Arnaud Di Pasquale, directeur de la mission padel au sein de la Fédération française de tennis, était au micro de Padel Magazine à l’issue des championnats de France, à Toulouse. Il fait le point sur le niveau qui monte, les jeunes qui poussent, les chances françaises à Dubaï… et peut-être l’arrivée du mot « padel » dans le nom de la fédération.
Padel Magazine : On a constaté à Toulouse qu’il y avait beaucoup de public pour assister aux France, peut-être plus qu’en tennis. D’accord ou pas ?
Arnaud Di Pasquale : Oui, c’est vrai, et je trouve ça super positif. On est content. On peut dire que c’est une réussite de voir l’engouement que suscite ce sport. Plus ça avance, plus il y a de monde et il reste encore plein d’axes d’améliorations.
Il y a du niveau, du spectacle et de la densité. Ceux qui faisaient partie des meilleurs il n’y a pas si longtemps sont parfois plus loin dans la hiérarchie parce qu’il y a beaucoup plus de joueurs et de joueuses qui jouent – et qui jouent bien. Et ça, ça s’est produit en deux ou trois ans. Il reste encore un petit écart entre les tout meilleurs et leurs poursuivants, mais cet écart, il se réduit, avec plein d’équipes qui jouent très très bien.
« C’est tout ce qu’on aime au padel »
PM : Un mot sur les finales, notamment celle des messieurs où les favoris, Tison et Bergeron, n’ont pas gagné contre Leygue et Blanqué…
C’est toujours difficile d’être favori, tête de série n°1, tu dois jouer tous tes matchs avec une certaine pression face à des joueurs qui sont outsiders, se font plaisir et qui sont capables de se sublimer. Il suffit d’être un tout petit peu moins bien, avec en face des adversaires comme Thomas et Bastien qui ont super bien joué, pour qu’il y ait un peu de fragilité et de fébrilité à certains moments. Et c’est là où ça bascule, ça se joue sur rien avec un tie-break de folie dans le deuxième set et beaucoup de tension. Ce genre de matchs, c’est tout ce qu’on aime au padel. C’était irrespirable, un combat acharné. Et puis dans ces championnats, on a aussi vu des jeunes qui font plaisir.
PM : Parlons par exemple de Louise Bahurel, qui était en quart de finale à 16 ans…
ADP : C’est hyper intéressant. C’est tout ce qu’on essaie de mettre en place, de créer une filière de haut niveau, d’organiser des détections. Et de voir une jeune joueuse comme Louise qui dégage quelque chose sur le terrain, qui sent la balle et joue véritablement au padel, c’est génial.
Pour elle et sa partenaire Camille, avoir joué contre Alix et Léa, c’est une superbe expérience. Pour l’instant, elles s’entraînent bien mais pas assez car on est encore dans une phase transitoire dans le monde du padel où progressivement, on passe vers un monde professionnel. Mais on peut commencer à croire et à penser que le sport pro existe dans le padel. On va y arriver et c’est top. On voit le circuit international qui se structure, qui met plus de moyens et d’argent. Cela peut permettre à davantage de joueuses et de joueurs d’en vivre, donner des idées et créer des vocations. Cette jeune Louise, on l’a vue, on la suit et il ne faut pas qu’elle soit isolée, au contraire, il faut créer un pool de joueurs chez les jeunes pour accompagner les premières générations de jeunes joueurs de haut niveau.

« Il faut développer l’élite mais aussi et surtout le loisir »
PM : Les championnats du monde à Dubaï débutent le 31 octobre. Quel est ton pronostic pour la France ?
ADP : Je sais que vous aimez les pronostics, mais ça va dépendre du tirage au sort, d’un concours de circonstance. Il suffit qu’une bonne équipe perde avant et ça peut ouvrir le tableau. Quand on voit aujourd’hui le nombre de nations qui commencent à bien jouer, top 5 ce serait déjà bien, chez les filles comme chez les garçons. On peut trouver que ça manque d’ambition, mais il ne suffit pas d’avoir une paire forte pour gagner. Avoir des locomotives, c’est super, mais il faut une équipe homogène. Ce n’est peut-être pas suffisamment le cas aujourd’hui. Montons déjà notre niveau global et après on pourra prétendre, je l’espère, à des podiums.
PM : La Fédération italienne de tennis vient d’ajouter le padel à son nom. C’est pour bientôt en France ?
ADP : C’est vrai qu’en Italie, le padel s’est développé très très vite. Nous on est un peu en retrait, mais c’est en train d’exploser, donc pourquoi pas un jour une Fédération française de tennis et de padel. Même si, à la différence de l’Italie, nous avons un Grand Chelem de tennis à Roland-Garros, ce qui donne un ancrage très fort au tennis au sein de la Fédération.
Mais c’est aussi vrai qu’on a un « Major » de padel à Roland-Garros, donc les choses avancent et progressent. Il y a la licence padel, le développement, il y a aussi de plus en plus de pistes, de plus en plus de pratiquants et de niveau aux championnats de France. Mais on reste encore dans une dimension très loisir, car l’élite représente moins de 1% des joueurs. La réalité, c’est donc qu’il faut développer surtout le loisir. Comment s’y prendre ? En faisant beaucoup plus de com, en y croyant et en étant ambitieux – et nous le sommes !
Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.


























































































Alejandra Salazar “J’avais reçu un appel de Gemma Triay pour rejouer ensemble en 2024”
Pretoria P1 : l’altitude, cette donnée qui pourrait tout changer
Le Sète Padel Club change de dimension avec six nouveaux terrains
Agustín Gómez Silingo : “Nous n’avons vu que 50 % du potentiel de la paire Lebrón / Augsburger”
Eduardo Carmo : « Représenter le Portugal est un honneur, mais je veux continuer à progresser »
Nicolas Fauré (HEAD) : « Le padel est télégénique, mais il doit encore construire ses héros »
Garden Rennes franchit les 1 000 compétiteurs : la remontada qui bouscule la hiérarchie du padel français
Pretoria P1 : le tableau principal en ligne de mire pour Leygue, Boronad et Fonteny
FIP Silver Porto : Godallier et Valenzuela s’offrent un troisième titre en deux mois
Guichard poursuit sa belle semaine et rejoint la finale du FIP Silver Porto
Pretoria P1 : carton plein pour les Français, Leygue, Boronad et Fonteny rejoignent le tableau principal
Pretoria P1 : Premier Padel fait ses débuts en Afrique du Sud, Fernández et Calvo lancent leur association, Coello et Tapia visent un sixième titre consécutif
Deux clubs franchissent le cap des 1 000 compétiteurs : Padel Horizon et le Garden Rennes
Ouvrir un club de padel : pourquoi le risque incendie doit désormais entrer dans le business plan
Business – City Padel s’associe à Pierre & Vacances, Work and Padel et Padel Génération pour ouvrir trois nouveaux centres
Groupement Padel Reference – Une nouvelle vision pour accompagner les clubs de padel
La bandeja a-t-elle disparu du padel moderne ?
L’été change le padel… et si le vrai défi n’était pas de frapper plus fort ?
Benidorm, la nouvelle destination espagnole qui séduit les passionnés de padel
French Touch Academy : une saison 2026 placée sous le signe du padel au Cap d’Agde
Coup droit à plat au padel : les 5 exercices de Cristian Álvarez pour gagner en contrôle et en efficacité
Pourquoi savoir jouer à droite et à gauche peut faire la différence
Comprendre les effets pour mieux jouer au padel
Au padel, les champions ne gagnent pas tous les points, ils remportent les plus importants
Chingotto et Galán ont aussi gagné le match des bancs face à Libaak et Chozas
Pourquoi la progression au padel passe d’abord par la compréhension du jeu
La balle interdite : quand une règle a divisé le monde du padel
Réforme du FIP Tour : ce qui va vraiment changer à partir de 2027
Réforme 2027 de la FIP et de Premier Padel : beaucoup de communication… pour des changements finalement limités
Premier Padel et la FIP préparent une réforme majeure pour 2027 : ce qui va changer pour les joueurs
FIP Promises Paris by WME Sports : prévention, récupération, blessures… les médecins (Mani et Clédassou) alertent sur les enjeux du padel chez les jeunes
Italy Major : Javi Leal toujours à la recherche d’un déclic en 2026
Le padel professionnel devient-il un sport de plus en plus physique ?
Galán et Chingotto sont-ils en train de prendre définitivement l’ascendant sur Tapia et Coello ?
Les préférences motrices : une approche encore méconnue dans le padel