Franco Stupaczuk est un acteur incontournable du padel mondial. Padel Magazine le rencontre avec Starvie pour parler de ses débuts dans le padel et son actualité sur le World Padel Tour.
Il grandit avec une pala dans la main
Lorenzo Lecci Lopez : Avant de parler du grand Stupa du WPT, on va parler de Franco. Comment as-tu commencé le padel en Argentine ?
Franco Stupaczuk :“Je ne me souviens pas de quand j’ai commencé, j’étais trop petit ! Selon mes parents, c’était vers 4 ans. J’avais une pala dans la main et je la trainais au sol. J’ai grandi très proche d’une piste de padel, et j’y passais mes journées.”
Lorenzo Lecci Lopez : Et plus grand tu commences les tournois.
Franco Stupaczuk :“Oui, j’ai joué mon premier tournoi à 7 ans, et j’ai gagné mon premier tournoi à 8 ans. J’étais une “Pulga” -puce-. Comme je jouais toute la journée, forcément je jouais plutôt bien.”
Lorenzo Lecci Lopez : As-tu joué à d’autres sports aussi ?
Franco Stupaczuk :“Oui, j’adorais le foot. Je jouais aussi au volley, au hand. Mais je préférais le foot au padel pour être honnête. Mais ma famille m’a tiré du côté du padel.”
Lorenzo Lecci Lopez : Raconte moi le moment où tu dois quitter ton pays pour aller jouer en Espagne.
Franco Stupaczuk :“Oui, c’était très difficile, et surtout la vie en dehors du padel. La vraie difficulté est de s’habituer à des choses différentes, à une autre culture, être loin de sa famille et de ses amis. Après, tu commences à t’adapter et tu t’entraines pour être performant sur la piste.”
Lorenzo Lecci Lopez : Des joueurs comme Bela demandent plus de soutien aux jeunes joueurs argentins qui peinent à venir en Europe à cause de problèmes financiers. Quelle est ton opinion sur ce sujet ?
Franco Stupaczuk :“C’est vrai, mais c’est difficile car c’est un sport qui a débuté son expansion. Ça va arriver, mais on a besoin de temps. Nous avons besoin que les matchs soient plus retransmis, que le padel ait plus de visibilité. Que les grands médias argentins comme ESPN, ou Olé, parlent un peu plus de padel. Il faut donner le padel aux médias. Ici en Espagne, le padel est à fond, mais ce n’est pas le cas dans d’autres pays.”
“J’ai eu la chance d’avoir le soutien de mes parents depuis tout petit, mais quand ce n’est pas le cas c’est très difficile de sortir d’Argentine, surtout depuis les terres comme moi. Buenos Aires est à 1300km de chez moi, c’est très difficile. La majorité des joueurs viennent de près de Buenos Aires, car en plus d’avoir le talent, ils ont l’avantage d’être proche de la capitale.
“Avec Sanyo les attentes étaient trop hautes”
Lorenzo Lecci Lopez : Lorsque nous avons parlé avec Sanyo il y a quelques semaines, il nous a dit qu’il avait beaucoup appris à tes côtés même so les meilleurs résultats ne sont pas arrivés. Que retiens-tu de cette étape avec Sanyo ?
Franco Stupaczuk :“Un nouveau coéquipier t’apporte toujours des choses. J’avais joué avant avec Mati Diaz, Christian Gutierrez, des joueurs avec beaucoup d’expérience comme Sanyo. Peut-être que les attentes étaient tellement élevées qu’il a été difficile de réaliser ce que ceux qui croyaient en nous voulaient. Si l’on analyse, on a réussi à atteindre le Master Final avec seulement 11 tournois en étant la paire n°2. Si être la paire n°2 est un échec alors rien ne va plus. Ce n’est pas facile d’arriver là. C’est vrai que l’on a eu beaucoup de matchs contre Lebron et Galan et nous n’avons pas réussi à les battre. C’est ce qui fait la différence, parce que les autres paires nous les avons battues.”

“Parfois, la balle sort trop…”
Lorenzo Lecci Lopez : Sanyo nous a dit “Stupa m’a fermé la bouche” en faisant référence au fait qu’il ne te conseillait pas de t’associer à Alex Ruiz. Est-ce une satisfaction pour toi d’entendre ça ?
Franco Stupaczuk :“Oui bien sûr. Entendre quelqu’un avec un CV aussi important dire ça c’est toujours positif. Avec Alex, ça fonctionne bien.”
Lorenzo Lecci Lopez : Après les deux premières finales, vous avez fait 3 quarts et un seizième à Valladolid. Pourquoi les résultats sont-ils moins bons dernièrement ?
Franco Stupaczuk :“Oui on peut toujours progresser. Les résultats ont été bons, à part ce dernier tournoi où on a pas très bien joué. Si tu n’est pas à 100%, tu es éliminé. On a joué contre deux gros frappeurs -Diaz et Lijo-, et la piste était rapide. On n’a pas été assez précis. Ce sont des petits détails qui font perdre le jeu de service, puis dans des conditions aussi rapides c’est dur de revenir.”
Lorenzo Lecci Lopez : Nous les savons, le padel moderne est plus rapide. En tant que jeune joueur (25 ans), penses-tu qu’il faut aller toujours plus vite ?
Franco Stupaczuk :“Je ne sais pas. Le padel qui s’est joué à Marbella et Valladolid ne me plait pas trop. C’est une opinion personnelle, mais je pense qu’il y a trop d’erreurs. J’ai vu beaucoup de matchs et beaucoup de retours sont manqués, il est difficile de jouer le lob. Tout le monde frappe tout. C’est très difficile quand tu vas en bas surtout. Le match se joue en 1 heure alors que tu as joué 3 sets. Je pense que la balle sort trop.”
“Dans d’autres tournois où la balle sort un peu moins, tu peux prendre tes marques. À Marbella ou Valladolid, tu n’as pas cette possibilité.”

“J’espère atteindre le n°1”
Lorenzo Lecci Lopez : Quelle est la paire la plus difficile à battre ?
Franco Stupaczuk :“Je vais te dire les paires qui nous ont battus. Je vais te dire Lebron/Galan, Bela/Sanyo et Tapia/Lima. On a battu les 3, mais on a aussi perdu les derniers matchs contre eux. Ce sont les paires à battre.”
Lorenzo Lecci Lopez : Sur le circuit féminin, quelle paire t’impressionne le plus ?
Franco Stupaczuk :“J’aime beaucoup la paire Aranza et Victoria. Deux joueuses de gauche qui jouent de manière très aggressive.”
Lorenzo Lecci Lopez : Des 6 premiers au ranking tu es le plus jeune avec Galan. Te vois-tu n°1 mondial ?
Franco Stupaczuk :“Je l’espère. Si je continue de travailler et que j’ai de la réussite. Pour être n°1 il faut en avoir. Pour gagner un tournoi il faut maintenir un niveau très élevé pendant une semaine, et tu ne peux pas baisser. Je travaille au quotidien pour arriver au plus haut dans le padel.”
“J’adore ma pala cette année”
Lorenzo Lecci Lopez : Tu joues avec la Raptor de Starvie qui est une raquette ronde. Les joueurs de gauche jouent souvent avec des palas en forme de diamant ou de goutte d’eau comme Garrido avec la Triton par exemple. Pourquoi ce choix ?
Franco Stupaczuk :“Je ne suis pas du tout d’accord avec le fait qu’un joueur de gauche doive avoir une raquette en forme de larme. Je suis un joueur qui saute et qui frappe. Alex Ruiz n’a pas non plus une pala en forme de larme. C’est quelque chose qui est devenu une vérité générale, mais je ne suis pas d’accord. Dans un match, quel est le ratio entre les balles que tu frappes et les balles que tu joues normalement ? J’ai besoin d’une pala qui me donne du contrôle, et qui puisse aussi me donner de la puissance.”

Lorenzo Lecci Lopez : Joues-tu avec la même pala qui se vend sur le marché, ou changes-tu le poids ou la gomme ?
Franco Stupaczuk :“Je joue avec la même pala. Starvie m’envoie des raquettes et je joue avec. Je demande avec un petit peu plus de poids en tête pour frapper et pour les volées. Pour mon physique, je joue avec une raquette assez lourde (380g). Parfois je demande aussi à Stavie qu’ils me la fassent un peu plus dure car le soleil ramollit la gomme.”

Lorenzo Lecci Lopez : Quelles sont les nouveautés chez Starvie actuellement ?
Franco Stupaczuk :“Ça fait depuis 2019 que je suis avec Starvie, et les raquettes sont de mieux en mieux. Cette année je trouve ma raquette très belle. Il y a des petits détails que les gens ne voient pas mais qui permettent que la balle ne glisse pas sur la pala. Si tu la prends, tu verras que la superficie est rugueuse. Le manche est octogonal, et cela me donne une meilleure prise.”

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Il est le monsieur international de Padel Magazine. Vous le verrez souvent sur les différentes compétitions internationales, mais aussi sur les grands évènements français. @eyeofpadel sur Instagram pour voir ses meilleures photos de padel !


































































































Classement FIP – Robert rejoint Blanqué au 7e rang français, semaine plus compliquée pour les autres Français
Kuwait Major : Guichard directement dans le tableau principal, plusieurs Français à l’assaut des qualifications
FIP Tour : direction le FIP Gold Melilla et les FIP Bronze Taunton et Antalya pour les Français
Ari Sánchez veut oser davantage pour s’adapter à un padel plus rapide
« Avant, on parlait de la deuxième place, maintenant de la première » : Sánchez et Ustero changent de dimension
Agustín Tapia : “Je remercie Dieu pour le talent qu’il m’a donné”
Après un 6/0, Lebrón et Augsburger renversent Galán / Chingotto : « Nous avons cessé de douter »
300 victoires pour Coello, mais une seule priorité : « Les récompenses individuelles ne nous intéressent pas »
Thomas Leygue retrouve enfin le top 100 mondial : une renaissance après des mois de galère
Padel mondial : l’Espagne reste la référence, mais la France et ses voisins accélèrent
Padel féminin : 47 % des pratiquants sont des femmes, mais seulement 32 % des licenciés
Le padel explose en Asie : 39 % des nouveaux clubs mondiaux y ouvrent en 2026
Plus de 91 000 pistes de padel dans le monde : jusqu’où ira la croissance ?
Padel Quest Awards : dix spécialistes en lice pour le titre de meilleur stage de padel de l’année
Perd-on son classement Padel FFT après plus d’un an sans licence / sans compétition ?
Padel Xperience : l’Académie ouvre le 2 novembre à Marcheprime, avant l’inauguration du complexe en 2027
La Toussaint – Les Pyramides organisent un stage de padel pour adultes avec un tournoi P50 pour clôturer la semaine
Ce que révèle l’analyse du geste : coup droit tennis vs bandeja padel
La bandeja a-t-elle disparu du padel moderne ?
Coup droit à plat au padel : les 5 exercices de Cristian Álvarez pour gagner en contrôle et en efficacité
Pourquoi savoir jouer à droite et à gauche peut faire la différence
Tapia donne la recette pour battre Coello / Tapia : « Je jouerais tout sur moi »
Comment Coello a désamorcé le plan de jeu de Chingotto
Au padel, l’alchimie d’une paire compte-t-elle autant que le niveau individuel ?
L’été change le padel… et si le vrai défi n’était pas de frapper plus fort ?
Coello avec un joueur à 0 point devant deux top 10 : faut-il revoir le classement FIP ?
Ni FIP Tour, ni Championnat du monde par équipes : le format particulier du padel aux Jeux Méditerranéens
Premier Padel : quand la télévision peut rallonger les pauses des joueurs
Julien Seurin se livre sur le mental : « Il y a beaucoup plus de doutes que de moments de bonheur »
Plus d’un an après, Thomas Leygue de retour dans le top 150 : les coulisses d’un comeback encore inachevé
Padel vs squash vs badminton : le classement scientifique de l’intensité cardio
Pourquoi Arturo Coello joue-t-il avec la main droite bandée ?
Les Pyramides : après 12 pistes de padel, le club mise sur la formation des jeunes