La victoire de Franco Stupaczuk et Mike Yanguas au FIP Platinum d’Albanie n’a pas seulement fait parler pour le résultat sportif. La présence de plusieurs paires du top mondial sur un tournoi FIP a relancé le débat sur la répartition des points et l’équilibre du circuit.

Interrogé par SPORT, Carlos Pozzoni, entraîneur de Stupaczuk et Yanguas, a défendu sans détour le choix de son équipe tout en reconnaissant les limites du système actuel.

« Notre concurrence, ce n’est pas Tapia et Coello »

Face aux critiques visant la présence de la paire n°3 mondiale sur un tournoi FIP, l’Argentin assume totalement.

Pour lui, la question n’est pas de savoir si le tournoi est de catégorie inférieure, mais qui s’y inscrit.

« Si une paire comme Coki Nieto et Jon Sanz ou Martín Di Nenno et Paquito Navarro s’inscrit, je dois y aller », explique-t-il.

Pozzoni rappelle que la bataille au classement se joue désormais avec les paires qui entourent Yanguas et Stupaczuk. Conserver la troisième place mondiale est devenu un objectif majeur dans un circuit toujours plus dense.

Selon lui, les 600 points attribués au vainqueur d’un FIP Platinum représentent un enjeu trop important pour être ignoré.

Un système de points qui interroge

S’il défend la participation de ses joueurs, Pozzoni reconnaît que le système actuel mérite d’être revu.

Il pointe notamment la possibilité pour certains joueurs d’enchaîner un tournoi Premier Padel puis un tournoi FIP Gold ou Platinum dans la foulée afin d’accumuler davantage de points.

Pour l’entraîneur argentin, le problème ne vient pas des joueurs mais d’une réglementation qui peut parfois favoriser certaines stratégies de calendrier au détriment de la logique sportive.

« Il faut trouver une solution qui soit bonne pour tout le monde », résume-t-il, tout en admettant la difficulté de satisfaire à la fois les joueurs du top mondial, ceux du milieu de classement et ceux qui cherchent à intégrer l’élite.

L’affaire Jofre : « C’est légal »

Pozzoni a également été interrogé sur la polémique qui a marqué le tournoi albanais.

Le joueur espagnol Iñigo Jofre s’était inscrit avec le Hongkongais Lok Hei Jamie Yau, un joueur très peu classé dont le niveau avait suscité de nombreuses réactions.

L’Argentin ne cherche pas à défendre l’image renvoyée par cette situation, mais rappelle qu’elle respecte aujourd’hui les règles en vigueur.

Selon lui, ce type de pratique existe depuis longtemps dans le padel professionnel et reste extrêmement compliqué à encadrer.

« L’image est mauvaise, oui. Mais c’est légal »

Pour Pozzoni, modifier les règles paraît plus simple sur le papier que dans la réalité. Chaque changement risque selon lui de créer de nouveaux problèmes, notamment pour des joueurs émergents ou des associations atypiques.

Galán et Chingotto méritent plus de crédit

L’entraîneur de Stupaczuk a aussi évoqué la lutte au sommet du classement mondial.

Ces dernières semaines, certains observateurs ont expliqué les difficultés de Tapia et Coello par une baisse de niveau. Une analyse que Pozzoni ne partage pas.

Pour lui, les récents résultats sont avant tout le fruit de la progression de Galán et Chingotto.

Il va même plus loin en qualifiant actuellement Alejandro Galán de « meilleur joueur du circuit ».

Selon lui, la paire espagnole-argentine a franchi un cap ces derniers mois tandis que Tapia et Coello restent à un niveau extrêmement élevé.

Un objectif clair pour Yanguas et Stupaczuk

Concernant la suite de la saison, Pozzoni reste prudent.

L’objectif principal demeure le maintien dans le top 4 mondial, une place qu’il juge déjà très difficile à conserver au vu de la densité actuelle du circuit.

Mais l’ambition est également de remporter un premier titre majeur ensemble.

« Nous avons notre propre bataille », explique-t-il, conscient de l’écart qui existe encore avec les deux premières paires mondiales mais convaincu que son duo continue de progresser.

Un discours fidèle au personnage : direct, pragmatique et sans langue de bois sur les sujets qui agitent actuellement le padel professionnel.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !