Le numéro 1 français Thomas Leygue a vu sa saison 2025 brutalement interrompue après une rupture du tendon d’Achille lors du Premier Padel Rome Major. Une blessure survenue alors que le Français vivait sa meilleure saison. Opéré et désormais en rééducation, il se confie à cœur ouvert sur l’action, la douleur, la dynamique positive avec Jesus Moya, les conséquences sur son classement, ses objectifs pour 2026, et son évolution personnelle ces derniers mois.
Un claquement, un choc, l’arrêt brutal
Tout bascule à Rome, lors d’un gros match livré avec Jesus Moya face aux frères Deus : « On gagne le premier set, et dès le début du second, sur un appui, ça lâche. J’entends un bruit sourd, comme un ballon qui éclate ou un coup dans une vitre. Sur le moment, je crois que j’ai tapé mon talon contre la vitre… mais non. La douleur monte progressivement. Je ne comprends pas ce qui se passe. »
Le kiné intervient rapidement : « Je ne pouvais plus poser le pied. À ce moment-là, je commence à réaliser. Surtout quand je vois la tête des autres joueurs, de Jesus, des kinés… Eux ont compris avant moi. »
Opération, rééducation, espoirs
L’intervention chirurgicale a lieu dans les jours suivants : « Le tendon s’est complètement détaché du mollet. Le chirurgien a dû le rattacher avec des fils. J’ai même reçu la vidéo de l’opération. C’est impressionnant. »
La suite est millimétrée : « Deux semaines de plâtre, un mois et demi avec une botte, puis 4 à 5 mois de rééducation. L’objectif, c’est une reprise complète de l’entraînement en janvier 2026, et un retour à la compétition autour de février ou mars. »
Des signaux avant-coureurs ?
Cette blessure n’arrive pas dans un vide. Lors de la tournée sud-américaine, Thomas souffre déjà des lombaires : « En Argentine, je me blesse au dos, Jesus au genou. On joue sous anti-inflammatoires. Et ce genre de compensation, ça finit par lâcher quelque part. Je pense que c’est un enchaînement qui a fragilisé mon tendon d’Achille. »
Une association prometteuse avec Jesus Moya
Avant l’accident, Thomas Leygue et Jesus Moya venaient de lancer une série de tournois ensemble. Une véritable dynamique était enclenchée : « On avait prévu huit tournois : Bandol, Rome, Valladolid, Bordeaux, Malaga, Barcelone… On commençait à performer. »
Sur le plan humain, l’entente était forte : « Je laisse beaucoup de liberté à mon partenaire. Je lui ai dit : ‘Tant que tu viens te battre sur le terrain, je ne te mets pas la pression’. Lui avait besoin de retrouver confiance. Je lui rappelais tout le temps : tu as été 25e mondial, tu n’as rien perdu de ton talent. »
Un style atypique qui demande de la confiance
Thomas l’admet : son profil de joueur de droite, agressif, peu conventionnel, demande de l’adaptation : « J’ai besoin d’espace, je prends beaucoup de place au filet. Mais quand on me comprend, comme Bastien (Blanqué) ou Jesus, ça fonctionne très bien. »
Il sait aussi encourager son partenaire sur ses points forts : « Je veux que mon partenaire ose. Si Jesus veut smasher toutes les balles, même à 40A dans les tribunes, je l’applaudis. C’est son jeu. Le padel, c’est de la confiance. »
Un match référence à Buenos Aires
Parmi les meilleurs moments de leur courte association, un match ressort : le deuxième tour à Buenos Aires contre Leal / Guerrero. « C’était peut-être notre meilleur match ensemble. On sortait des qualifs, on arrivait en confiance. Et ce jour-là, on a sorti un gros match. »
Il se remémore aussi ce point spectaculaire qu’il a publié sur ses réseaux : un saut en revers, un effet boomerang… « À la base, je voulais la mettre dans la porte. Elle revient dans notre camp, c’est fou. »
Le classement : au-delà du top 100, une vraie régularité
2025 aura marqué un tournant dans la carrière de Thomas : « Je suis entré dans le top 100, mais surtout, j’y suis resté. J’étais classé 86e au meilleur. Le plus important pour moi, c’est la régularité. »
Une vraie différence avec les saisons précédentes : « Avant, j’alternais entre des victoires sur des joueurs mieux classés et des défaites frustrantes. En 2025, je n’ai perdu aucun match contre des joueurs moins bien classés que moi. »
Il analyse avec lucidité : « Entre la 90e et la 105e place, ça se joue à 50 points. Ce que j’ai réussi, c’est à ne pas craquer sur les matchs que je devais gagner. »
Une progression aussi mentale et structurée
Cette constance est le fruit d’un travail global : « Je suis très entouré : coach mental, kinés, préparateur physique… Je m’applique à faire les choses que personne n’aime faire : bien manger, bien récupérer, m’entraîner même quand je n’ai pas envie. »
Et cela paie. Il estime avoir atteint un niveau proche du top 50 mondial : « Je me sentais au niveau des paires 40-50. J’ai battu plusieurs joueurs dans ce range. Je ne me sentais pas inférieur aux frères Deus, par exemple. »
Un projet sans attache… jusqu’à Moya
En 2025, Thomas a volontairement enchaîné les associations : « Je ne voulais pas me bloquer. J’ai joué avec Montiel, Collado, Geens, Windahl, et enfin Moya. »
Mais c’est avec ce dernier qu’il avait un vrai projet : « On avait fermé huit tournois. Et lui avait un meilleur classement que moi, on progressait à chaque tournoi. On avait un calendrier structuré. Malheureusement, ma blessure a interrompu tout ça. »
Conséquences pour les championnats de France
Champion de France en titre, Thomas ne pourra défendre sa couronne en 2025. « Bastien (Blanqué) était sur place à Rome, il a vu la blessure. Je ne sais pas s’il pourra jouer avec quelqu’un d’autre. J’espère qu’il aura cette opportunité. »
Quant à lui, il se projette : « Je reviendrai défendre mon titre en 2026. En attendant, je resterai invaincu. »
Un ranking protégé… mais imparfait
Thomas a demandé un ranking protégé, mais le système reste limité : « Il faut être blessé au moins 4 mois. Et la moyenne des points perdus pendant cette période détermine un nouveau ranking. En général, il est inférieur à celui que j’avais. »
Ce classement protégé permet de s’inscrire à certains tournois, mais de manière ponctuelle : « Si je n’ai pas besoin de points pour rentrer, je ne l’utilise pas. Mais sur un Major, si ça me permet d’éviter les qualifications, je le demanderai. »
Et maintenant ? Objectif 2026
La saison est terminée pour Thomas. « Ce qu’on peut me souhaiter, c’est que 2026 commence comme 2025. Que je revienne en forme, avec mon niveau, ma confiance. Et pourquoi pas, encore meilleur. »
D’ici là, il s’attèle à une rééducation sérieuse : « Il ne faut pas aller trop vite. Ce sont dans ces moments-là qu’on risque une rechute. Je veux revenir fort… et ne plus repartir. »

























































































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