La dernière wild-card féminine de l’Alpine Paris Major est revenue à Marie-Amélie Dardaine et Clara Mansart. La paire 100 % française disputera les qualifications à Roland-Garros, les 6 et 7 septembre.

Un choix qui ne s’imposait pas à la simple lecture de la liste d’attente. Dardaine / Mansart n’étaient que 19es, derrière plusieurs paires comprenant des joueuses françaises. Mais leurs résultats des derniers mois, la solidité de leur projet commun et leur marge de progression donnent plusieurs clés pour comprendre la décision de la FFT.

Quatre candidatures françaises étaient mieux placées

Au moment de la publication de la liste des inscrites, Marie-Amélie Dardaine était 174e mondiale et Clara Mansart 210e. Leur paire occupait la 19e place de la liste d’attente.

Louise Bahurel / Ivet Val Lopez figuraient initialement en 10e position, mais Bahurel a finalement obtenu une wild-card logique pour le tableau principal. Une fois cette paire sortie de l’équation, quatre associations comprenant au moins une Française restaient devant Dardaine / Mansart :

  • Camille Sireix / Helena Wyckaert, 14es ;
  • Steffi Merah / Charlotte Soubrié, 16es ;
  • Lou Lambert Agosti / Kimy Barla, 17es ;
  • Manon Marcarie / Cassandra Senjean, 18es.

La FFT n’a donc pas simplement suivi l’ordre du classement FIP pour attribuer cette invitation.

Une association récente qui produit déjà des résultats

Le principal argument en faveur de Dardaine / Mansart se trouve sur le terrain.

Les deux Françaises ont commencé à construire leur projet commun au printemps et les résultats sont rapidement arrivés. Dès juin, elles atteignaient les demi-finales du FIP Silver de Bandol.

Quelques jours plus tard au FIP Silver de Narbonne, elles confirmaient avec un quart de finale. Leur parcours passait notamment par une victoire contre Steffi Merah / Fiona Ligi, puis contre la tête de série 7 Raquel Piltcher / Christina-Styliani Ntanou.

En juillet, nouveau dernier carré au FIP Bronze de Dronten. Dardaine / Mansart y réalisaient notamment une grosse performance contre la tête de série 4 avant de confirmer en quart de finale.

Westerbork, une confirmation supplémentaire juste avant Paris

Et leur dynamique ne s’est pas arrêtée pendant l’été.

Ce week-end encore, au FIP Silver de Westerbork, les Françaises ont atteint les quarts de finale. Elles ont notamment éliminé Constança Gorito / Dora Chamli, tête de série 9, 6/3 7/5, avant de s’incliner face à la tête de série 4 au terme de deux sets accrochés, 7/6 7/5.

Le bilan récent devient donc particulièrement lisible : demi-finale au FIP Silver Bandol, quart à Narbonne, demi-finale au FIP Bronze Dronten et quart au FIP Silver Westerbork.

Quatre résultats significatifs obtenus ensemble en moins de trois mois.

Deux joueuses de 25 et 26 ans encore en progression

L’âge peut également expliquer le choix de la Fédération. Clara Mansart a 25 ans et Marie-Amélie Dardaine 26 ans.

Mansart a surtout décidé cette saison de donner une nouvelle dimension à son projet sportif. Après avoir exercé comme kinésithérapeute, elle a choisi de mettre son activité professionnelle entre parenthèses pour se consacrer pleinement au padel.

Son début de saison avait déjà envoyé plusieurs signaux : une finale au P2000 de Bordeaux puis un huitième de finale au FIP Silver de Caen, avant même le début de son association avec Dardaine.

Dardaine possède de son côté davantage d’expérience sur le circuit international et pointe désormais au 174e rang mondial, contre la 210e place pour Mansart selon la liste du Paris Major.

La décision devient alors plus facile à comprendre.

Dardaine / Mansart n’étaient pas les mieux placées parmi les candidatures françaises, puisque quatre paires comprenant au moins une Tricolore les précédaient encore après l’attribution de la wild-card de Louise Bahurel pour le tableau principal.

Mais elles présentent d’autres arguments : une paire 100 % française déjà constituée, quatre résultats significatifs sur le FIP Tour en moins de trois mois, des victoires contre des têtes de série et deux joueuses de 25 et 26 ans qui disposent encore d’une marge de progression.

La FFT semble donc avoir privilégié la dynamique sportive et le potentiel du projet plutôt que la seule photographie du classement mondial.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.