Nouvelle saison, nouveau partenaire, mêmes ambitions. Johan Bergeron entame 2026 aux côtés de Timéo Fonteny, l’une des figures montantes du padel français, avec ce ton posé qui le caractérise depuis plusieurs saisons. À Marseille, le numéro un tricolore ne parle ni de tournant ni de déclaration fracassante. Simplement d’une remise en route, d’un projet qui se construit, match après match. Entre satisfaction mesurée, retour lucide sur la fin de son association avec Bastien Blanqué et rôle de capitaine au sein du collectif de la All-In 69, Bergeron s’est confié à Padel Magazine.
Une victoire importante pour lancer la saison
À Marseille, Johan Bergeron préfère la nuance à l’emballement. La victoire décrochée avec Timéo Fonteny en seizièmes de finale face à Diego Garcia (47e) et Adrian Marques (100e) ne relève pas, selon lui, du match référence, mais s’inscrit pleinement dans la logique d’un début d’année où chaque repère doit être reconstruit. Le Français évoque avant tout une prestation sérieuse, appliquée, dans laquelle la paire n’a jamais donné le sentiment de naviguer à vue.
“C’est un très bon match, très sérieux. Il faut reprendre le rythme, se réhabituer à gagner des matchs aussi”, explique Bergeron, conscient de l’importance de ces rencontres de reprise. Face à une opposition solide sur le papier, le numéro un français insiste surtout sur l’approche adoptée avant même l’entrée sur la piste : “On ne se sentait pas en dessous avant le match. On savait qu’on avait une opportunité.” Une lecture calme, lucide, qui reflète parfaitement son état d’esprit.
Une association mûrie dans le temps
L’association avec Timéo Fonteny ne s’est pas dessinée dans la précipitation. Bergeron rappelle que l’idée existait déjà depuis plusieurs mois, nourrie par leurs expériences communes en équipe de France et par une compatibilité de jeu qui s’était progressivement imposée. Sur la piste, l’équilibre apparaît rapidement naturel : Fonteny apporte de l’impact, de la prise d’initiative, une présence offensive qui redéfinit immédiatement les séquences.
“J’aime bien avoir ce genre de partenaire. Quelqu’un qui tape, qui prend de la place”, confie Bergeron. Dans cette configuration, le Français retrouve un registre qu’il affectionne particulièrement, davantage tourné vers la construction et la préparation du point. “Moi, ça me permet de préparer le point derrière.” Une mécanique simple en apparence, mais essentielle dans l’architecture tactique du padel moderne.
La fin avec Bastien Blanqué
En évoquant la séparation avec Bastien Blanqué, Johan Bergeron adopte un ton mesuré, presque analytique. La paire avait pourtant connu une progression solide avant que la dynamique ne s’inverse progressivement après l’été. Le Français met en avant une succession d’ajustements, notamment un changement matériel important, qui a perturbé les sensations à la reprise.
Dans un circuit où la densité ne laisse que peu de marge d’adaptation, les conséquences se traduisent rapidement. “Si tu sors tôt sur un tournoi, puis encore tôt sur le suivant… Ça va très vite”, résume Bergeron. L’équipe glisse alors dans une séquence plus délicate, marquée par une perte progressive de repères. “Ni l’un ni l’autre ne jouait vraiment bien. Sur chaque balle, on doutait.” Malgré cette période complexe, Bergeron tient à rappeler un élément central : “On se connaît bien, on se respecte beaucoup.” Une séparation dictée par la dynamique sportive, bien plus que par la relation humaine.

2025 : une progression réelle malgré un bilan contrasté
Car avant cette fin plus irrégulière, la saison de la paire Bergeron / Blanqué avait pourtant suivi une trajectoire ascendante. Jusqu’à l’été, la paire française flirtait avec le top 100 mondial, portée par un niveau de jeu en nette progression. Bergeron insiste sur ce ressenti compétitif, souvent plus révélateur que les seuls chiffres : “Quand on jouait des joueurs classés autour de la 80e place, on sentait qu’on pouvait gagner.”
La bascule intervient dans une séquence particulièrement exigeante, marquée par une période de forte défense de points. Une mécanique implacable dans un système où tout peut évoluer en quelques semaines. Cette chute au classement modifie inévitablement la lecture globale de l’année, malgré des bases sportives jugées très positives.
2026 : construire, enchaîner, viser le top 100
Avec Timéo Fonteny, Johan Bergeron ouvre donc un nouveau cycle. Pas de projections tapageuses, mais une ligne claire : accumuler du volume, retrouver une dynamique stable et laisser le projet se structurer dans la durée. “À chaque tournoi, l’objectif, c’est de bien jouer”, rappelle le Français, fidèle à une approche centrée sur le contenu.
Dans cette logique, le top 100 demeure un repère naturel, une étape qui structure la progression d’un joueur installé depuis plusieurs saisons dans cette zone dense du classement mondial. “Le top 100 reste un objectif.” Une ambition cohérente, portée par une conviction intacte sur le potentiel de la paire.
Les interclubs : une fête du padel réussie
Quelques jours plus tôt, Bergeron retrouvait également l’atmosphère particulière des interclubs avec la All-In 69, ponctuée par une belle quatrième place. Le numéro un français retient avant tout la réussite globale de l’événement, saluant l’organisation, les installations et l’ambiance générale.
“J’ai trouvé ça vraiment génial”, confie-t-il. Le seul bémol concerne la restauration, un détail logistique qui peut peser dans des journées longues et intenses. Mais Bergeron insiste surtout sur l’essentiel : “Pour moi, il faut que ce soit la fête du padel. Et là, ça l’a été.”
All-In : la construction d’un véritable collectif
Sur le plan sportif, Johan Bergeron met en avant la dynamique développée au sein de la All-In. Plus qu’une simple équipe, le Français évoque un projet structuré, fondé sur une identité collective forte et une progression continue du groupe.
“On est en train de créer un vrai esprit d’équipe”, explique-t-il. Bergeron défend également la présence de joueurs étrangers dans le championnat, qu’il considère comme un levier direct pour l’élévation du niveau global. “Le niveau moyen de tout le monde monte.” Une observation confirmée par l’intensité des rencontres disputées : “Les matchs étaient incroyables.”
Dans un circuit où tout peut évoluer très vite, Bergeron poursuit sa progression sans agitation inutile. Une trajectoire cohérente, fidèle à sa philosophie, et qui pourrait bien porter ses fruits au fil des mois.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !
































































































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