Fede Chingotto, numéro 2 mondial aux côtés d’Alejandro Galán, a évoqué une possibilité radicale : supprimer les têtes de série et instaurer un tirage totalement aléatoire dans les tournois.

Une idée simple en apparence, mais qui touche à l’un des fondements de l’organisation du sport moderne.

Il a suffi d’une prise de parole dans une vidéo de nos confrères de VeinteDiez Padel, relayée par Marca, pour ouvrir une réflexion de fond sur l’avenir du circuit.

Un tirage intégral pour bouleverser la hiérarchie

Dans sa réflexion, l’Argentin imagine un système sans aucune protection liée au classement. Toutes les paires seraient placées dans un tirage unique, avec la possibilité de voir les meilleures équipes s’affronter dès le premier tour.

Aujourd’hui, le fonctionnement du Premier Padel repose sur un modèle classique : les têtes de série sont réparties dans le tableau pour éviter les confrontations précoces et garantir, en théorie, des affiches majeures en fin de tournoi.

En supprimant ce principe, Chingotto propose de replacer le hasard au cœur de la compétition, avec une conséquence directe : une incertitude totale dès les premiers matchs.

Un modèle rare dans le sport de haut niveau

Si l’idée peut séduire par son côté spectaculaire, elle reste très peu répandue dans les grandes disciplines internationales.

Dans la majorité des sports à tableau éliminatoire — comme le tennis, le badminton ou le tennis de table — les têtes de série sont incontournables. Elles permettent de récompenser la régularité et de structurer la compétition en fonction du classement.

Cependant, certains sports offrent des exemples intéressants qui se rapprochent, partiellement, de la vision de Chingotto.

Des exemples où le hasard joue un rôle plus important

Le cas le plus parlant se trouve dans le football, notamment dans des compétitions comme la Coupe de France.

Le tirage y est largement ouvert, avec la possibilité de voir un club amateur affronter une équipe professionnelle dès les premiers tours. Ce format favorise les surprises, les parcours inattendus et une forte émotion sportive, même si certaines règles viennent parfois encadrer les premières phases.

Dans les sports de combat, comme la boxe ou le MMA, il n’existe pas de tableau classique avec têtes de série. Les affrontements sont organisés différemment, souvent selon des logiques de niveau ou d’opportunité, ce qui introduit une forme d’imprévisibilité, même sans tirage pur.

Enfin, certains tournois d’esport ou formats exhibition peuvent proposer des tirages aléatoires, notamment en phase initiale, avant de revenir à des systèmes plus structurés dès que l’enjeu compétitif augmente.

Vers un modèle hybride dans le padel ?

Entre tirage totalement libre et système actuel, une voie intermédiaire pourrait exister.

Certains sports ont déjà expérimenté des formats hybrides, avec un nombre réduit de têtes de série ou des tirages partiellement aléatoires. L’objectif : conserver une logique sportive tout en introduisant davantage de spectacle et de renouvellement.

Appliqué au padel, cela pourrait se traduire par :

  • une réduction du nombre de paires protégées
  • ou une part de tirage aléatoire dès les premiers tours

De quoi générer des affiches inattendues sans totalement bouleverser la hiérarchie mondiale.

La proposition de Chingotto pose finalement une question centrale : quelle place accorder au mérite dans une compétition face à la recherche de spectacle ?

Un tirage intégral renforcerait l’intensité dès le début des tournois, mais pourrait aussi fragiliser la logique du classement et la lisibilité du circuit.

Pour l’instant, cette idée reste une réflexion exprimée dans un cadre informel. Mais elle met en lumière une réalité : le padel professionnel est encore en construction, et ses formats ne sont pas figés.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.