On a beau dire, redire et reredire de se méfier, beaucoup de joueurs de padel sont irrésistiblement attirés par le « no man’s land ». Sorte de “rectangle des Bermudes” de la piste de padel, le no man’s land est la zone dite « de transition » située juste devant la ligne de service.
On dit toujours aux débutants qu’il ne faut surtout pas jeter l’ancre dans ces 25 à 30 m², … Et pourtant, nombre de marins d’eau douce y mouillent trop longtemps… au risque de couler.
Tout d’abord, dites-vous que cette expression no man’s land (ou terre sans homme) n’a pas été choisie sans raison. Le dictionnaire Larousse le définit comme un « Espace inoccupé compris entre les premières lignes de deux belligérants ». En clair, une zone où les soldats sont sans défense, exposés aux tirs et bombardements ennemis…
Eh bien, au padel, c’est pareil. Mais intéressons-nous aux raisons qui poussent les joueurs à s’aventurer dans cette zone et surtout à y séjourner.
Rien ne sert de courir ?
■ La fainéantise.- Pourquoi passer son temps à courir d’avant en arrière quand on peut se la couler douce sans bouger ? C’est le calcul intuitif que font beaucoup de joueurs. On verra que cette idée n’est pas si bonne.
■ La centralité.- Se placer à deux ou trois pas du filet et à deux ou trois pas du fond du court, cela semble bien pratique pour couvrir son demi-terrain. Mais cela demande beaucoup de vitesse et d’anticipation. Et on ne joue pas au padel comme on choisit un appartement en ville…
■ Le passé tennistique.- Parce qu’ils sont souvent bons à la volée et en demi-volée, adroits pour jouer une balle devant ou derrière eux, beaucoup de tennismen jouant au padel restent scotchés dans le no man’s land. Là encore, c’est souvent un mauvais calcul.

Essayer une autre tactique
Même si vous estimez avoir une réussite correcte dans vos coups joués depuis le no man’s land, nous vous invitons à lire ce qui suit et à essayer une autre tactique.
■ Une zone incontournable.- Ne jouer aucune balle depuis cette zone est évidemment impossible. Que ce soit pour avancer vers le filet ou reculer et défendre, il est indispensable de passer par ces trois mètres situés devant la ligne de service.
Après un service, par exemple, on y joue généralement une première volée neutre, sans prise de risque, qui permet d’avancer vers le filet. Là, on pourra se montrer plus offensif.
■ En attaque.- Multiplier les volées offensives depuis le no man’s land vous expose à la faute. Même avec un gainage irréprochable et une adresse sans faille, une volée jouée depuis trop loin a toujours plus de probabilités d’aller directement dans le filet ou une grille, voire d’être contrée par un volleyeur adverse qui aura anticipé et fait le pas de plus.
Attention également aux smashs depuis cette zone. Mieux vaut souvent reculer pour jouer une belle bandeja sans risque que de tenter un smash précipité qui offrira une balle de contre aux adversaires. Une vibora dans la diagonale est aussi conseillée pour reprendre le filet dans les meilleures dispositions, à condition d’être bien placé et de maîtriser ce coup.

Un risque de faute réduit
■ En défense.- A moins d’avoir fait un très bon lob qui empêchera vos adversaires de trouver de la longueur et vous assurera de jouer une balle en avançant, être trop avancé vers l’intérieur du court vous prive de temps en défense, vous obligeant à faire des volées ou des demi-volées, parfois jouées derrière vous. On peut en réussir une, deux ou trois de suite, mais si les adversaires sont bons à la volée et au smash, ils ont toutes les chances de prendre l’avantage dans le point.
De plus, être trop avancé empêche, souvent par réflexe, de laisser passer la balle pour la jouer après la vitre. Et même si on la laisse passer, on a souvent trop de distance à parcourir et on se retrouve à jouer dos au filet, dans une position acrobatique. A l’inverse, si on est à moins de trois mètres de la vitre, on a le temps de reculer pour jouer la balle devant soi, en avançant…
En résumé, on a tout à gagner à ne pas rester dans le no man’s land – à moins d’être un joueur de haut niveau, qui saura choisir le bon moment pour s’y rendre et pour prendre du temps à ses adversaires. Chez les amateurs, reculer rapidement vous permettra la plupart du temps de défendre dans de bonnes conditions, de pouvoir ralentir le jeu et de profiter des vitres pour repartir à l’attaque. De même, avancer rapidement vous mettra dans une meilleure position pour volleyer, avec un risque de faute largement réduit. On essaie ?
Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.
































































































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