L’équipe de France dames revient des Championnats d’Europe de padel 2024 avec le bronze. Une aventure magnifique que nous raconte son capitaine, Robin Haziza.
La médaille, fort compte tenu du scénario
La médaille, c’est quelque chose d’assez incroyable, d’assez fort compte tenu du scénario global. Évidemment, la poule de la mort dans un premier temps, la défaite si dure à avaler contre l’Italie alors qu’on était outsider et passé si proche d’aller chercher une médaille d’argent. Ça a été très compliqué de se remobiliser, puis de viser la troisième place face à l’équipe du Portugal qu’on avait déjà battue en groupe. On savait qu’elle était très dangereuse. Jouer deux fois contre la même équipe dans la même compétition n’est jamais facile, et le Portugal nous a donné beaucoup de fil à retordre avec un match décisif assez incroyable. Un immense bravo à Lucie et Léa qui ont fait un match exceptionnel pour se sortir du piège des Portugaises.

La seule chose : cette déception face à l’Italie
Il y a eu un très bon niveau de jeu sur ce dernier match, on est vraiment allé le chercher au courage. D’un point de vue général sur la semaine, il n’y a honnêtement que du positif. Le seul négatif serait éventuellement d’avoir perdu contre l’Italie, mais encore une fois, c’est plus une déception qu’une chose négative.
Le retour de Jessica Ginier : qu’il fait du bien !
Tout a été hyper positif depuis le jour 1 et les premiers entraînements, avec un état d’esprit tourné vers la performance et la compétition. Le retour de Jessica Ginier en équipe de France y est évidemment pour beaucoup aussi. Elle a manqué pendant ces dernières années, donc c’était important de pouvoir la retrouver avec son état d’esprit de conquérante.





Elle a vraiment insufflé une bonne énergie au groupe. Et puis aussi, avec Ben Tison, nous avons mis en place l’élection d’un capitaine au sein des équipes. Chez nous, c’est Léa Godallier qui a été élue capitaine et qui a été un relais essentiel pour moi et pour les filles, pour éliminer les petites frictions quand il y en avait, soigner un peu les esprits, et être bienveillante envers celles qui ne jouaient pas.
Jamais facile d’avoir un dialogue transparent
Quand il n’y a que le sélectionneur avec son groupe, ce n’est jamais facile d’avoir un dialogue transparent. Le fait d’avoir Léa comme relais a gommé beaucoup de petits soucis, ce qui a fait que le groupe a très bien vécu. Tout le monde était tourné vers le même objectif, à savoir gagner ou perdre ensemble, mais toujours mettre l’intérêt collectif avant l’intérêt individuel.


Les très bonnes choses incluent l’intégration de Carla et Camille dans l’équipe. Elles ont fait leur première apparition et repartent avec la médaille autour du cou. Elles ont apporté beaucoup de fraîcheur, d’enthousiasme, et de courage. Camille a fait un match incroyable contre les Pays-Bas, et Carla s’est battue du premier au dernier point dans toutes ses rencontres. Cela a aussi insufflé quelque chose de très positif à l’équipe.
Alix et Léa ont donné l’exemple avec un match incroyable contre l’Italie. Léa a réussi à s’adapter en jouant à la fois à droite et à gauche. L’idée était de pouvoir aligner des compositions différentes grâce à une équipe très homogène, pour que toutes les filles se sentent investies dans la compétition. Je crois que cela a fonctionné.
Lucile Pothier, MVP du match face au Portugal
Une mention spéciale à Lucile qui a eu du mal à accepter de ne pas jouer certains matchs. Quand je l’ai sollicitée à nouveau, elle a répondu présente en faisant un super match contre l’Italie et en allant chercher la médaille de bronze contre le Portugal. Selon moi, elle était la meilleure joueuse des quatre sur le terrain.
Cela signifie beaucoup, et le management a été important. Fiona a été notre MVP tout au long de la semaine, géniale du début à la fin. Sur les schémas tactiques, nous avons joué dans des conditions extrêmes de chaleur intense et de vent. C’était compliqué. Il fallait de la patience, de l’audace, et du courage, en s’adaptant à chaque équipe.

Quand on joue contre une gauchère ou une droitière, ce n’est pas pareil. Les joueuses ont dû s’adapter à toutes sortes de conditions et elles l’ont très bien fait. Je suis très satisfait de ce côté-là et de savoir que mon message est passé, tant sur le banc qu’en dehors du terrain.
Tison, pour la première fois, pas comme joueur
Une mention spéciale à Benjamin Tison qui a été d’une aide précieuse. Pour la première fois, il n’était pas là en tant que joueur mais en tant que directeur du haut niveau. Il a apporté son soutien, son dialogue, et a soulagé beaucoup de tensions, facilitant mon travail. Cela a été un véritable travail d’équipe.
Cette team France est la plus forte que nous ayons eue
Quant à l’équipe de France, je pense que c’est la plus forte que nous ayons eue. Que ce soit en termes de niveau de jeu individuel ou d’état d’esprit très conquérant et professionnel, nous avons créé un groupe sans doute le meilleur depuis que je participe aux championnats d’Europe ou du monde.
Il y a encore du travail à faire, car nous n’avons pas battu les Italiennes et les Portugaises ont été difficiles à affronter. Nous sommes loin d’être arrivés, il va falloir capitaliser sur ce que nous avons créé cette semaine à Cagliari. Le travail est loin d’être terminé.
Nous devons déjà nous concentrer sur les championnats du monde, qui seront très compliqués sans têtes de série. Nous aurons à nouveau un groupe difficile avec des équipes comme l’Espagne, l’Italie ou l’Argentine. Il faudra être présent dès les premières rencontres, donc ce sera intense.
Pour moi, cette expérience a été magnifique, sans doute la plus belle en termes de coaching et d’émotion depuis que je suis en poste avec l’équipe de France.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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