en propose quatre et Village Padel deux à Hazelwood.

Comme à Singapour ou dans plusieurs nouveaux marchés, le padel sud-africain s’est développé autour d’un modèle dépassant la simple location de terrain. Restaurants, cafés, bars, espaces pour enfants, événements d’entreprise et tournois sociaux sont fréquemment intégrés aux clubs. Le padel y est autant présenté comme une pratique sportive que comme un lieu de rencontre et de sociabilité.

Du padel social à la compétition internationale

Le développement des infrastructures a progressivement été accompagné par la création d’un véritable parcours compétitif.

En avril 2025, Johannesburg avait accueilli un FIP Bronze, disputé avec des tableaux masculin et féminin. En 2026, le pays a également intégré le nouveau circuit international des jeunes avec des étapes FIP Promises à Johannesburg et au Cap, permettant aux nouvelles générations sud-africaines de se confronter aux meilleurs jeunes joueurs africains.

Cette structuration commence déjà à produire quelques profils locaux identifiables. Plusieurs jeunes Sud-Africains occupent les premières positions des classements FIP Promises africains, notamment Ayaaz Omar chez les garçons de moins de 14 ans ou Muhammad Kardamey chez les moins de 12 ans. Basma Moola et Imaan Valli figurent également parmi les meilleures joueuses africaines de leur catégorie.

Le pays reste encore loin des grandes nations professionnelles mais il dispose cependant des premières composantes nécessaires pour construire une filière : clubs, entraîneurs, compétitions nationales, tournois FIP et accès au plus haut niveau international.

Un P1 pour changer de dimension

Le tournoi de Pretoria devait initialement intégrer le calendrier 2026 sous la forme d’un P2. Il a finalement été promu au rang de P1, l’une des catégories les plus importantes du circuit derrière les Majors.

Du 26 juillet au 2 août, les meilleurs joueurs et joueuses de la planète évolueront au SunBet Arena de Time Square, une salle polyvalente située dans le quartier de Menlyn Maine et pouvant accueillir jusqu’à 8 500 spectateurs dans sa configuration habituelle.

Autre particularité locale : Pretoria se situe à environ 1 340 mètres d’altitude. La FIP a ainsi prévu l’utilisation de balles Bullpadel Premium Pro High Altitude, adaptées aux conditions plus rapides rencontrées en hauteur.

Les principales paires mondiales sont inscrites. Chez les hommes, Agustín Tapia et Arturo Coello, Alejandro Galán et Federico Chingotto ainsi que Juan Lebrón et Leo Augsburger figurent notamment en tête de la liste d’entrée. Chez les femmes, Gemma Triay et Delfi Brea, Bea González et Paula Josemaría, ainsi qu’Ari Sánchez et Andrea Ustero sont annoncées.

Plus qu’un tournoi, un test pour le marché sud-africain

L’arrivée de Premier Padel à Pretoria ne constitue pas le point de départ du padel sud-africain. Elle vient plutôt consacrer une croissance déjà largement engagée.

Le pays possède désormais plus d’un millier de terrains, plusieurs centaines de sites et une importante communauté amateur. Il avait également montré sa capacité à attirer les stars en organisant, en août 2025 au Wanderers Stadium de Johannesburg, un tournoi exhibition réunissant notamment Coello, Tapia, Galán, Belasteguín, Di Nenno et Stupaczuk.

Le Pretoria P1 doit désormais permettre de franchir une étape supplémentaire : transformer une pratique essentiellement sociale en véritable culture de compétition, développer une nouvelle génération de joueurs et installer durablement l’Afrique du Sud sur le calendrier international.

La réussite ne se mesurera donc pas uniquement au nombre de spectateurs présents au SunBet Arena. Elle dépendra également de ce que l’événement laissera derrière lui : davantage de compétitions, une filière mieux structurée et, à terme, des joueurs sud-africains capables de ne plus seulement participer au tableau, mais d’y remporter des matchs.

Pretoria sera ainsi moins l’aboutissement du développement sud-africain que le premier véritable test de son passage vers le padel professionnel.

Antoine Tricolet

J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.

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