Pour la première édition du FIP Bronze de Marnes-la-Coquette, Léa Godallier a parfaitement tenu son rang. Associée à l’Espagnole Lucia Peralta, la Française a remporté le tournoi sans concéder le moindre set, avec une victoire en finale face aux Argentines Daiara Valenzuela / Maria Ferreyra, 7/6 6/3.
Un premier titre cette saison qui arrive au bon moment, après une période marquée par une blessure à la cheville, une séparation avec Giorgia Marchetti et la recherche d’un nouveau projet sur le circuit international. À Marnes, Godallier n’a pas seulement gagné un tournoi. Elle a aussi refermé une séquence importante de sa carrière pour en ouvrir une nouvelle avec Ariadna Canellas, tout en se projetant déjà vers l’équipe de France et les Championnats de France.
Un premier titre cette saison, à la maison
Pour Léa Godallier, ce succès à Marnes a forcément une saveur particulière. D’abord parce qu’il s’agit de la première édition du tournoi. Ensuite parce que l’événement se disputait en région parisienne, dans un environnement presque familial.
Aux côtés de Lucia Peralta, elle a traversé la semaine avec beaucoup de maîtrise et une vraie solidité tout au long du tournoi.
« Avec ma super partenaire Lucia, qui en plus d’être une superbe joueuse est une fille géniale humainement, je suis très contente d’avoir partagé la piste avec elle et d’avoir remporté ce tournoi. »
Ce titre vient récompenser la deuxième joueuse française, qui avait déjà disputé plusieurs finales cette saison, notamment en FIP Silver à Kuala Lumpur et Dubaï, sans parvenir à conclure.
Cette fois, le scénario a tourné dans le bon sens.
« Quoi de mieux que de remporter un tournoi à la maison ? »
Un début de saison très solide avec Marchetti
Avant sa blessure à la cheville, qui l’a tenue éloignée des pistes pendant près d’un mois, Léa Godallier avait pourtant très bien lancé son année avec Giorgia Marchetti. Les deux joueuses avaient réussi à franchir régulièrement les qualifications sur le circuit Premier Padel, avec plusieurs qualifications en tableau final et des matchs disputés face aux meilleures paires du monde.
Godallier évoque notamment plusieurs huitièmes de finale, dont des rencontres face à Guinart / Virseda, mais aussi contre Jensen / Icardo à Riyadh.
Au-delà des résultats, c’est surtout le contenu qui l’a marquée.
« On était très contentes en début d’année. Le fait de passer les qualifications assez facilement au vu des scores, avec un contenu vraiment très bon sur chaque match, nous donnait énormément de confiance. »
Et c’est justement ce qui rend la suite un peu plus frustrante. Car malgré ces bonnes performances, certaines défaites ont laissé des regrets.
À Cancún notamment, la paire passe tout près d’un gros coup face à Guinart / Virseda, avec des occasions de break dans un match perdu au troisième set.
« On a eu des occasions un peu manquées qui, au final, font mal. On est deux personnes très perfectionnistes. Giorgia peut-être encore plus que moi. »
Léa le reconnaît volontiers : son rôle de maman lui permet parfois de relativiser davantage certaines défaites. Mais pour Marchetti, ces occasions manquées ont pesé.
La vraie raison de la séparation avec Giorgia Marchetti
La séparation entre Léa Godallier et Giorgia Marchetti n’est donc pas liée à un manque de résultats immédiat. Elle tient surtout à une réalité plus profonde : l’impossibilité de s’entraîner suffisamment ensemble.
Godallier le dit très clairement. Avec un enfant, elle ne peut pas ajouter des semaines d’entraînement à Madrid à un calendrier déjà extrêmement chargé.
« J’ai un enfant et je ne peux pas me permettre, en plus de partir toutes les semaines en tournoi, de prendre une semaine supplémentaire pour aller m’entraîner avec elle à Madrid. C’est la vraie raison de notre séparation. »
Les deux joueuses avaient pourtant montré de très belles choses, presque sans préparation commune.
« On est arrivées en début d’année sans s’être entraînées une seule fois. On s’était vues en novembre 2025, puis retrouvées en février. »
Mais pour Marchetti, le projet ne pouvait pas franchir un cap sans davantage de travail commun. Et Godallier comprend cette position.
« Elle pense qu’on avait atteint un peu nos limites si on ne faisait pas l’effort de s’entraîner plus ensemble. Et je pense qu’elle a raison d’un côté. Peut-être que ces matchs-là, on les aurait gagnés si on s’était entraînées ensemble. On ne saura jamais. »
Le contenu était bon. Même très bon par rapport à l’année précédente. Mais au plus haut niveau, ce sont parfois ces petits détails qui changent la trajectoire d’une paire.
Lucia Peralta, le one-shot qui finit en titre
Après la séparation avec Marchetti, tout s’est enchaîné très vite. Les inscriptions pour le FIP Bronze de Marnes fermaient deux jours plus tard. Léa Godallier devait donc trouver rapidement une partenaire.
C’est dans ce contexte qu’elle contacte plusieurs joueuses, dont Lucia Peralta et Ariadna Canellas.
Peralta accepte immédiatement pour Marnes. Canellas, elle, n’est pas disponible pour ce tournoi, mais deviendra finalement la nouvelle partenaire de Godallier à partir de la semaine suivante.
La situation aurait pu être délicate, car Lucia Peralta et Ariadna Canellas jouaient ensemble. Léa le sait, et elle ne cherche pas à enjoliver les choses.
« Je lui ai dit : Lucia, je voulais t’écrire, mais je voulais d’abord que vous ayez une discussion avec Ari. Je veux que tu saches que si tu ne veux pas jouer le FIP de Marnes, je le comprendrai totalement, parce qu’au final je te pique ta partenaire. »
La réponse de Peralta va beaucoup toucher la Française.
« Elle m’a dit : la seule chose que tu peux faire pour me faire plaisir, c’est qu’on gagne le FIP. »
Message reçu. Les deux joueuses iront au bout.
Un succès encore plus fort humainement
Ce titre avec Lucia Peralta prend donc une dimension particulière pour Léa Godallier. Pas seulement parce qu’il s’agit de sa première victoire de l’année, mais parce qu’il arrive dans un contexte humainement délicat.
Léa insiste beaucoup sur la qualité humaine de sa partenaire espagnole. Dans un circuit où les associations bougent vite, parfois brutalement, elle a apprécié la manière dont Peralta a accueilli la situation.
« Il y a tellement peu de filles qui l’auraient pris comme ça. »
Godallier raconte même que Lucia lui écrivait régulièrement pour lui dire de ne pas se prendre la tête, que le padel fonctionnait ainsi depuis des années et que certaines situations se réglaient parfois bien moins proprement.
« Je suis encore plus contente d’avoir gagné avec Lucia parce qu’elle le mérite tellement. On le mérite tellement. »
Cette victoire ressemble donc à une forme de parenthèse réussie. Un tournoi joué en one-shot, dans un contexte particulier, mais conclu de la meilleure manière possible.

Ariadna Canellas, un retour aux sources
La suite, elle, s’écrira avec Ariadna Canellas. Une partenaire qui n’a rien d’un choix par défaut pour Léa Godallier.
Au contraire.
Canellas a été sa première partenaire étrangère sur le circuit international, il y a maintenant cinq ans. Une relation ancienne, presque sentimentale dans son parcours de joueuse.
« Ça me tenait vraiment à cœur de rejouer avec elle et de ne pas repartir sur un projet totalement nouveau. »
À ce moment de sa carrière, Godallier ne cherche pas seulement une joueuse disponible ou bien classée. Elle veut aussi une personne avec qui elle se sent bien en dehors de la piste.
Son statut de maman change forcément sa manière de construire ses projets.
« Étant maman, je n’ai pas envie de partir en voyage avec une personne avec qui ça ne colle pas. Je ne peux pas me permettre d’être loin de mon fils pour ne pas profiter, en dehors comme sur le terrain. »
Avec Ariadna Canellas, elle sait déjà que l’entente humaine existe. Et dans une période de transition, cela compte presque autant que le projet sportif.
Un nouveau projet lancé aux Pays-Bas
La nouvelle association entre Léa Godallier et Ariadna Canellas a débuté quelques jours seulement après le sacre de Marnes, à l’occasion du FIP Bronze des Pays-Bas. Un premier rendez-vous qui n’a malheureusement pas tourné en faveur de la Française et de l’Espagnole, éliminées dès leur entrée en lice par les Belges Boeykens / Pysson, futures lauréates du tournoi.
Malgré ce résultat frustrant, Léa ne remet pas en cause son choix. Après plusieurs semaines marquées par le changement et les incertitudes, cette nouvelle association lui apporte une forme de continuité.
Elle retrouve une partenaire qu’elle connaît depuis plusieurs années, avec qui les affinités existent déjà, aussi bien sur le terrain qu’en dehors.
« Humainement, il n’y a pas mieux. Il y en a très peu comme elle sur le circuit. »
Au-delà de ce premier résultat, l’objectif s’inscrit dans la durée. Après son titre remporté à Marnes aux côtés de Lucia Peralta, Godallier entame ce nouveau chapitre avec davantage de sérénité, des sensations retrouvées physiquement et l’envie de construire quelque chose de solide avec Ariadna Canellas sur les prochaines échéances internationales.
Un circuit féminin toujours plus relevé
Au-delà de son cas personnel, Léa Godallier observe également une évolution très nette du niveau général sur le circuit féminin. Depuis son retour après sa grossesse, la Française a vu la concurrence s’intensifier à tous les étages du classement.
Retrouver le top 50 mondial n’est donc plus aussi simple qu’il y a quelques années.
« Honnêtement, le niveau moyen des joueuses a énormément évolué. Mais c’est une très bonne chose pour la discipline. »
Cette progression se ressent particulièrement dans les qualifications des tournois Premier Padel.
« Aujourd’hui, c’est la guerre. Il n’y a plus de match facile. Avant, on pouvait parfois tomber sur des wild-cards ou des joueuses moins expérimentées. Maintenant, dès le premier tour, c’est une vraie bataille. »
À cette difficulté sportive s’ajoute également un système de points qui ne favorise pas toujours les joueuses présentes sur le circuit Premier Padel. Léa rejoint d’ailleurs les récentes critiques formulées par l’Espagnole Sofía Saiz concernant l’écart entre les points distribués sur le circuit FIP et ceux obtenus après plusieurs victoires en qualifications Premier Padel.
« Tout ce qu’elle a écrit est vrai. »
Un constat partagé par une grande partie des joueuses du circuit.
Une équipe de France en pleine transition
L’autre grand sujet de l’actualité concerne évidemment l’équipe de France féminine. Avec le départ à la retraite internationale de Jessica Ginier, une page importante se tourne pour la sélection tricolore.
Pour Léa Godallier, la question est d’ailleurs mal posée lorsqu’on évoque une éventuelle remplaçante.
Jessica Ginier ne sera tout simplement pas remplacée.
Parce que son importance dépassait largement son niveau de jeu.
Selon Léa, Jess occupait une place unique dans le groupe France, autant sur le terrain qu’en dehors.
Elle était l’une des leaders naturelles de cette équipe, capable de fédérer le collectif, de transmettre de l’énergie et de porter le groupe dans les moments importants.
La joueuse qui intégrera désormais la sélection ne devra donc pas chercher à prendre sa place, mais plutôt à construire son propre rôle.
Pour la Française, plusieurs joueuses semblent aujourd’hui quasiment assurées de faire partie des prochaines listes de Juan Alday, nouveau sélectionneur des Bleues.
On retrouve notamment Alix Collombon, Carla Touly, Louise Bahurel, Mélissa Martin, Lucile Pothier, Charlotte Soubrié et bien sûr Léa Godallier.
Derrière ce noyau dur, la concurrence s’annonce particulièrement intense.
Camille Sireix, Steffi Merah, Fiona Ligi et Marie-Amélie Dardaine apparaissent comme des candidates sérieuses. Sans oublier les excellents résultats récents de Manon Marcarie, Cassandra Senjean ou encore Clara Mansart.
Une chose est certaine : le futur sélectionneur français aura des choix difficiles à effectuer dans les prochains mois.
Avec Carla Touly, un nouveau défi aux Championnats de France
Pour la première fois depuis cinq ans, Léa Godallier disputera également les Championnats de France sans Alix Collombon à ses côtés.
Une page importante se tourne après cinq titres remportés ensemble.
Pour cette nouvelle édition, la Française a choisi de s’associer avec Carla Touly, numéro 3 française.
Un choix logique sportivement, mais également humainement.
« On se connaît très bien. On est très amies en dehors du terrain, comme je pouvais l’être avec Alix. »
Si beaucoup considèrent déjà cette association comme la grande favorite du tournoi, Léa se montre beaucoup plus prudente.
D’abord parce qu’elle estime que la pression sera particulièrement forte.
« Ça va surtout être compliqué pour nous. J’ai cinq titres derrière moi, Carla va avoir envie de gagner son premier championnat de France, donc forcément il y aura beaucoup d’attentes. »
Ensuite parce qu’elle refuse l’idée d’un championnat joué d’avance.
Dans l’esprit de nombreux observateurs, la paire Godallier / Touly possède un avantage important sur le reste du plateau. Un constat que la Française nuance largement.
Elle cite notamment la paire Louise Bahurel / Lucile Pothier comme une menace très sérieuse.
Godallier rappelle que Louise Bahurel a déjà démontré son potentiel sur le circuit international, notamment en poussant dans leurs retranchements des joueuses du top 30 mondial comme Lucia Sainz et Araceli Martinez.
Quant à Lucile Pothier, elle reste selon elle l’une des joueuses de droite les plus complètes du padel français.
Autre élément important : Léa évoluera à gauche aux côtés de Carla Touly, un poste qui n’est pas son côté naturel.
Autant de paramètres qui rendent la compétition beaucoup plus ouverte qu’elle n’y paraît.
« Oui, ça va être dur pour les autres. Mais il y a aussi des paires qui peuvent vraiment nous embêter. »
Avant de conclure avec un sourire :
« Si Louise et Lucile jouent comme elles l’ont fait contre l’Italie aux Championnats d’Europe, moi j’aimerais bien voir ce match. Et les meilleures gagneront. »
Après son titre à Marnes, son changement de partenaire et l’arrivée de nombreux rendez-vous importants avec l’équipe de France et les Championnats de France, Léa Godallier aborde en tout cas la suite de la saison avec de nouveaux repères, mais toujours la même ambition : garder du plaisir sur la piste, rester parmi les références du padel français et continuer à exister au plus haut niveau international.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !























































































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